L’hôpital Panzi du Dr Mukwege (RDC) menacé par la rage taxatoire : ne détournons pas les yeux

La Sénatrice et Députée wallonne Véronique WAROUX s’inquiète des menaces financières pesant sur l’action du Docteur Mukwege en faveur des femmes victimes de viol en RDC. Elle appelle la Fédération Wallonie-Bruxelles, impliquée dans ce projet, à réagir auprès des autorités congolaises, et soutient l’envoi d’une délégation parlementaire sur place.

 L’action du gynécologue Denis Mukwege, lauréat du Prix Sakharov 2014 est unanimement saluée. Fondateur d’un hôpital à Panzi, à l’est de la RDC où sont reconstruites tant physiquement que psychologiquement les femmes victimes de viol en tant qu’arme de guerre, il témoigne inlassablement partout dans le monde afin de récolter des fonds. En octobre 2014, il était notamment présent au Palace à l’invitation du Rotary Club d’Ath, ville d’adoption de son frère, le Pasteur Emmanuel Mukwege. Plusieurs représentants politiques locaux, dont la Sénatrice et Députée Véronique WAROUX, étaient présents et ont marqué leur soutien au combat du médecin congolais.

Or, aujourd’hui, ce combat est menacé par une taxe exorbitante et discriminatoire envers les salaires du personnel de l’hôpital : un recouvrement total de 600 000 dollars est réclamé par le Trésor public congolais. L’hôpital Panzi est le seul hôpital de référence du pays à ne pas avoir été exonéré, ce qui laisse planer des suspicions sur la portée politique de cet impôt, suite aux tensions suscitées par la notoriété croissante du Docteur et les responsabilités congolaises soupçonnées dans l’insécurité des populations civiles.

De ce fait, Véronique WAROUX appelle à brandir cette notoriété telle un bouclier autour des 500 membres du personnel de l’hôpital et des milliers des femmes auxquelles bénéficient leur action. « Nous ne pouvons admettre que les louanges adressées à ces personnes d’exception ne soient pas suivies d’une implication concrète lorsque leur œuvre est mise en péril, souligne la Députée Véronique WAROUX en Commission des Relations Internationales de la Fédération Wallonie-Bruxelles.  La communauté internationale ne peut se contenter d’applaudir à l’unanimité des réalisations courageuses lorsqu’elles fonctionnent, et ensuite simplement détourner le regard lorsque celles-ci risquent de péricliter et qu’elles ont besoin d’une main tendue. C’est maintenant que nos encouragements sont nécessaires et que nous pouvons, nous aussi, contribuer au soutien de cette cause. Si nous laissons détruire tout ce qui a été construit patiemment, par des personnes qui y ont consacré leur vie, à quoi aura servi toute cette énergie dépensée à sensibiliser tout un chacun, ces centaines de déplacements et de témoignages à travers le monde ? En tant que représentants des francophones de Belgique, je suis convaincue que nous avons un rôle capital à jouer. »

La Députée interroge le Ministre-Président Rudy Demotte sur les démarches entreprises par la Fédération, dont plusieurs fonds financent des projets de terrain connexes à l’action du Docteur Mukwege, pour lui permettre de poursuivre son travail admirable. Dans sa réponse, Monsieur Demotte partage la position exprimée par le Ministre fédéral de la Coopération au développement qui a appelé le Gouvernement congolais à renoncer à cette mesure. Il fait part des actions diplomatiques à mener dans un premier temps, en concertation avec le fédéral, et d’une éventuelle réponse juridique par la suite, si cela s’avère opportun.

Les parlementaires craignent que ces mesures aient peu d’impact, et soutiennent l’envoi d’une délégation du Parlement wallon sur place, proposée par le Député Jean-Luc CRUCKE, afin d’exprimer leur solidarité avec le Docteur Mukwege et d’adresser directement leurs questions aux autorités congolaises. Cette proposition est appuyée par le Président de la Commission Relations Internationales.

(photo : www.panzihospital.org)

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