Interruption du festival Ramdam et fermeture d’Imagix durant 3 jours

Question orale de Madame Véronique Waroux à Madame Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, intitulée «Interruption du festival Ramdam et fermeture d’Imagix durant 3 jours»

Mme Véronique Waroux (cdH). – Ce festival du film devait avoir lieu du mardi 20 au mardi 27 janvier et a été brutalement interrompu le jeudi. Ce fut une énorme surprise. Ce festival du film qui dérange porte bien son nom dans la mesure où il traite de sujets de société – la violence, la maladie, l’écologie, le sexe, l’argent – qui suscitent de nombreux débats.

La liberté d’expression y prend tout son sens. Sa fermeture a suscité beaucoup de frustration et d’incompréhension. Le festival a repris le dimanche, cela nous a soulagés. Néanmoins, les journées importantes du samedi et du dimanche ont été perdues. Serait-il possible de dédommager les organisateurs, l’exploitant et tous les commerçants associés à cette opération ? Comment concilier sécurité et liberté d’expression reste une question fondamentale. A-t-on réfléchi à trouver d’autres solutions qu’une fermeture brutale de ce type d’événement ? Enfin, si la subvention de Ramdam est maintenue, des encouragements pourraient-ils être envisagés ?

Réponse de Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance : Je ne vous dis pas dans quelle situation nous nous serions trouvés si nous n’avions pas fermé le lieu et qu’un attentat mortel s’y était produit ! Le contexte dans lequel nous vivons est pré- occupant et dramatique. Néanmoins, nous ne devons pas hésiter lorsque la vie d’individus est potentiellement en danger. La décision que nous avons prise était indispensable même si elle a gé- néré des frustrations que je comprends. Je suis heureuse que le festival ait repris ses activités. Le ministre-président et moi assistions, hier, à la journée de « clôture », qui était aussi paradoxalement une ouverture, grâce au soutien de Imagix qui diffusera dans ses salles une bonne partie de la programmation de Ramdam. L’interruption de ce festival a représenté sur le plan symbolique la tension entre deux polarités : la violence, le terrorisme, d’une part, la liberté, la culture, la pensée, de l’autre. Le drame de Charlie Hebdo reflète également cette tension. Ce que nous devons faire, c’est valoriser ce festival qui, en cinq ans, est passé de quelques centaines à des milliers de spectateurs. J’ai eu l’occasion d’en parler hier avec les organisateurs ainsi qu’avec le ministre-président qui suit attentivement le dossier. Ce festival qui dérange a toute sa place en Fé- dération Wallonie-Bruxelles où les débats et ré- flexions qu’il soulève ont une audience encore trop limitée. Plutôt que de parler de dédommagements, il faudrait discuter avec les organisateurs de la manière d’inscrire cet événement dans un cadre stable et pluriannuel, ce qui n’est pas encore le cas malgré les aides du ministre-président et du ministère de la Culture. Ce serait la meilleure manière de répondre à l’obscurantisme et aux menaces, et de reconnaître un travail d’excellence. M. Bruno Lefebvre (PS). – Je me réjouis que vous reconnaissiez l’importance du travail effectué par le festival Ramdam et que vous soyez prête à lui apporter un soutien structurel. Dans ma question, j’évoquais aussi la possibilité d’aider les opérateurs culturels. Nous courons en effet le risque que les futurs opérateurs, par crainte d’une menace terroriste, ne s’autocensurent et ne renoncent à organiser des événements de ce type. Je pense qu’il serait opportun que notre Fédération soutienne fermement les opérateurs pour éviter ces réserves.

Réplique de Mme Véronique Waroux (cdH) : Je vous remercie pour le soutien que vous allez apporter à ce festival. En 2011, il avait rassemblé 4 000 spectateurs contre 16 000 en 2015 ; sa fréquentation a donc quadruplé. C’est remarquable. On sait d’ores et déjà qu’à l’issue de cette édition, les comptes affi- cheront des pertes de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Par ailleurs, il faut que l’on réfléchisse à la manière de gérer ce genre de menaces car d’autres manifestations peuvent être concernées. La fermeture durant une semaine, que certains ont jugée excessive, a été imposée pour des raisons de sécurité, ce qui est en effet prioritaire.

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