Les fouilles archéologiques sur le chantier d’élargissement de l’Escaut

Question du 31 Octobre à Monsieur COLLIN René, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région

Comme Monsieur le Ministre le sait, en tant que Ministre du Patrimoine, la Ville de Tournai est riche en témoins historiques. Outre les éléments visibles, dont les plus illustres sont la cathédrale, le pont des Trous (du moins pour un court laps de temps encore) ou la tour Henri VIII (du moins quand elle sera libérée de son corset d’échafaudages), bien d’autres – plus anciens – sont enfouis dans les sols. D’ailleurs, lors de la construction du quai de l’Escaut au XVIIe, des pièces de grande valeur de l’époque romaine avaient déjà été retrouvées. Tout comme, dans les années 1950, lors de la construction des piles du pont actuel.

Le chantier actuel d’élargissement de l’Escaut constitue une opportunité importante de faire des découvertes. C’est d’ailleurs pourquoi le SPW a signé une convention prévoyant une obligation de suivi archéologique tout au long des travaux, avec un protocole entre la DGO2 et la DGO4. Or il apparaitrait que ce suivi n’est toujours pas effectif, alors que les travaux d’impétrants sont presque terminés. Il serait question d’un manque d’effectifs et de problèmes internes à la DGO4, service des fouilles pour le Hainaut occidental.

Auprès d’un citoyen qui s’en inquiétait, il a été répondu – par la DGO2, qui n’avait pourtant pas été interpelée -, que la zone de travaux était disponible aux archéologues de la DGO4 (mais n’étaient pas encore venus) et, surtout, que la période de recherches archéologiques était prévue en décembre 2017, soit une fois que les travaux d’excavation seront terminés.

Monsieur le Ministre, peut-il expliciter pourquoi la période de recherches archéologiques arrive si tard ? Le protocole ne prévoyait-il pas déjà un suivi lors de la première phase des travaux d’impétrants ?

Des archéologues de la DGO4 ont-ils été désignés pour le suivi de ce dossier ? Si oui, ont-ils déjà été sur place ? Sinon, pourquoi ? Quand cela sera-t-il fait ?

Réponse de Monsieur COLLIN René, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région

Il convient d’emblée de souligner le fait que la réalisation de fouilles archéologiques préventives est une réponse à la destruction inéluctable de vestiges plutôt qu’une opportunité de faire des découvertes.

La DGO4 (Direction de l’archéologie et service extérieur en province de Hainaut) porte une attention constante au patrimoine tournaisien et examine chaque dossier d’aménagement qui pourrait lui porter atteinte. Depuis sa concrétisation, elle suit le projet Seine-Escaut afin de préparer une intervention archéologique efficace et judicieuse.

Un comité scientifique regroupant des spécialistes en topographie, archéologie tournaisienne et recherche subaquatique sera constitué dès le début de l’opération.

Comme l’honorable membre le relève dans sa question, des négociations difficiles dues à la complexité du projet ont en effet permis d’aboutir à la rédaction et à la signature d’un protocole d’accord avec la DGO2 et avec la Ville de Tournai. Ce protocole détaille les suivis archéologiques qui seront menés ; ces interventions ont été mûrement réfléchies et décidées avec les experts techniques et scientifiques, et ce en fonction de contraintes techniques particulières et des données de l’inventaire des sites archéologiques.

Ainsi, en référence aux résultats de l’opération menée en 1994-95, il a été jugé inutile de suivre de façon systématique le déplacement des impétrants qui occupent les deux mètres de niveaux supérieurs de la stratigraphie, déjà perturbés.

Les archéologues ne sont donc pas présents en permanence lors de cette première phase. Toutefois, en cas de découverte fortuite dans ces niveaux, le service de l’archéologie intervient immédiatement. C’est ainsi qu’en septembre, suite à un appel de la DGO2, une première intervention eut lieu pour la mise au jour de maçonneries et d’éléments de pierre taillée. Celles-ci se trouvaient dans des remblais, hors-contexte et ont été prélevées. Les maçonneries devant appartenir au quai moderne ont été enregistrées.

Par contre, la phase suivante des travaux, c’est-à-dire celle des terrassements visant à la démolition des quais, devrait toucher des niveaux mieux préservés qui feront l’objet d’un suivi archéologique continu. Des archéologues déjà désignés assureront une présence permanente ; ils disposeront de délais pour réaliser les enregistrements nécessaires en cas de découverte de vestiges.

Cette opération est dépendante du calendrier des travaux de l’entreprise ; programmée en septembre, puis en novembre, elle est actuellement décalée au mois de février 2018 par le maître d’œuvre.

La DGO4 reste très attentive au devenir du patrimoine tournaisien et elle assure sa mission de protection du patrimoine archéologique le plus correctement possible en fonction de la réalité propre à chaque chantier.

 

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