Au retour du 2e Forum de la Francophonie

Question à M. Rudy Demotte, ministre-président, intitulée « Deuxième Forum économique de la Francophonie ». Le 27 octobre dernier s’est tenue à Paris la deuxième édition du Forum économique de la Francophonie. Lorsque nous avons reçu la secrétaire générale de l’OIF, Mme Jean, ma cheffe de groupe a rappelé combien il devait s’agir, pour le cdH, d’une économie fondée sur le capital humain visant à réduire les inégalités sociales plutôt que de faire converger des économies très éloignées vers un marché unique.

Par ailleurs, Guy Gweth, spécialiste de l’intelligence économique, disait récemment : « La Francophonie économique en est encore à son stade conceptuel. Il va falloir faire beaucoup d’efforts car la Francophonie, en tant qu’institution, est une vielle dame extrêmement bureaucratique, politisée et trop sous influence française. Il est important de lui donner les moyens de passer de la phase conceptuelle à la phase opérationnelle ». Au cdH, si nous partageons l’enthousiasme à l’égard du levier que peut constituer l’usage du français pour tisser des réseaux parmi les chercheurs, les décideurs et les entrepreneurs et pour impulser des rencontres et faire naître de nouveaux partenariats parmi les locuteurs du français du monde entier, nous restons dans l’attente de réalisations concrètes.

Enfin, je ne peux passer sous silence le différend qui vous a opposé au premier ministre quant à sa présence à ce Forum. Je ne tiens nullement à être polémique mais je regrette que nos médias aient davantage relaté cet incident plutôt que le contenu des discussions du Forum.

Comment la représentation aux différents sommets et forums de la Francophonie est-elle organisée ? Un protocole existe-t-il ? Si oui, a-t-il été outrepassé ? Si non, quelles pistes entrevoyezvous pour éviter ce genre d’incident ? Outre cette représentation, comment s’est déroulé ce deuxième forum ? Des propositions concrètes pour l’avenir économique de la Francophonie ont-elles émergé ?

Réponse de M. Rudy Demotte, ministre-président. Tout d’abord, la Fédération soutient toute initiative qui concourt à l’émergence d’une économie solidaire. D’ailleurs, lors du Forum mondial de langue française de Liège cet été, la présence de près de 400 projets portés par des jeunes de tout l’espace francophone a souligné combien la créativité pouvait contribuer au développement, notamment économique. Fonder un tel événement sur la base de la francophonie a pour effet de promouvoir le français comme langue de progrès et de développement.

Dans le même esprit, nous soutenons depuis vingt ans l’Institut de la Francophonie pour l’administration et la gestion à Sofia. Cet établissement de niveau universitaire visait initialement à former à la gestion de la transition des années nonante des cadres de haut niveau des pays d’Europe centrale et orientale. Il a depuis élargi son audience géographique jusqu’à compter vingtcinq nationalités. La moitié des étudiants proviennent du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et d’Haïti. Ces deux exemples montrent notre soutien de longue date à une Francophonie économique.

Quant au Forum organisé à Paris le 27 octobre dernier, il s’agit d’une initiative privée. Après son lancement, elle a bénéficié du patronage du ministère français des Affaires étrangères et de l’OIF, ce qui n’était pas le cas lors du sommet de Dakar en 2014. C’est précisément le flou de cet endossement tardif qui a été relevé par les membres de la Commission économique présidée par la Fédération Wallonie-Bruxelles lorsqu’ils ont découvert, le 18 septembre, le projet d’une deuxième édition, son programme, les entreprises, institutions et personnalités invitées et les intervenants pressentis.

En d’autres termes, ce deuxième Forum n’a été porté à la connaissance des membres de l’OIF qu’après la finalisation du projet. C’est pourquoi 60 % des opérateurs économiques conviés appartenaient à un seul des 80 membres de l’OIF. Je vous laisse deviner de quel pays il s’agit. Les règles protocolaires d’organisation des manifestations et des instances de l’OIF ont été tout simplement ignorées. Je vous rejoins : créer un incident sur la forme est stupide eu regard de l’importance du fond. Il a ainsi été proposé de créer une banque de développement de la Francophonie, ainsi qu’une association des entreprises francophones. Je reviendrai à mon propos d’ouverture pour dire que je reste convaincu que des complémentarités en termes de compétence, de synergie et de moyens permettent à la Fédération WallonieBruxelles, aux côtés de la Wallonie, d’œuvrer à l’épanouissement de nos populations partenaires du Sud, en ce compris dans le domaine de l’économie.

J’ajouterai qu’il s’agit pour nous d’être présents aux événements mais aussi d’être des organisateurs. Nous prenons notre part de l’événementiel et nous voulons structurer ces actions de sorte qu’elles soient également à un degré de pérennité pour témoigner de l’efficacité de l’OIF dans ces actions concrètes et de notre implication.

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