Développement territorial, un élan qualitatif pour la construction et l’architecture dans nos villes

 En séance plénière du Parlement Wallon, à l’occasion du débat sur les objectifs de la réforme du Code du Développement Territorial (CoDT), la Députée péruwelzienne Véronique WAROUX a plaidé pour un élan nécessaire en matière de construction mais aussi pour l’équilibre à trouver entre la stimulation de projets architecturaux du XXIe siècle d’une part, et la protection des cœurs de villes et de villages anciens de l’autre.

Ingénieure des Mines de formation, conseillère en environnement et aménagement du territoire de profession, ancienne échevine de l’urbanisme de Péruwelz où elle a eu l’occasion d’accompagner et d’encadrer des projets d’envergure, Véronique WAROUX met à profit son expérience professionnelle antérieure à travers son investissement parlementaire actuel. Régulièrement confrontée à des projets urbanistiques de faible qualité, répondant à des modèles éculés favorisant l’étalement urbain, la Députée appelle de ses vœux un soutien à une architecture contemporaine, aux matériaux et techniques innovants, dont l’accueil réservé par les administrations est souvent trop frileux. « Il est urgent, pour notre identité, pour la reconnaissance de nos architectes, pour la stimulation intellectuelle de nos regards et de ceux de nos enfants, de faciliter une architecture créative et innovante qui répond aux besoins technologiques et énergétiques de notre époque, à un besoin du beau aussi et de bâtir le patrimoine de demain. »

En réponse aux besoins démographiques et de logements, Véronique WAROUX estime que le CoDT doit favoriser l’émergence de quartiers  nouveaux, durables et désirables, agréables à vivre, dont la conception doit être transversale et intégrer les différents paramètres qui garantissent une qualité optimalisée et une connexion intéressante avec l’environnement bâti et naturel. Des quartiers où la convivialité, la qualité de l’architecture et des espaces publics, la gestion eau, déchets, biodiversité, mobilité douce, accès aux PMR, et cetera, seront enfin pris en compte, où les auteurs de projets seront constitués d’équipes spécialisées pluridisciplinaires, pour en arriver en finalité à des quartiers où les gamins courront librement dehors et où les gens se parleront. Comme vu et apprécié à l’étranger.

Véronique Waroux rappelle son expérience personnelle en la matière lorsqu’en 2011, avec l’implication d’une équipe communale efficace, elle a initié et corédigé une « Charte Quartier Durable ». La Charte fixe un cadre aux promoteurs et investisseurs, définissant les «règles du jeu» qui permettront l’aménagement de nouveaux quartiers respectueux des critères urbanistiques durables et des enjeux environnementaux. Le document a été préalablement testé auprès d’investisseurs, d’architectes, du Parc naturel des Plaines de l’Escaut, de la CCATM, de la Maison de l’Urbanisme du Hainaut et a fait l’objet d’adaptations « réalistes ». La Charte n’est pas un outil contraignant. Elle garantit néanmoins, si elle est approuvée par l’investisseur, la bonne collaboration de la Ville dans le développement de son projet. Cette charte a été diffusée au sein de diverses administrations et a récemment été lauréate du deuxième appel à projet européen Eco-Quart Aisne/Wallonie.

Toutefois, outre quelques expériences locales innovantes, les mandataires locaux sont souvent démunis pour imposer des critères à des promoteurs dont, par ailleurs, ils apprécient l’intérêt pour leur territoire et craignent la mise en concurrence de communes voisines aux exigences moindres. Dès lors, des outils régionaux ont toute leur pertinence pour accompagner les mandataires locaux et assurer un développement de projets de qualité supérieure et homogène sur l’ensemble de notre territoire. Véronique WAROUX appelle à l’élaboration de tels outils.

À côté de l’impulsion innovante, il est aussi fondamental, pour des raisons identitaires et culturelles, de préserver notre patrimoine tant urbain que rural. Le CoDT convertira les règlements en guide d’urbanisme. Véronique WAROUX exprime sa crainte de voir disparaître le caractère contraignant des RGBZPU et RGBSR, règlements généraux sur les bâtisses en zones protégées sur le plan urbanistique et les règlements généraux sur les bâtisses en site rural, garantissaient jusque-là des adaptations harmonieuses du nouveau bâti au sein des centres anciens protégés et des villages reconnus pour leur intérêt architectural. Quel sera le devenir de ces cœurs de villes historiques comme Liège, Namur, Mons, Tournai et 58 autres villes et communes concernées? Quelles garanties seront apportées concernant les interventions en façades ou les enseignes commerciales qui seraient bien vite converties en panneaux multicolores et clignotants ?

Dans son intervention, le Ministre wallon de l’Aménagement du territoire, Carlo Di Antonio, a pris en compte les remarques de la Députée. Il se dit attentif à trouver ce nécessaire équilibre entre créativité architecturale pour une nécessaire évolution et protection des centres anciens. Il n’est pas exclu de faire évoluer au cours des réunions de travail une partie des règlements vers le maintien d’une valeur réglementaire plutôt qu’indicative.

En conclusion, Véronique Waroux insiste sur l’indispensable investissement des élus locaux et des fonctionnaires délégués dans le suivi des projets, ainsi que sur l’importance de leur offrir la capacité de dire non à ce qui est proposé afin d’améliorer la qualité globale des projets et d’éviter les fautes de goûts qui peuvent rapidement se multiplier faute d’arguments pour les stopper

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