Les psychomotriciens diplômés sans statut paramédical

Question écrite à M. Jean-Claude MARCOURT, ministre de l’Enseignement Supérieur. Voici quelques années, la Fédération Wallonie-Bruxelles a validé une formation spécifique de trois ans en psychomotricité. En juin et septembre 2015, les premiers bacheliers en psychomotricité ont obtenu leur diplôme de différentes écoles de Wallonie et de Bruxelles. Or, leur avenir ne semble pas florissant pour l’instant dans la mesure où leur profession n’est toujours pas reconnue comme « paramédicale », comme le sont celles de logopèdes, diététiciens, bandagistes, etc.

Cette absence de reconnaissance pose deux entraves majeures à l’exercice de leur profession par ces jeunes diplômés : d’une part, leurs prestations ne peuvent faire l’objet d’un remboursement INAMI, de l’autre, bien que leur discipline soit partie intégrante au programme scolaire de l’enseignement adapté, ils ne peuvent postuler pour ce type d’emplois réservés à des professionnels du paramédical.

Confrontés à ces impasses, ces jeunes adultes sont stupéfaits de cette incohérence réglementaire qui leur est préjudiciable, et n’ont que faire de la complexité de nos rouages politiques aboutissant à cette situation. Monsieur le Ministre, êtes-vous informé de ces difficultés ? Une concertation avec votre collègue en charge de la Santé au Fédéral est-elle envisageable pour y remédier ? D’avance, merci pour vos réponses.

Réponse de M. Jean-Claude MARCOURT. Sous la précédente législature, j’avais demandé à la Ministre Fédérale en charge de la santé de bien vouloir reconnaître la profession de psychomotricien comme étant une profession paramédicale au même titre que le sont notamment les kinésithérapeutes, les ergothérapeutes, les logopèdes.

Le Conseil fédéral des professions paramédicales lui a rendu un avis négatif, argumentant que la psychomotricité devant rester une spécialité des autres professions paramédicales.

Elle n’a donc pas accordé de suite favorable à ma demande.

Je dois insister sur le fait que cette incertitude était connue des Hautes Ecoles porteuses du projet, qui ont quand même souhaité organiser ce bachelier. Je leur avais alors demandé formellement de prévenir les étudiants de ce risque dès leur première inscription.

Aujourd’hui, les premiers diplômés ont été proclamés et sont sur le marché de l’emploi. Ils ne se trouvent pas dans une impasse puisqu’ils peuvent travailler dans des structures médicales, paramédicales ou sociales : centres d’accueil de la petite enfance, consultations ONE, maisons maternelles, crèches et pré-gardiennats, services et centres de santé mentale, maisons médicales, structures d’accueil pour personnes handicapées, maisons de repos et de soins, hôpitaux…

Il reste que la psychomotricité n’est pas une profession réglementée par la santé et qu’ils ne peuvent pas exercer leur profession à titre d’indépendant avec remboursement INAMI de leurs prestations.

J’ai demandé à mon Administration de préparer une note pour interpeller à nouveau la Ministre fédérale en charge de la santé, courrier qui sera à la double signature du Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge des procédures d’agrément et à ma signature en tant que ministre en charge de l’Enseignement supérieur.

 

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