Le développement de l’éolien en Wallonie

Question à M. Carlo DI ANTONIO, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal, sur le développement de l’éolien en Wallonie. Il semblerait que l’éolien se soit peu développé en Wallonie au cours de l’année 2016. Plus précisément, 42 mégawatts ont pu être installés sur notre territoire contre 135 en Flandre. En outre, la capacité éolienne en Flandre serait de 924 mégawatts contre 750 en Wallonie.

Pour certains, cette situation s’explique par l’existence d’un groupe particulièrement actif qui n’hésite pas à saisir le Conseil d’État de recours contre les permis autorisant l’implantation et l’exploitation d’éoliennes ainsi que contre des arrêtés déterminant des conditions d’exploitations pour les éoliennes.

Monsieur le Ministre me confirme-t-il les chiffres que je mentionne ? Dans l’affirmative, quelle est ou quelles sont les raisons qui justifieraient cette situation ?

Je n’ai pas besoin de lui rappeler les enjeux de l’éolien en matière d’environnement et d’énergie. Il est dès lors important de poursuivre et de soutenir le développement éolien. À cette fin, le Gouvernement wallon envisage-t-il des mesures pour sensibiliser les citoyens wallons aux enjeux de l’éolien et pour éviter le phénomène « Nimby » ?

Réponse de M. Carlo DI ANTONIO, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal.  Selon les chiffres de l’APERe, si seulement 42 MW ont pu être mis en service en 2016, il y a à ce jour 250,50 MW de projets éoliens qui sont :
– soit « définitivement autorisés » (c’est-à-dire libres de tout recours), mais dont les travaux n’ont pas encore commencé,
– soit « en cours de construction ».

En conclure que seuls les recours sont l’unique cause à la mise en service des éoliennes est erroné. Le recours devant le Conseil d’État est un droit démocratique que je respecte et qui peut être le fait d’un seul citoyen justifiant d’un intérêt suffisant à la cause.

Ce que ces chiffres de l’APERe démontrent avant tout, c’est qu’il existe un décalage important entre l’autorisation par permis des machines et leur mise en service qui survient le plus souvent 1 à 2 années après cette autorisation.

Ce décalage résulte également de la nécessité d’obtenir d’autres autorisations administratives ou de l’exploitant lui-même.

La mise en service des éoliennes dépend aussi du programme d’investissement de l’exploitant, de sa négociation d’achat des machines, de sa programmation des chantiers,…

Après un sérieux retard en la matière, la Flandre a fortement progressé dans le domaine de l’éolien. La Wallonie avait, elle aussi, connu une très nette progression dès les années 2005, pour arriver un recul très marqué dans les années 2012-2014. Cette situation s’améliore progressivement.

Depuis ces dernières années, le public est de plus en plus sensibilisé aux enjeux liés au développement durable, dont notamment la production d’électricité par les éoliennes.

Aujourd’hui, la majorité des projets sont soutenus par des coopératives citoyennes locales ou des acteurs publics.

Néanmoins, à court terme, il subsistera toujours une part de phénomène « Nimby » pour ces projets.

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