Donnons de l’oxygène à la qualité de l’air

Ce vendredi 13 juillet 2018, le Sénat a voté son rapport d’information sur la Qualité de l’air. J’ai participé activement aux travaux en lien avec ce rapport. Nous avons entendu des témoignages très intéressants, de spécialistes de la santé, des administrations en charge de ces thématiques dans nos région ou au niveau européen, de la société civile, de plus en plus inquiète à ce sujet, etc. Au regard de tout ce qui a été entendu à travers ces auditions, mon groupe est d’avis que les recommandations politiques de ce rapport, si elles vont dans la bonne direction, sont toutefois trop faibles vu les enjeux.

Ainsi, nous regrettons pas exemple qu’un lieu de concertation de nos Régions, comme le Sénat, ne puisse dire haut et fort à nos gouvernements que nous avons besoin d’un véritable PACTE de mobilité transrégional, pour offrir de crédibles solutions de mobilité alternatives à la voiture, à nos citoyens.

De même, les formulations s’attaquant frontalement au régime fiscal des voitures-salaires, très préjudiciables tant pour le climat que la qualité de l’air et la mobilité, ont été purement et simplement refusées, pour se contenter d’évoquer le verdissement de ce parc automobile spécifique, et des mesures alternatives incitatives. Nous estimons qu’il s’agit d’une occasion manquée du Sénat d’envoyer un signal clair sur la nécessité d’abolir cette spécificité belge tellement pointée du doigt.

Au cours des auditions, nous avons aussi pu prendre conscience de l’importance du chauffage au bois dans cette pollution de l’air. Même les poêles à pellets de dernière génération émettent 150 fois plus de particules fines par quantité d’énergie produite qu’une chaudière au gaz naturel. Dès lors, nous estimions primordial de nous attaquer frontalement à ce mode de chauffage, comme la Maire de Paris tente également de le faire. Nos propositions ont été balayées, et je le regrette profondément, tant il me semblait que nous touchions là au cœur de notre problématique.

De même, je déplore la faiblesse des références à l’agriculture, alors qu’il nous a bien été exposé qu’il s’agissait du premier secteur d’émissions de particules fines, notamment en Flandre, ainsi que son impact sur les émissions de méthane.

Des avancées : les aéroports dans le collimateur

Par contre, j’apprécie que nous ayons pu toucher à un « tabou », celui des aéroports, notamment en préconisant d’étudier d’urgence l’incidence des émissions de particules fines par les avions et leurs effets au voisinage immédiat des aéroports.

Je termine donc en signalant que malgré ces manquements importants, ce rapport d’information préconise de nombreuses mesures qui vont dans le bon sens, et c’est pourquoi nous l’avons voté favorablement. Ces mesures portent sur la recherche, l’amélioration de la collaboration intra-belge, et avec les pays voisins, l’aménagement du territoire, l’information aux citoyens, etc.

Certaines recommandations sont très concrètes, comme celle sur l’installation de panneaux dans tous les centres urbains diffusant en temps réels des données sur la qualité de l’air et donnant des informations sur les (combinaisons de) modes de transports les plus rapides et les moins polluants pour un trajet donné.

Pour conclure, j’évoque une réflexion qui s’est posée durant les auditions. En sachant que les solutions viendront des deux options combinées, est-il préférable de miser prioritairement sur les améliorations technologiques ou sur les changements de comportements ?

M. Fierens, de l’irCELine nous répond ceci :

« Une voiture électrique n’émet plus de gaz d’échappement, mais elle émet toujours des particules par l’usure de ses pneus. Le seul moyen de réellement changer les choses est donc de réduire le nombre de kilomètres parcourus ».

A travers cet exemple, il illustre bien le tournant qu’il est urgent d’amorcer, le coup de volant qu’il est temps de donner. Que ce soit pour la thématique de la qualité de l’air, celle du climat, qui doivent être perçues ensemble, en cohérence et pas en opposition, ou bien d’autres, nous devrons réinventer notre société, notre manière de consommer, de nous déplacer, de travailler, etc … On n’y coupera pas !

Nous espérons que ce rapport sera une petite pierre, ou une bulle d’oxygène à ce grand défi.

Liens utiles:

Recommandations adoptées pour ce rapport d’information sur la Qualité de l’air

Intervention complète lue par Véronique Waroux en séance plénière du Sénat pour le RI sur la Qualité de l’air

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