La cohabitation entre mouvements de jeunesse et riverains lors de leurs camps

Question à Madame Simonis, Ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Egalité des chances relative à «la cohabitation mouvements de jeunesse et riverains lors de leur camps »

Madame la Ministre,

À Couvin, les camps des mouvements de jeunesse ne pourront plus s’installer à moins de 200 mètres des habitations privées. Après plusieurs plaintes de riverains évoquant des désagréments, le règlement communal concernant les camps a été modifié. Leur nombre diminuera : de 113 en 2017, ils ne seront plus que 60 à l’avenir sur le territoire de la commune. Cette décision fait suite à l’exaspération de plusieurs riverains, l’objectif affiché est donc de réduire les nuisances pour ceux-ci.

On sait par ailleurs que la présence des mouvements de jeunesse dans une région est une belle plus-value pour le tourisme, le commerce local (boulangerie, boucherie, etc.) et les agriculteurs. En effet, les locations de leur prairie constituent une source de revenus, comme pour les communes qui perçoivent une taxe de séjour. Sans oublier l’atout à long terme pour la vie locale et le tourisme : devenus adultes, les jeunes reviennent souvent sur ces lieux qui ont marqué leur jeunesse.

De nombreuses démarches sont réalisées par les fédérations de ces mouvements de jeunesse afin d’assurer un accompagnement et un suivi de la présence de leurs membres lors des camps et des séjours estivaux. Interrogé par le journal Le Soir, Geoffroy Crepin, animateur fédéral chez les Scouts, confirme que les animateurs rappellent les règles de base, tout en reconnaissant que des débordements arrivent parfois : « Comme tous les jeunes, il y en a qui font des bêtises. Mais il est bon de rappeler qu’en cas d’incident, il y a un numéro d’urgence accessible 24 heures sur 24. Si les communes sont interpellées par rapport à un souci de voisinage, on les invite à nous contacter. »

Madame la Ministre, comme nous l’avons souligné lors du vote de notre résolution visant le développement de l’offre d’endroits de camps, de séjours, de stages et de toutes activités organisées en Fédération Wallonie-Bruxelles, il existe une tension entre le nombre d’endroits disponibles et les demandes des mouvements de jeunesse et associations de jeunesse en général. Ce type de décision, si elle venait à se généraliser, pourrait accroitre encore la pression « locative » sur les endroits de camps et de séjours. Il est important que des contacts réguliers avec les Bourgmestres de ces entités, les fédérations des mouvements de jeunesse et associations de jeunesse puissent avoir lieu pour construire des espaces de dialogue entre les uns et les autres.

Madame la Ministre,

  • Que pensez-vous de cette décision ?
  • Avez-vous été interpellée par les Fédérations ou associations de jeunesse pour vous signaler une augmentation de ce type de décision ?
  • Quelles démarches pouvons-nous renforcer ou mettre en place en FWB afin d’améliorer les relations entre les riverains d’une part et les jeunes membres d’un camp ou d’un séjour en plein air ?
  • Concrètement, des premiers contacts ont-ils déjà eu lieu afin de rencontrer les demandes de cette résolution relative au développement des endroits de camps et séjours ?

Je vous remercie déjà pour vos réponses.

Réponse de Madame Simonis, Ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Egalité des chances relative à «la cohabitation mouvements de jeunesse et riverains lors de leur camps »

Madame la Députée,

Il appartient à chaque collège communal d’assurer la tranquillité publique de ses
habitants, notamment en édictant des règles qui permettent de gérer des
événements ou des situations particulières comme celles que l’on peut rencontrer
en été. Je n’ai cependant pas spécifiquement été interpellée sur l’augmentation
de décisions plus restrictives en la matière.

Il est clair que durant la période estivale, la concentration des camps dans
certaines communes mérite une attention particulière. Cette affluence n’est
d’ailleurs pas seulement générée par les 5 mouvements de jeunesse agréés par
la Fédération Wallonie-Bruxelles mais également par des groupes flamands ou
par des mouvements non reconnus.

C’est d’ailleurs en vue de gérer ces situations que, depuis 2007, le projet «Well
camp» a été lancé. Celui-ci a permis aux communes d’engager des étudiants
pour servir d’interface avec les camps venant s’installer sur leur territoire.

Récemment, j’ai signifié à la Ministre des pouvoirs locaux que la circulaire
Well’Camp était un levier essentiel pour renforcer le lien entre les mouvements
de jeunesse et les communes.

A ce stade, selon les informations qui me reviennent, le dispositif sera reconduit
en 2018 et devrait être enrichi cette année, sur mes budgets, d’une formation
construite conjointement entre le secteur de la jeunesse et les communes
participantes à la dynamique.

Par ailleurs, je regrette sincèrement que Madame la Ministre De Bue n’ait pas pu
offrir aux Mouvements de jeunesse l’opportunité de bénéficier d’un stand au
Salon des Mandataires. Comme je l’indiquais dans le courrier que je lui ai
adressé, il s'agissait pourtant d’un moment propice à la naissance des
collaborations, d’initiatives communes ou de prise de contact avec les pouvoirs
locaux. C’était également le lieu où les Fédérations pouvaient se faire connaitre
et délivrer de l’information aux communes en vue de faciliter leurs relations tout
au long de l’année et, a fortiori, lors des camps d’été.

Enfin, je n’ai pas attendu le vote de la résolution pour interpeller ma collègue en
charge de l’éducation afin de relancer la plateforme jeunesse/école. Cette
dernière a pour objectif d’étudier la possibilité pour les associations de bénéficier
durant les périodes de vacances des infrastructures scolaires disponibles de la
Fédération Wallonie-Bruxelles. A ce stade, le cabinet de Madame la Ministre
Schyns est entré en contact avec mes collaborateurs afin d’organiser une
première réunion sur ce dossier. J’ai dès lors bon espoir, malgré cette réaction
tardive, que cette plateforme renaisse et suscite une bonne collaboration
intersectorielle.

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