La FWB se félicite des avancées obtenues sur les droits de l’enfant au Sénégal

Dans une précédente actualité, vous aviez pu prendre connaissance des avancées obtenues début novembre sur la protection des mineurs, au Sénégal, suite à la mission parlementaire menée à Saint-Louis. Ce mercredi au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, j’ai eu la chance de pouvoir commenter les concrétisations (code de l’enfant, et mise en place d’un médiateur) dans l’objectif, notamment, de limiter la problématique des enfants faux talibé. Vous retrouverez ci-dessous le texte de mon intervention.

« Je suis fière d’avoir participé à ce Comité mixte avec une Délégation composée de députés curieux, impliqués et motivés. Nous avons travaillé unis, dans un climat constructif et positif. Je tiens à féliciter et à remercier la Direction générale des Relations Extérieures du Parlement de la Communauté Française, en la personne de sa Directrice Viviane Gérard, et du 1er conseiller de direction Bruno Gevaert, pour l’excellente préparation de la mission, leur attention et leur adaptation en cours de déplacement.

Je voulais dire merci et féliciter notre Président Philippe Courard qui a efficacement mené cette mission. Il a su faire preuve de patience face à certaines insistances, mais surtout d’écoute attentive et d’une diplomatie fine qui a conduit à la signature de cette importante résolution. Enfin, je voulais revenir sur cette résolution, car je puis vous dire que ce n’était pas gagné d’avance ! Puisque le sujet portait sur la protection juridique des mineurs, sujet au combien important au Senegal car il couvre notamment la question sensible et grave des enfants des rues ou enfants faux talibés.

Dans le reportage d’Envoyé Spécial diffusé par France 2 en juin 2015 sur les enfants talibés, les journalistes indiquaient la chape de plomb, le tabou qui couvrent ce sujet au Senegal et au combien il serait délicat à aborder. Nous nous sommes informés et notre Président Philippe Courard est intervenu opportunément auprès du Président de l’Assemblée Nationale Moustapha Niasse. Cette combinaison et notre volonté d’avancer nous a conduits à des échanges très directs et très transparents avec les dignitaires sénégalais, allant jusqu’à la signature conjointe de la résolution que certains d’entre-nous n’osaient espérer au départ.

Un travail de fond depuis plusieurs années

Je signale aussi et surtout le travail de fond mené depuis des années par le Comité mixte et la Direction des Relations extérieures. Ce travail a permis l’audition cruciale de l’expert sénégalais M. Diakhaté qui a posé un diagnostic et un plan d’actions essentiels pour l’avancement de ce dossier.
M. Diakhaté a notamment souligné l’importance de la formation initiale et continue des acteurs concernés tels les magistrats, la police, les agents pénitentiaires, les gendarmes, les assistants sociaux, les éducateurs spécialisés. Il a relevé l’importance de l’interdisciplinarité.

Depuis 2012, de nouveaux partenaires sont entrés dans la réflexion. On citera les avocats, la Cellule d’Appui à la Protection de l’Enfance, l’Association de lutte contre la maltraitance, le CESTI c’est à dire le centre de formation des journalistes, ce qui sous-tend une sensibilisation via les médias, etc… Les cibles visent entre autres les enfants des rues et les enfants victimes ou coupables d’abus sexuels.

Les échanges avec les représentants sénégalais ont permis de repréciser la définition d’enfants talibés qui suivent, selon les traditions, un enseignement coranique, des enfants des rues, mendiants ou faux talibés qui sont abusés au sein de certains daraas par des faux marabouts. Les représentants sénégalais ont commenté l’évolution souhaitée par la plupart des confréries musulmanes mais aussi la résistance de certaines.

Nous avons entendu la volonté d’implémenter des programmes scolaires complets en plus de l’enseignement du Coran au sein des daraas qui font l’objet d’un projet de modernisation, avec précisions des conditions d’ouverture de ces écoles, de formation et de rémunération des marabouts. La représentante du Gouvernement sénégalais a bien confirmé la volonté du Président d’avancer dans ce secteur et de développer notamment des opérations de sensibilisation des parents.

En cours de séance là-bas, nous sommes ainsi partis des déclarations qui parlaient de l’adoption « éventuelle » d’un Code de l’Enfant et de « pourquoi pas » la nomination d’un défenseur des enfants, pour finalement aboutir à un texte qui confirme la volonté d’adopter ce Code et l’institution d’un médiateur équivalent à notre Délégué aux Droits de l’Enfant.

Nous pouvons donc être fiers, apprécier et soutenir le travail de ce Comité Mixte Parlement Fédération Wallonie-Bruxelles – Assemblée nationale du Senegal qui nous a permis de développer une vraie relation de confiance avec nos interlocuteurs sénégalais, qui sera suivie et enrichie dans l’année à venir. »

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