Projet Seine-Escaut et élargissement : une occasion à saisir

Le projet Seine Escaut est plus que jamais sur les rails. Le dépôt de la demande de permis d’urbanisme pour l’aménagement de la traversée de Tournai est imminent, et son octroi est prévu pour l’automne 2015, indique le Ministre Prévot en réponse à une question de la Députée de Wallonie picarde, Véronique Waroux. Celle-ci met en garde tant sur certains aspects techniques et urbanistiques du projet que sur les risques de blocage par la population locale, et appelle à transformer la nécessité économique de l’élargissement de la voie d’eau en opportunité de redéploiement urbanistique concerté pour la ville de Tournai.

 Le permis d’urbanisme visera l’ensemble des travaux, c’est-à-dire le Pont des Trous, le Pont à Pont, le Quais des Salines et les aménagements connexes et compensatoires (port de plaisance, réfection des quais et des espaces publics bordant l’Escaut).  Le Ministre rappelle que pour le franchissement du Pont des Trous, c’est le choix de l’adaptation contemporaine de celui-ci qui a été retenu pour des raisons tant économiques que de praticabilité de navigation et de respect de l’esthétique patrimoniale de l’ouvrage.

Véronique Waroux tient toutefois à rappeler que cette option dite « contemporaine » est loin de faire l’unanimité au sein de la population tournaisienne, plutôt favorable à l’option d’un élargissement de l’arche centrale en pierres, voire au statut quo. Elle met en garde le gouvernement contre les forces contraires très vives à l’œuvre et incite à en prendre la pleine mesure dans la poursuite du projet, afin de garantir son aboutissement. Une information plus détaillée que de vagues esquisses s’avère nécessaire auprès de la population, ne fut-ce que pour amener tous les apaisements techniques. Si elle-même aurait préféré une investigation plus poussée de l’option « contournement court », Véronique Waroux n’est pas opposée au choix du contemporain retenu par la Ville de Tournai dans la mesure où les arches ne relèvent pas d’un caractère patrimonial et historique aussi exceptionnel que celui des tours. Elle émet toutefois de nombreuses réserves quant aux approximations du projet présenté aux Tournaisiens. La durabilité, l’entretien des matériaux et la stabilité globale de l’édifice doivent être garantis tant pour le Pont des Trous que pour le Pont à Pont, dont les frêles colonnes projetées dans l’esquisse inquiètent.

Le Ministre Prévot a également abordé le volet des compensations pour les aménagements connexes à la voie d’eau, en mettant en exergue la nécessité d’un juste équilibre à trouver entre le montant alloué à ceux-ci et celui des travaux hydrauliques. La Députée Véronique Waroux insiste pour sa part sur la nécessité de travailler dans un ordre logique, à savoir définir dans un premier temps l’intégration de la voie d’eau dans son environnement et ensuite les moyens nécessaires à la réalisation de ce plan.

Alors que le projet urbanistique devrait primer, les projections des aménagements des quais dont elle a pu prendre connaissance lui font exprimer des craintes sur l’absence de vision globale. « Je déplore que ce projet ait depuis le début été pensé en termes de chiffres, et non en qualité d’aménagement, explique la Députée. D’autres villes ont su tirer parti des élargissements fluviaux pour mieux « vivre leur ville », gagner en attractivité, en convivialité, en mobilité et au final en bien-être. Je pense notamment aux ponts de Courtrai, aux berges aménagées en parkings souterrains à Dax, à la formidable transformation de Dunkerque qui avait lancé un concours auquel ont pris part des grands bureaux d’étude internationaux pour repenser la ville et a ensuite incité le gagnant à intégrer toutes les « bonnes propositions » des autres ainsi que les adaptations exprimées par la population. Certes, on me répondra qu’il est un peu tard pour réfléchir à tout cela pour Tournai, mais depuis combien de temps parlons-nous de ce projet ? Combien d’années ont été perdues, faute de réflexion ambitieuse de la part de la Ville ? Aujourd’hui, je plaide pour une avancée dans ce projet afin de nous inscrire dans l’indispensable déploiement d’une autre mobilité, et sans quoi il risque d’être enterré par des consciences locales. Mais cette avancée doit être réfléchie afin d’en tirer un maximum de bénéfices pour les Tournaisiens. Ne passons pas à côté d’une telle opportunité pour la Cité des Cinq Clochers. »

 

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