Pour une interdiction du Roundup en Wallonie

Question urgente à M. Carlo Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bien-être animal, sur « le recours des ONG concernant le glyphosate et les inquiétudes relatives à l’usage des pesticides ». Monsieur le Ministre, six ONG environnementales ont déposé plainte contre Monsanto et l’autorité européenne de sécurité des aliments parce qu’ils ne reconnaissent pas le caractère cancérigène du glyphosate. Cela nous entraîne dans le débat des pesticides qui inquiètent beaucoup la population, le grand public, mais aussi les agriculteurs.

Le Fédéral vient notamment d’imposer de nouvelles conditions d’exploitation pour les agriculteurs utilisant le terbuthylazine en imposant des bandes enherbées de 20 mètres le long de leur parcelle s’ils sont en bordure de cours d’eau ou de fossé. Ce sont des conditions difficiles à imposer aux agriculteurs en dernière minute.

Quel est votre avis par rapport à ce problème ? Surtout que l’on n’a pas de solution de substitution pour ces agriculteurs. Comment mieux gérer ce timing ? Comment mieux s’organiser avec le Fédéral ? Quelle sera votre position par rapport à ce problème de pesticides ? Quel sera le relais vis-à-vis de la position de la Belgique par rapport à l’Europe ? Comment mieux informer, encore une fois, le public et les agriculteurs ?

Réponse de Carlo Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bien-être animal. Madame la Députée, cela concerne deux herbicides : un herbicide total, le glyphosate, et un herbicide sélectif, la terbuthylazine. Sur le glyphosate, on a un rapport de l’OMS qui dit que la substance active mélangée avec d’autres, donc la formulation est problématique pour la santé avec des risques de cancers et d’autre part, l’Europe qui semble vouloir approuver la matière active, cela veut dire le glyphosate en tant que tel sans mélange.

C’est un peu là que se confrontent les différentes études. C’est le Fédéral qui devra trancher, parce que si le glyphosate est accepté comme substance active, il faut encore que les différents États membres acceptent sur leur territoire la formulation. On peut très bien accepter une formulation et ne pas en accepter une autre, donc c’est formulation par formulation.

Sur la terbuthylazine, le problème est différent, c’est le remplaçant de l’atrazine, un herbicide interdit depuis 2001, et dont on commence à retrouver des traces assez importantes dans l’eau. Le niveau fédéral a pris des mesures fin 2015, l’AFSCA a pris comme mesure l’interdiction d’utilisation par la création d’une bande enherbée de 20 mètres au bord de toute surface d’eau : ce sont les cours d’eau, les fossés et les routes. Ce qui, en maïs, est quasiment impossible à réaliser, sauf à avoir de très grandes parcelles, mais pour le reste parfois c’est 40-50 % de la parcelle qui ne pourrait pas être utilisée. Il y a un problème réel par rapport au délai, de n’avoir pas prévenu les agriculteurs à temps, parce qu’aujourd’hui, ils découvrent, à quelques semaines du semis, cette problématique. La seule solution restera de ne pas utiliser de terbuthylazine et d’aller vers des alternatives.

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