Les chiffres d’emploi dans les ZAE sont peu fiables

Question à Mme Eliane TILLIEUX, Ministre de l’Emploi et de la Formation, sur « Les chiffres de création d’emplois dans les zones d’activités économiques (ZAE) ». Ma question porte sur la manière dont les chiffres d’emplois dans les ZAE sont à la fois compilés, tenus à jour, et communiqués. Cette question est liée à une actualité qui a touché récemment l’arrondissement de Tournai-Ath-Mouscron. Des mandataires communaux, à l’inauguration ces dernières semaines d’une ZAE portuaire aménagée par l’intercommunale IDETA, s’étonnaient du faible taux d’emploi dans ladite zone : moins de 40 emplois pour 11 hectares, alors que l’intercommunale annonce régulièrement 15 à 20 emplois à l’hectare pour ses projets de zone.

Je m’interroge dès lors sur la manière dont sont collectés les chiffres relatifs aux nombres d’emplois sur les ZAE, que l’on peut notamment trouver sur le site wallon BSpace.

Madame la Ministre peut-elle indiquer comment et à quelle fréquence ces chiffres sont-ils vérifiés ? De quand datent-ils ? S’agit-il d’équivalents temps plein ? S’agit-il de chiffres collectés par l’administration et recoupés avec les données de l’ONSS ? S’agit-il de déclarations fournies par les intercommunales ? Dans cette seconde éventualité, comment les intercommunales collectent-elles ces chiffres ? Font-elles, à leur échelle, un travail de recoupement pour authentifier des déclarations de chefs d’entreprise ? À quelle périodicité ?

Enfin, au vu des méthodes employées actuellement et des fluctuations fortes que peuvent subir ces chiffres au cours d’une même année (notamment vu le travail de saisonniers dans certaines entreprises), Madame la Ministre peut-elle affirmer que le portrait socio-économique des ZAE présentes sur le territoire wallon est actuellement brossé de manière univoque, tangible, vérifiable et régulière ? Dans le cas contraire – et puisque ces données statistiques fondent quasi systématiquement le raisonnement des intercommunales pour justifier leur travail – comment compte-t-elle y remédier ?

Réponse de Mme Eliane TILLIEUX, Ministre de l’Emploi et de la Formation. Le site B-Space et la base de données liée à ce site sont gérés par la Direction de l’Équipement des Parcs d’Activités du Service public de Wallonie (DGO6- SPW) et mis en œuvre par l’Agence Wallonne du numérique et l’Agence Wallonne à l’exportation (AWEx). Les données sont rassemblées en fonction des données transmises par les intercommunales et différents autres opérateurs, dont les ports autonomes.

Ce site a été construit progressivement pour combler un manque de centralisation d’informations sur les terrains en zone d’activités économiques (occupation, terrains disponibles, etc …). Néanmoins, force est de constater que ce travail de centralisation et d’harmonisation se heurte à un certain nombre de difficultés. Ainsi, les mises à jour s’effectuent avec des périodicités variables selon les opérateurs ; les définitions de certaines données de base ne sont pas encore parfaitement harmonisées. C’est notamment le cas de la distinction entre « hectares bruts », « nets » ou « disponibles ». Les chiffres de superficie, et les ratios construits sur leur base (par exemple le ratio du nombre d’emplois à l’hectare) sont en outre difficilement comparables d’un opérateur à l’autre.

L’IWEPS, conscientisé aux difficultés de récolte d’informations harmonisées, en la matière, et aux soucis d’interprétation de ces données, rencontrées par de nombreux acteurs, se penchera sur les solutions à apporter dans le cadre des travaux d’évaluation du Plan Marshall 4.0 et, plus précisément, dans le cadre de l’évaluation des terrains mis à disposition pour le développement économique.

L’IWEPS prévoit en effet de réaliser plusieurs collectes de données harmonisées auprès des opérateurs et de croiser les données reçues avec, d’une part, des bases de données géomatiques et, d’autre part, des répertoires statistiques de données d’entreprises (ONSS, centrale des bilans de la BNB, etc.), auxquels l’IWEPS a accès en tant qu’Institut régional de Statistiques. De cette manière, il devrait bientôt être possible de disposer de données statistiques harmonisées permettant ensuite de produire une évaluation scientifique.

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