Elargissement de l’Escaut : Maxime Prévot justifie par la sécurité

Question écrite à Maxime PREVOT, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine, sur l’élargissement de l’Escaut.  La traversée de l’Escaut fait couler un flot continu d’informations souvent contradictoires. Et au milieu de ce roman fleuve, sur un fragile îlot, nos élus tournaisiens devront se prononcer sur les modalités d’élargissement du tracé de l’Escaut.

Il ne s’agit pas d’une idée fixe : les projets présentés par le SPW ont été réalisés par des ingénieurs avec une visée technique de navigabilité ; l’équilibre avec le volet urbanistique, et donc la qualité de vie, n’est pas atteint aux yeux d’observateurs avisés. Lundi dernier, au cours d’un conseil communal où citoyens et administration wallonne ont exposé leur point de vue, le bourgmestre empêché Rudy Demotte a souhaité améliorer chacune des 4 phases de l’élargissement sur le plan urbanistique. Les représentants du SPW ont, semble-t-il, accepté de procéder à ces changements.

Si le dossier du SPW pour élargir le quai Saint-Brice à 27 m se fonde sur des raisons de sécurité, la vitesse de navigation serait un motif majeur pour nécessiter le rabotage du quai à 5,85 m. Monsieur le Ministre estime-t-il comme M. Rudy Demotte qu’il est possible de modifier les plans soumis à permis d’urbanisme ? Quelles incidences cela aura-t-il sur les délais de réalisation et les crédits européens ?

Par ailleurs, et cela semble être la question centrale de ce dossier, une réduction du temps de traversée de 90 secondes (sur 45 minutes d’alternat) justifie-t-elle, selon vous, l’épure urbanistique minimaliste présentée pour le quai Saint-Brice ?

Un quai qui, malgré qu’il soit en zone partagée, sera voué à recevoir une circulation de transit dense. Un quai qui verrait ses espaces de promenade – sur le versant ensoleillé de l’Escaut, qui plus est -, et aux usagers faible, fortement réduits, jusqu’à suppression sur quelques dizaines de mètres. Sans parler des soucis que l’on devine en cas de travaux, livraison, déménagement, intervention des services incendie.

Réponse de M. Maxime PREVOT, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine. Il est vrai que la Traversée de Tournai est au centre de bien des informations médiatiques. Au vu de l’ampleur du projet, il est nécessaire qu’un niveau technique maximal soit atteint au niveau de la navigabilité. Il n’en demeure pas moins que l’intégration du projet, au niveau de la traversée de Tournai, au cadre de vie de citoyens, par le biais des aménagements connexes, a été faite.

Sur la question de la modification possible des plans soumis à permis d’urbanisme, d’éventuelles adaptations limitées, des aménagements projetés pour les phases 1, 2 et 3 sont envisageables moyennant la condition que ces modifications n’engendrent pas de nouvelles procédures administratives liées à la demande de permis d’urbanisme en cours d’instruction.

Sur la question de l’impact du projet sur la durée de la traversée, la fluidité du trafic et la sécurité de la traversée sont intimement liées et ne peuvent être envisagées séparément.

À maintes reprises, et notamment lors du Conseil communal du lundi 7 mars dernier, il a été démontré que l’élargissement proposé dans les documents de permis permettait tout juste de garantir la navigation des bateaux de classe Va dans des conditions de sécurité acceptable. Cet élargissement minimum a été validé par des simulations de navigation, car il est bien inférieur aux largeurs que les normes en vigueur demanderaient de respecter. Ces simulations ont été réalisées dans le but de trouver un équilibre entre une navigation en toute sécurité et un aménagement urbanistique assumé du quai Saint-Brice.

Le gain de temps de 90 secondes évoqué par les réclamants sur un cycle de 45 minutes est par ailleurs largement sous-estimé. En effet, il convient d’intégrer dans le calcul de la durée de la traversée alternativement dans un sens puis l’autre : la durée du franchissement de la section étroite à vitesse réduite, la perte de temps lors de la décélération avant d’atteindre cette section, la perte de temps lors de l’accélération après avoir franchi la section, le temps d’attente supplémentaire de part et d’autre vu le temps de parcours augmenté du bateau circulant en sens inverse et le déséquilibre engendré par ces différents retards sur les durées optimales de sassements aux écluses. Sans les travaux d’élargissement nécessaires à une navigation en sécurité à une vitesse suffisante, la zone constituera en effet un goulet d’étranglement ne pouvant pas absorber tout le trafic de l’écluse.

Sur la question de la circulation sur le quai, les documents de permis en cours d’instruction suivent le plan communal de mobilité approuvé par le collège communal. En effet, ce PCM positionne l’ensemble des quais comme des voiries de desserte et non de transit. La vitesse est proposée d’y être limitée à 30 km/h sur l’ensemble, tandis que le projet développé ici prévoit une mesure plus sévère de limitation à 20 km/h au droit du quai Saint-Brice dont question. Le projet développe de larges promenades le long de l’Escaut dédiées aux modes doux. Au droit du quai Saint-Brice, ces promenades sont effectivement présentes via le recours à l’espace partagé dont la largeur est comprise entre 6 et 8 m sur une quarantaine de mètres avant de retrouver des profils plus large.

Il faut noter que la situation actuelle ne laisse pas beaucoup d’espace à la promenade vu le parking sauvage présent en permanence à cet endroit. Il est d’ailleurs intéressant de relever que la largeur utile disponible actuellement (en soustrayant de la largeur totale un sens de circulation et le parking) est similaire à celle développée par le projet.

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