Gestation Pour Autrui (GPA) : le cdH contre la légalisation

A l’occasion du débat en séance plénière du Sénat sur le rapport d’information dédié à la Gestation Pour Autrui (GPA), Véronique WAROUX, sénatrice, et François DESQUESNES, chef de groupe, ont exposé le point de vue du cdH sur cette délicate question éthique. La réponse du cdH est non vu le très large éventail d’interrogations laissées sans réponse, et l’impossibilité de tout prévoir.

Durant plus d’un an, au cours de 28 réunions, la Commission « Affaires institutionnelles » du Sénat a entendu de nombreux experts, défendant des avis variés et parfois contraires, sur la création d’un cadre légal pour la GPA. Ce long cheminement intéressant sur le plan intellectuel et humain arrive à son terme ce vendredi, par le vote du Rapport d’information, listant les réponses de chaque parti à une série de questions pointues, qui sera transmis à la Chambre des Représentants. Parmi les partis « rapporteurs », le cdH se distingue par sa position de refus de la GPA.

Véronique Waroux, en tant que femme humaniste, a participé à ces travaux et a vu son approche personnelle évoluer au cours de ceux-ci. Initialement ouverte  à cette méthode particulière de maternité, possible réponse à une immense détresse humaine, elle en arrive à la conclusion que la légalisation de cette pratique est inopportune compte tenu notamment des très nombreuses questions restées sans réponse.

Parmi ces questions :

  • les formes de dédommagement de la mère porteuse;
  • les conditions de vie imposées à la mère porteuse (interdiction de sports, de voyages, de relations sexuelles,…) portent atteinte à la liberté même de cette femme ;
  • la délicate situation d’un enfant porteur de handicap et de son acceptation ;
  • le délai de réflexion de la mère porteuse après accouchement ;
  • la peine pour les parents d’intention en cas de rétractation de la mère porteuse  les conséquences d’un accident de grossesse ;
  • les impacts psychologiques sur l’enfant, la mère porteuse et les parents d’intention ;

Pour la sénatrice Véronique Waroux, ces interrogations traduisent de manière implacable la difficulté qu’il y a de légiférer sur la GPA. Elles doivent à tout le moins nous inciter à la prudence : « A mon sens, et vu les réserves évoquées juste avant, la législation sur la GPA ouvre dangereusement une porte, sans savoir avec précision ce qui se cache derrière elle. De plus, ouvrir cette porte, c’est l’ouvrir en grand, impossible de juste l’entrouvrir, car toute restriction sera assimilée à de la discrimination. »

Pour François Desquesnes, le législateur n’est pas là pour organiser une pratique nouvelle que la science permet, mais pour apprécier si cette avancée scientifique est aussi et surtout un progrès pour la société. Le clonage ou les OGM nous ont montré que la réponse n’était pas automatiquement positive.

Le droit – absolument légitime – pour tout couple, quel qu’il soit – d’avoir un enfant peut-il, d’une manière ou d’une autre, imposer à une femme une quelconque obligation de maternité et d’abandon de l’enfant qu’elle aura porté dans sa chair, quand bien même elle y aurait consenti préalablement ? Nous ne le pensons pas.

En conclusion, Véronique Waroux souligne que : « Légiférer sur la GPA, ce n’est pas « simplement » répondre à la souffrance d’un couple en manque d’enfants, c’est surtout prévoir comment répondre à toutes les souffrances nouvelles potentiellement générées par cette GPA. Force est de constater, au vu des divergences d’opinions entre partis, reflet de notre société, que nous manquons de réponses concluantes. 

Vous trouverez ici le texte intégral de l’intervention de Véronique Waroux au Sénat.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *