Création audiovisuelle sur le continent africain

Question de Mme Véronique Waroux à M. Rudy Demotte, ministre-président, intitulée « Création audiovisuelle sur le continent africain »

Mme Véronique Waroux : Sahar Baghery, directrice du pôle « Formats et contenus TV internationaux » chez Eurodata TV Worldwilde a récemment présenté un bilan des tendances télévisées internationales en 2014. Cet organisme mesure l’audience de séries documentaires, des divertissements et des fictions dans plus de cent pays. Les résultats de cette année mettent en lumière le dynamisme de la création audiovisuelle africaine.

Actuellement, seuls l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Maroc sont couverts par ces mesures d’audience. L’objectif avoué est de les ouvrir au Nigeria, à la Côte d’Ivoire et au Kenya. En 2050, plus de 80 pour cent des francophones seront africains. Les médias et les pouvoirs publics devraient mener une réflexion prospective à ce sujet. Avec l’arrivée du numérique et de la télé- vision numérique terrestre (TNT), de nombreuses chaînes seront créées au cours des deux prochaines années. Monsieur le ministre-président, quelle stratégie mettez-vous en œuvre pour promouvoir les coproductions avec l’Afrique en Belgique francophone ? Comment l’agence Wallonie-Bruxelles International promeut-elle nos programmes et nos créations sur le continent africain ? Quelles actions concrètes sont mises en place par nos cinq délégations pour stimuler des partenariats ? Quelles sont les aides apportées en matière d’enseignement et de formation afin que les échanges soient synonymes d’enrichissement mutuel ?

Réponse de M. Rudy Demotte, ministre-président :  Cette question est pertinente, compte tenu de l’accroissement du nombre de locuteurs francophones en Afrique mais aussi d’une classe moyenne potentiellement consommatrice de productions audiovisuelles. Le développement de la chaîne audiovisuelle francophone – commerciale, télévisuelle, privée, les opérateurs de vidéos à la demande, d’accès au numérique – ouvre des perspectives pour la diffusion des productions audiovisuelles et l’essor des capacités de production locales. Il importe donc plus que jamais de favoriser la circulation des créateurs et de leurs productions qui sont source de connaissance et d’enrichissement mutuels. J’ai le plaisir de vous annoncer que nous avons choisi de soutenir le développement de ce secteur de plusieurs manières. Pour la diffusion de la production, nous veillons à assurer la présence de nos créations, de nos cinéastes et de nos acteurs dans les différents festivals africains, comme le Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (Fespaco) ou encore les Journées cinématographiques de Carthage. En matière de production ou de coproduction, de multiples contacts ont été pris dans les festivals de Cannes, de Montréal et de Namur. Nous soutenons également des projets particuliers. Un accord de coproduction cinématographique entre le Centre du cinéma marocain et notre Centre de cinéma et d’audiovisuel a favorisé la réalisation d’une douzaine de fictions et de documentaires de 2000 à 2012. Pour la production et la création audiovisuelles africaines, nous apportons aussi différents soutiens, soit directement en favorisant la venue des cinéastes, acteurs et opérateurs africains au Festival international du film francophone de Namur (Fiff), soit avec nos contributions à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui favorisent leur présence dans les principaux festivals et marchés du film et de la télévision. Par notre contribution à l’OIF, nous participons également au Fond francophone des productions audiovisuelles du Sud. Nous avons déjà contribué à ce jour à quelque mille quatre cents œuvres de cinéma et de télévision. Nous participons aux bourses d’aide à l’écriture pour les auteurs de scé- narios du Sud ainsi qu’à la promotion et la mise en marché des films. Nous soutenons également sur le site « Images francophones » un outil au service des professionnels et un espace de découverte de l’ensemble de la production des œuvres audiovisuelles francophones du Sud pour le grand public. On signalera également la création en 2011 des trophées des cinémas francophones qui promeuvent la culture cinématographique de toute la Francophonie. Sa première édition a eu lieu en 2013 au Sénégal. Il convient bien entendu d’évoquer aussi l’apport essentiel de TV5. Avec ses émissions et son portail, la chaîne constitue un outil essentiel pour la diffusion et l’aide à la production locale. Nous lui apportons un soutien important. Cette chaîne poursuit son déploiement en Afrique, notamment par son intégration dans les bouquets nationaux de TNT dans plusieurs États. Ainsi, un relais hertzien a été inauguré l’an dernier à Goma. C’est le troisième en République démocratique du Congo (RDC), après Kinshasa et Lubumbashi, déjà pourvues grâce à une contribution de la Fé- dération Wallonie-Bruxelles. Des émissions nouvelles plus proches des intérêts des populations locales comme « Intervilles » et « Africanités » ont vu le jour. Par ailleurs, la création d’une chaîne jeunesse est en projet. Pour les outils de formation, nous apportons de nombreux soutiens, grâce à nos accords bilatéraux, aux écoles, aux initiatives de formation en Afrique francophone, à l’Institut supérieur de l’image et du son à Ouagadougou qui a bénéfi- cié d’un soutien important dès avant sa création, à l’École supérieure des arts visuels de Marrakech, à l’Institut supérieur des arts multimédia de Manouba en Tunisie, et bientôt sans doute à l’Institut supérieur des métiers et des arts du spectacle d’Alger. Je pense aussi aux formations organisées en RDC et à l’appui essentiel et apprécié des professeurs de nos écoles de cinéma , l’Insas et l’IAD, qui constitue un élément primordial de notre soutien à la jeune création africaine. Tout cela est de nature à rassurer toute personne qui s’intéresse aux questions de notre investissement et de notre intérêt pour ce secteur en plein essor sur un continent qui nous est particulièrement proche et cher.

Réplique de Mme Véronique Waroux : Je vous remercie pour votre réponse extrêmement complète et rassurante. Je me permettrai d’y revenir plus tard. Vous et moi, nous avons connaissance de la chaîne télévisuelle des 3Tamis qu’il faut soutenir. Cette action concrète permettra au Kivu de développer des programmes d’éducation citoyenne, de lutter contre les conflits dans cette région et ainsi d’améliorer le quotidien des Africains.

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