La mobilisation « Claim the Climate » et la COP24

Question orale de Mme Waroux à M. Di Antonio, ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Mme Waroux (cdH)

Monsieur le Ministre, cela n’aura échappé à personne, le 2 décembre dernier, la grande mobilisation nationale sur le climat et l’environnement Claim the Climate a réuni environ 70 000 personnes dans un immense cortège, depuis la gare du Nord jusqu’au parc du Cinquantenaire. J’y étais personnellement, car comme tous ces citoyens mobilisés, j’estime que nous n’en faisons pas encore assez, y compris à notre niveau, en Wallonie, pour le climat et l’environnement et pour la transition écologique dans son ensemble.

En tant que ministre wallon de l’Environnement, vous avez déclaré que votre travail était de recevoir le message que les manifestants portent et de travailler au quotidien pour mettre en œuvre les politiques qu’ils attendent et vous concluez : « Chaque geste est important. Comptez sur moi pour entendre celui que posera chaque manifestant ce dimanche ! ». J’étais heureuse d’entendre cela.

Quels enseignements tirez-vous de la mobilisation Claim the Climate ? Comment comptez-vous traduire les messages des manifestants en actes politiques concrets ?

Le 2 décembre, c’était – ce n’est pas un hasard – le lancement de la COP24 en Pologne. Les attentes sont énormes. Dès l’ouverture de la première séance plénière de la COP24, ce lundi, António Guterres, Secrétaire général de l’ONU, a donné le ton en déclarant : « Nous n’allons pas du tout dans la bonne direction pour freiner le changement climatique, qui va plus vite que nous », avant d’ajouter : « Nous ne faisons toujours pas assez et nous n’allons pas assez vite ».

Je fais aussi référence au rapport de l’ONU qui a signalé que, pour maintenir le réchauffement à 1,5 degré, il fallait multiplier les efforts par cinq.
Nous avons aussi entendu, hier, le refus de la Belgique de renforcer ses efforts en matière d’efficience et d’énergies renouvelables. La ministre Marghem a clairement rendu responsables les Régions, sans tellement de nuances, pour les décisions.

Je ne sais pas si vous avez pu voir la réponse d’environ 360 000 vues de Bouli Lanners, qui s’est bien énervé sur les réseaux sociaux ; c’est dire si le sujet est choquant.

Partagez-vous l’avis du secrétaire général de l’ONU ?

Quelles sont vos attentes pour la COP24 en Pologne ? Quelle position défendrez-vous au sein de la délégation belge ?

Comment réagissez-vous aux déclarations de Mme la Ministre Marghem ? Avez-vous un avis à ce propos ?

C’est vrai que nous avons besoin que votre position et que celle de la Région, à défaut de celle de la Belgique, soit ferme et engagée pour prendre des
mesures politiques rapides et radicales.

D’avance, merci pour vos réponses.

M. Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Madame la Députée, la plupart de vos questions s’adressent à mon collègue, puisqu’elles touchent essentiellement la politique
climatique, mais je vais y répondre. Comme vous le savez, la 24e Conférence des parties aura principalement à l’agenda l’adoption de la suite de la COP parisienne, devant faciliter l’élaboration des règles, des modalités et des procédures pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris, ainsi que les conclusions à tirer du processus de Talanoa en lien avec l’adaptation ou la confirmation à venir des contributions volontaires nationales des parties, y compris celles de l’Union européenne.

Le ministre Crucke ayant le climat parmi ses compétences, participera à cette COP et suivra le dossier en première ligne. Il représentera le Gouvernement wallon, mais occupera aussi le siège belge dans le cadre des coordinations européennes organisées sur place. Sa présence est d’autant plus importante que c’est lui qui va porter la voix de la Belgique fin de semaine.

Comme il est de coutume, l’action de la Belgique et de la Wallonie s’inscrira dans le cadre des positions européennes définies par les conclusions du Conseil adoptées en octobre par les ministres de l’Environnement. Chaque fois qu’il y a une COP, un travail préliminaire est réalisé au niveau des ministres européens concernés essentiellement par le climat.

Ces positions sont connues aujourd’hui : ce sont celles d’octobre, redéfinies par le dernier Conseil des ministres du Climat et de l’Environnement.
Hier, j’ai entendu les explications de Mme la Ministre Marghem ; j’ai aussi réagi, en étant très étonné de la méthode, ne fût-ce que cela, puisqu’elle souligne qu’il n’y avait pas d’accord, par exemple, sur le pourcentage d’énergies renouvelables ou sur la trajectoire de réduction des émissions de CO2 et il me revient que les dernières réunions pour forcer cet accord se sont tenues au mois de juin.

Si j’avais dû aller là-bas, comme représentant de l’État belge, la veille, la nuit précédant, la semaine précédant, le mois entier précédant l’événement, j’aurais réuni mes collègues pour tenter de trouver un accord. Il semble qu’ici, il est simplement acté que, en juin 2018, on ne se mettait pas d’accord sur deux articles puisque pour le reste, il y a un accord et le désaccord sur les deux articles est très léger. On est sur des morceaux de pourcentage de désaccord d’engagement entre la Flandre et la Wallonie. Des choses qui auraient pu se régler avec une véritable volonté politique.

Concernant l’événement de dimanche, je me réjouis de la mobilisation citoyenne. Je trouvais que je ne devais pas y être parce que je suis l’un de ceux qui doivent recevoir le message. Dès lors, cela me conforte dans certaines réformes en cours ; cela permettra d’aider certaines d’entre elles à définitivement aboutir. On a quelques gros dossiers en préparation.

Pour le premier qui est d’actualité, ce sera le débat, ici, en commission, le 17 décembre, sur les ondes de basse émission et sur la
limitation d’usage des véhicules diesel. Deux beaux exemples de sujets qui nous impacteront directement et seront d’actualité dans ce Parlement.

J’ajouterai encore un point validé au Gouvernement, la semaine dernière, sur l’alimentation, sur notre stratégie, l’équivalent du Good Food bruxellois avec « le manger demain wallon » avec tout le travail avec non seulement les cantines scolaires mais l’ensemble des repas de collectivité ; 200 000 repas au quotidien.

Quand j’entendais les revendications des manifestants et les thèmes le plus souvent mis en avant, tout cet aspect lié au fait de relocaliser l’agriculture, relocaliser la production et faire évoluer les modes de consommation était souvent cité au même titre que les problèmes de qualité de l’air ou d’impact CO2. Dès lors, je pense que l’on est dans le bon dans ce que l’on est en train de prendre, en ce qui nous concerne, ici, en Wallonie, comme disposition.

Mme Waroux (cdH)

Merci, Monsieur le Ministre, pour vos réponses qui ne me surprennent pas mais je voulais juste rappeler – je pense que vous avez eu le bon
réflexe de ne pas participer, de ne pas faire le show dimanche – d’écouter le message. C’était cela l’essentiel : le citoyen. En tant que députée, je sentais ce besoin de manifester pour encore faire entendre à nos différents gouvernements l’importance de la chose.

On a le sentiment de s’être fait avoir quand l’on entend Mme la Ministre Marghem. C’est un vrai scandale. Vous dites que M. le Ministre Crucke s’occupe du Climat. Vous êtes ministre de la Transition écologique et vous avez un rôle clé essentiel. Du côté de Mme Marghem, on a un problème fondamental. Vous parlez de volonté politique, je ne la retrouve pas mais c’est un problème de travail de fond qui n’aura pas été fait en quatre ans et demi. L’inutilité dans ce genre de situation est nuisible réellement. J’espère que certains prendront la mesure de la gravité de ces derniers propos.

Je voulais ajouter qu’il ne fallait pas considérer que nous avions été des Bisounours dans les rues. Il y a un énervement, un agacement qui monte, même si c’était tout à fait familial et convivial. On est, au plus profond de nous, réellement révoltés par les retards. Vous agissez, on le sait. Vous avez cité quelques actions. On a vraiment besoin d’une vue globale, d’une vision stratégique qui transcende toutes les matières et qui puisse donner des visions claires avec le climat, la transition écologique comme éléments porteurs au-dessus de toute décision. Je ne répéterai pas ce que j’ai dit vendredi au Parlement ; il faut absolument se secouer et avoir des gens réellement impliqués sinon il faut les dégager.

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