La fermeture de l’entreprise Mondi à Ghislenghien

Question à M. Jean-Claude MARCOURT, Ministre de l’Economie, de l’Industrie, de l’Innovation et du Numérique, sur « la fermeture de l’entreprise Mondi à Ghislenghien ». J’imagine que je n’apprends pas à Monsieur le Ministre la fermeture annoncée par la direction de l’entreprise Mondi Brussel South à Ghislenghien (Ath). Occupant 88 personnes, Mondi est spécialisée dans les sacs industriels destinés au ciment et aux matériaux de construction et a été délocalisée de Tubize à Ghislenghien en 2008.

Mondi Group prévoit de servir ses clients à partir de ses autres sites de production à travers le monde (le groupe en compte une centaine et emploie 25.000 personnes dans 30 pays). La raison invoquée par le management : la concurrence dans le secteur et la chute du marché des matériaux de construction sur les cinq dernières années.

En 2008 déjà, lors du déménagement, les travailleurs de Mondi avaient consenti à une diminution moyenne de 7 % de leur salaire. Or les bilans financiers 2015 du groupe sud-africain montrent fièrement, par exemple, un résultat d’exploitation de 957 millions d’euros en 2015, des bénéfices en hausse constante depuis 2011 et une augmentation de 24 % des dividendes versés aux actionnaires en 2015.

On peut donc imaginer le désarroi du personnel de Mondi face à cette situation.

Un conseil d’entreprise extraordinaire devait se tenir dans l’usine mardi 20 décembre 2016, mais a été reporté, la direction « craignant pour son intégrité physique ». Depuis, une réunion s’est tenue dans le cadre de la première phase de la procédure Renault, mais les syndicats déplorent que les réponses à leurs questions soient toutes restées très vagues.

Quels sont les leviers d’action de Monsieur le Ministre face à cette annonce brutale, à la veille de Noël, et au démarrage de la procédure Renault prévu début 2017 ? Quels sont ses moyens de pression vis-à-vis de la direction du groupe ? Son administration ou son cabinet l’ont-ils rencontrée depuis l’annonce de la fermeture ? Mondi a-t-il bénéficié d’aides publiques wallonnes lors de sa délocalisation à Ghislenghien ? S’il y en a eu, étaient-elles assorties de critères de maintien de l’emploi ou de l’activité sur le site ? Ces critères ont-ils été respectés entre 2008 et 2016 ? Que peut faire la Wallonie pour ces familles qui vont perdre un revenu dans les mois à venir ?

Réponse de M. Jean-Claude MARCOURT, Ministre de l’Economie, de l’Industrie, de l’Innovation et du Numérique. En 2007, le groupe Mondi a pris la décision de construire à Ghislenghien un site complètement modernisé afin de servir l’ensemble du marché de la construction de l’Europe de l’Ouest. L’ancien site de Tubize accusait en effet des pertes cumulées et ses machines étaient vieillissantes.

La crise économique et financière a cependant frappé un an après la construction de ce nouveau site, qui n’a donc jamais connu la rentabilité. En effet, la crise de 2008 a touché de plein fouet le marché de la construction, qui s’est effondré. La pression sur les prix s’est fortement intensifiée, étant donné que les capacités sont restées inchangées en Europe.

Durant ces 8 dernières années, plusieurs initiatives ont été mises en place par le groupe Mondi pour tenter d’assurer un avenir au site, à savoir, notamment, le développement d’innovations sur les sacs de ciment, mais également le renvoi de volumes vers Ghislenghien, suite à la fermeture d’autres sites. Une restructuration du site avait déjà eu lieu en 2012.

À ce jour, aucune piste n’a permis de dégager de perspective d’avenir, d’où l’intention du groupe Mondi, communiquée au personnel le 16 décembre dernier, de fermer le site.

À ce stade, 4 réunions ont eu lieu dans le cadre de la phase 1 de la procédure Renault, dont une dernière ce mercredi 18 janvier.

Les travailleurs ont poursuivi la production à hauteur de 30 % des capacités normales et, suite à un accord trouvé dans le cadre de la CCT 90, les livraisons ont repris cette semaine.

Des contacts ont été pris par mon cabinet avec la direction du groupe Mondi et avec les représentants des travailleurs, mais aucune demande ni perspective de reprise n’a été formulée à ce stade.

Enfin, la société a en effet bénéficié d’une prime à l’investissement dans le cadre du programme « utilisation durable de l’énergie » en 2008 et a respecté l’ensemble des conditions y relatives sur la période de 5 ans. Aucune récupération ne pourra donc avoir lieu dans ce cadre.

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