Cadastre des intercommunales wallonnes : des experts indépendants confirment mes craintes sur la stratégie d’IDETA

Si je m’époumone (assez seule, à vrai dire) depuis plusieurs mois en questionnant les ministres wallons et les gestionnaires de l’intercommunale IDETA quant aux choix stratégiques de cette dernière, le ministre des Pouvoirs locaux Pierre-Yves Dermagne m’a apporté hier un soutien implicite bienvenu. A fortiori au surlendemain d’une Assemblée Générale où j’ai de nouveau été stigmatisée pour ma remise en question de certaines options…

En effet, réalisé par l’agence BSB Management Consulting sur commande du ministre de tutelle, avec la collaboration de 4 experts universitaires et de la DGO5, le « Rapport d’analyse du cadastre des intercommunales et organismes supra-locaux en Wallonie » apporte pas mal d’eau à mon moulin.

Ce rapport décortique, sous l’angle de la gouvernance, du management public, des finances publiques, de l’organisation (filiales) 691 entités, dont 77 intercommunales. L’IDETA y apparaît parmi ses consoeurs traitant d’expansion économique.

Le rapport établit une série de « clignotants », comme autant de points d’attention que le Gouvernement devrait avoir quant à l’organisation, le management public, les finances, l’économie des intercommunales (lire en pages 39 à 45 de la partie 2)

  • Sur le critère ‘Management public’, IDETA est pointé du doigt (-3 points) sur les items ‘contrôle démocratique’, ‘subsides’ et ’nombre de filiales’, dans le panel d’intercommunales d’expansion économique en Wallonie.
  • Sur le critère ‘Tendance Holding’, IDETA arrive en queue de peloton (-4 points) des intercommunales de développement économique.
  • Sur le critère ‘Finances publiques’, IDETA est épinglé (-2 points) pour ses ‘rémunérations par ETP dans le secteur’, -3 points pour son ‘taux de résultat d’exploitation par rapport au CA dans le secteur’ (traduisez, pour son efficience économique), -1 point en ‘durée d’amortissement’, – 1 point en ‘niveau de contrôle’.
  • Sur le critère ‘Economie publique’, IDETA voit sa notation diminuer de 2 points pour l’item ‘existence de réseaux’ et 2 points également pour l’item ‘internaliser les externalités – passagers clandestins’.
  • Dès lors, tous critères confondus, avec -21 points, IDETA apparaît comme la 2e intercommunale de développement économique (après IDELUX) dont la gestion affiche le plus de signaux d’alarme, aux yeux (indépendants) des auteurs du rapport.

Enfin, lorsqu’il s’agit d’analyser la structure même de l’intercommunale IDETA, le rapport indique ceci : « Il faut noter que, sans faire de grandes recherches, Shetland Green Electicity et l’Hydroelolien d’Aquitaine, n’exercent pas leurs activités en Wallonie. Jusqu’où une intercommunale agit-elle encore dans l’intérêt communal et sous le contrôle de ses associés ? » (en page 87 et 88 de la partie 2)

Le rapport est consultable via ces liens :

Partie 1 (méthodologie, contexte et analyse globale) http://pouvoirslocaux.wallonie.be/jahia/webdav/site/dgpl/shared/homepageMarilyn/RAPPORT – Cadastre OSL – Partie 1_vMLB.pdf

Partie 2 (résultats en tableaux et clignotants) : http://pouvoirslocaux.wallonie.be/jahia/webdav/site/dgpl/shared/homepageMarilyn/RAPPORT – Cadastre OSL – Partie 2.pdf

Mon communiqué de presse sur l’Assemblée Générale d’IDETA et le rapport de gestion 2016.

Le communiqué envoyé suite à l’analyse des résultats de l’étude commanditée par le ministre Dermagne. 

Crédit photo : www.vivreici.be

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