Billet d’humeur:  Non, il n’y a pas d’immaculés climatiques !  Et alors ?

L’excuse

Ca me saoule ! Récemment encore, une jeune me disait : « Mouais, mais les jeunes qui manifestent sont-ils prêts à changer de comportement ? ».
Pour rappel, nous sommes citoyens et tous consommateurs déambulant dans cette société de consommation. Comment l’éviter ?

Ces jeunes, selon certains, n’ont pas la légitimité de protester car leur « comportement climatique » n’est pas irréprochable. Et alors ? On se tait et on continue vers le mur ? Ils ont le courage de faire le choix de s’opposer à l’avenir qu’on leur a saccagé.

Ce qui est certain, c’est que les élèves et les étudiants réclament des mesures concrètes, sachant que cela impactera effectivement leur quotidien. Puisque, en effet, ils partagent notre quotidien, souvent ronronnant, confortable, riche de loisirs-lointains, mais qui ne sera plus.

Il n’est point besoin d’être vertueux pour contester la catastrophe annoncée. Et revendiquer un autre monde. Car, qui peut se targuer d’être irréprochable?

Oui, je culpabilise, et oui, je rêve d’un autre monde

Pour ma part, je vis dans une maison isolée des voisins, mais sans isolation. Mes armoires sont pleines et il m’arrive de tomber sur les Reines du Shopping. Je suis allée au Cap Vert l’été dernier. Je fais mes courses au supermarché. J’utilise des Kleenex et des bouteilles d’eau en plastique.

J’ai acheté une voiture hybride, pas du tout rentable. Et je prends le train autant que je peux. Je vis à 15 degrés chez moi le plus souvent, avec des pulls. J’achète bio quand il n’est pas emballé. Je mange moins de viande.

Bref, je mixe les « péchés » et les bons petits gestes climatiques, en militant pour des comportements plus vertueux. Moi aussi, j’aimerais me satisfaire d’une vie plus sobre, mais plus riche de relations et d’échanges. Je suis sûre d’une seule chose: ce n’est pas en restant les bras croisés que ça risque de s’arranger…

Qui doit agir : les nombreux petits ou les quelques grands ?

Je culpabilise si je voyage, si j’achète des fringues, si je prends un bain. Mais quelle est la gravité de mes gestes par rapports aux gros pollueurs, aux industries locales et étrangères, à l’agriculture ? Comment est-ce que j’impacte l’économie industrielle par mes petits gestes « insignifiants » ?

Pourquoi la Belgique devrait-elle faire des efforts quand la Chine pollue tant (pour produire les biens que nous consommons…) ? Quand nos industries paient pour avoir le « droit de polluer » ? Quand les politiques privilégient les économies du XXè siècle, sans forcer l’adaptation, la transition ?

La réponse est archi-simple : Il faut TOUS y aller, par exemplarité, par effet d’entrainement, de stimulation, de conscientisation. Par devoir. Pour inventer un autre récit, plus enchanteur. Y aller individuellement et réclamer un changement collectif.

Les ressources finies de notre monde : le bout du rouleau…

Voyez-vous le bout du rouleau de PQ? Celui qu’on a déroulé allègrement, jusqu’à ses dernières feuilles, jusqu’à frôler le tube carton et s’apercevoir qu’il n’y en a pas d’autre à portée de main… ? Comme la fin du tube de dentifrice, quand on n’en a plus en réserve ?

Quand, dans un séjour à l’étranger, on n’a pas de salle de bain, ni de toilette (je vous recommande l’expérience), là, c’est fou ce que l’on peut faire avec deux petits brocs d’eau par jour … Oui, en ce cas, on économise les dernières ressources. Mais, on galère. Au lieu d’avoir été prévoyant et organisé.

Il en est de même avec nos ressources naturelles: on se sert, à volonté, sans compter, puis on s’inquiétera. Est-ce cela que nous souhaitons à nos jeunes? La rupture forcée, abrupte, parce qu’il sera trop tard pour l’adaptation réfléchie?

Basculer le système

Non, on ne trouvera pas d’immaculés climatiques. Cela n’empêche pas d’être agités climatiques, jeunes et moins jeunes. A nous de poser des actes de résistance, de profiter de nos droits d’électeur, de protester ou de boycotter. Nous pouvons nous opposer au système actuel, l’affronter et le faire basculer.

Politiques, universitaires, entrepreneurs, financiers, syndicats, citoyens,… Il est fondamental de s’atteler à la discussion autour de la table, à l’inscription de mesures concrètes engageant TOUTES les parties. La Loi Climat doit être le premier pas de la structuration du changement.

A nous de nous exprimer, de manifester le 15 mars ! Sans être des puritains climatiques, justes des humains conscients et volontaristes.

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