Contre Caterpillar & cie, lisons bien les contrats avant signature !

Depuis deux mois, notre pays subit de plein fouet les effets d’une recherche de profits à outrance et sans aucune considération pour les dégâts sociaux, de certaines sociétés déshumanisées. En tant que citoyenne, j’exprime ma sincère compassion aux milliers de femmes et d’hommes employés par Caterpillar, ING, Douwe Egberts, MS Mode, etc qui ont appris leur licenciement imminent, et ma révolte quant aux procédés mis en oeuvre. Entendre le patron d’ING parler d’événements « excitants » à venir pour qualifier ce qui est avant tout un drame social nous rappelle l’écart de valeurs croissant entre les différents acteurs de notre paysage socio-économique.

En tant que femme politique, je m’insurge contre la faiblesse des moyens d’actions à notre portée pour empêcher ou sanctionner cette dérégulation, sans doute résultat partiel d’un aveuglement ou d’une passivité politique antérieure. Cet électro-choc, nous devons nous en saisir pour renverser la vapeur.

Et aujourd’hui, je souhaite me réjouir avec vous de constater qu’un premier changement est à l’oeuvre. Le Parlement de Wallonie et celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles, à une large majorité de Députés (cdH – PS – Ecolo – PTB) ne se sont pas laissés déposséder encore davantage de leurs prérogatives au profit d’un accord commercial entre l’Union européenne et le Canada, appelé CETA. Loin de la position idéologique que les partisans du traité nous prêtent, ce refus est argumenté et fondé. Alertés à temps par la société civile, nous avons pris le temps de « lire les phrases en petits caractères, en bas du contrat« .

Plus que les lire, nos parlements ont auditionné nombre d’experts pour les décortiquer et les analyser. Nous avons pleinement mis en oeuvre l’exercice démocratique et nous en avons conclu que signer un tel document revenait à un nivellement par le bas des normes qui constituent notre vivre ensemble. Un simple exemple : la Wallonie a décidé d’interdire l’utilisation de sacs plastiques, pour préserver notre environnement. Pouvons-nous accepter que, demain, une hypothétique société canadienne ou d’ailleurs, productrice de sacs plastiques, soit en mesure d’intenter un procès à la Wallonie car elle s’estime laissée par cette décision, prise par des élus wallons ?

Ce n’est pas le monde dans lequel je veux vivre, et je suis certaine que vous non plus, à croire les nombreux messages de soutien et de félicitations que mes collègues et moi recevons depuis ce vote. Nous avons pris nos responsabilités, quitte à défier nombre de voisins et partenaires. Nous ne maintenons pas de blocage par principe, mais parce que nous, humanistes, sommes convaincus que le traité en l’état actuel ne permet pas la sauvegarde des intérêts de nos PME, agriculteurs, travailleurs, artisans, et de notre monde associatif. Ce lundi 24 novembre, le cdH s’est à nouveau réuni pour discuter des avancées en cours. Nous exigeons que les engagements formulés par les négociateurs et les avancées obtenues soient garantis dans les textes avec valeur contraignante. Nous réitérons notre demande de levée des points de blocage subsistant: absence de clauses de sauvegarde réciproques qui permettent aux agriculteurs d’être protégés, et le recours à une cour indépendante composée de magistrats professionnels pour régler les litiges, … Il s’agit pour les humanistes de faire triompher des valeurs à l’encontre d’intérêts particuliers par une nouvelle organisation de la mondialisation. Nous tenons bons, malgré les pressions! Ce sont des décisions courageuses de ce type qui permettent de réconcilier monde politique et citoyens, et surtout, qui permettront de bâtir ensemble un avenir plus lumineux que celui que nous concoctent Caterpillar & cie.

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