Environnement : que fait-on en Wallonie pour reculer le « jour du dépassement » ?

Question orale à Monsieur Carlo DI ANTONIO, ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bien-Etre animal :  Ce 13 août 2015, la population planétaire a consommé l’ensemble des ressources disponibles pour l’année entière. Année après année, ce « jour du dépassement » semble être de plus en plus tôt dans le calendrier. Le Global Foodprint Network indiquait alors que la Belgique figurait parmi les mauvais élèves de la planète. Notre pays aurait en effet « brûlé » ses ressources depuis le 13 mars déjà !

Avec notre territoire relativement petit et très densément peuplé, généralement, nous situerions l’empreinte écologique du belge entre 5 et 6 hectares globaux par personne. Plusieurs rapports du WWF ont aussi dénoncé ce fait. Pourtant, nous le savons et je salue encore aujourd’hui vos initiatives en la matière, de nombreux efforts sont réalisés particulièrement en Région wallonne afin d’assainir nos eaux, nos sols, ou dans le recyclage des déchets. Ces efforts doivent être poursuivis bien entendu.

Monsieur le Ministre, estimez-vous que notre situation est d’une telle gravité ? Avez-vous davantage de détails au sujet de cette analyse ainsi qu’une éventuelle répartition régionale ? Quelles actions prioritaires allez-vous entreprendre afin que soit diminuée spécifiquement notre empreinte écologique ? Existe-t-il des objectifs précis à atteindre afin de faire reculer dans le temps à l’avenir cette date du « jour du dépassement » ? Avez-vous des contacts avec les autres Régions de notre pays afin de réagir à ce constat ?

Réponse de M. le Ministre Carlo DI ANTONIO :  La « surconsommation » des quantités de ressources naturelles disponibles annuellement est estimée sur base du rapport de 2 indicateurs complémentaires :

1. La biocapacité (BC) représente la capacité des écosystèmes à fournir des matières biologiques utiles et à assimiler des déchets générés par les hommes en utilisant les modes de gestion et les technologies d’extraction existantes. Il s’agit donc de la totalité des surfaces biologiquement disponibles sur un territoire.

2. L’empreinte écologique (EE) est la surface, exprimée en hectare, biologiquement productive nécessaire

-pour produire les ressources qu’un individu (population) ou une activité consomme et

-pour absorber les déchets générés

La comparaison de ces valeurs estimées de l’EE (la demande) et la BC (l’offre disponible) renseigne donc sur le niveau de dégradation ou non du capital naturel. Un pays ou une région dont l’empreinte dépasse la biocapacité se trouve en situation de déficit écologique. Un excédent de biocapacité par rapport à l’empreinte reflète, en revanche, une réserve écologique.

En 2012, l’empreinte écologique de la Wallonie atteignait 4,87 hectares globaux (ha) par habitant, alors que la biocapacité était de 2,22 gha/hab : le déficit écologique de la Wallonie s’élevait donc à près de 2,65 gha/hab (différence entre l’EE et la BC), sans tenir compte des flux interrégionaux, sans doute de l’ordre de 20% (mais invérifiables). Ce chiffre est stable depuis 10 ans au moins.

Différentes actions, visant à promouvoir une utilisation plus efficace des ressources naturelles, dans le cadre notamment du développement de l’économie circulaire, sont inscrites dans différents Plans et Programmes existants, en cours de réalisation ou en cours de finalisation.

A titre d’exemple, je citerais les différentes mesures inscrites dans le Programme wallon de lutte contre le gaspillage alimentaire (promotion du Rest-O-Pack, encadrement et sensibilisation des producteurs-transformateurs agricoles…)

Ces mesures figurent également dans le projet de prévention et de réutilisation des déchets dans le contexte d’une économie circulaire, projet qui est actuellement finalisé et sera bientôt débattu. Dans ce cadre, d’autres flux prioritaires sont également visés : les déchets verts, les papiers-cartons, les emballages, les déchets de construction et de démolition… et un accent particulier est donné à la réutilisation de certains déchets qui peuvent devenir de nouvelles matières, à travers notamment un soutien accru donné aux points de vente de biens de seconde main, ou de « repair cafés », par exemple…

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *