La pollution de l’air dans les villes

QUESTION ORALE DE MME WAROUX À M. DI ANTONIO, MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE, DE LA MOBILITÉ ET DES TRANSPORTS, DES AÉROPORTS ET DU BIEN-ÊTRE ANIMAL, SUR « LA POLLUTION DE L’AIR DANS LES VILLES »

Monsieur le Ministre, quelles solutions existent pour contenir la pollution de l’air dans les villes ? Nous pouvons nous poser la question au vu des nombreux pics d’ozone que nous connaissons depuis quelque temps et qui impactent l’environnement et la santé de tous.

Le journal L’Écho nous annonçait récemment que, dès 2016, la Ville d’Anvers interdirait certaines zones aux véhicules les plus polluants. À Bruxelles, le dispositif doit encore être finalisé. C’est le principe des zones basses émissions, qui repose sur la limitation de l’accès à une partie de la ville pour les véhicules les plus polluants. Ce genre de mesure doit figurer parmi les nombreuses à prendre afin de respecter les valeurs limites imposées par l’Europe, principalement celles relatives au dioxyde d’azote et aux particules fines. Vous annonciez, il y a quelques mois, avoir demandé à l’administration d’étudier l’intérêt de développer des zones basses émissions en Wallonie. Pouvez-vous nous dire aujourd’hui où en est cette étude de faisabilité ? Quels paramètres sont à définir afin que les zones de basses émissions puissent apporter les effets escomptés ? Des évaluations de ces zones ontelles été réalisées dans d’autres villes d’Europe ? Si oui, quels en sont leurs résultats ? Travaillez-vous en collaboration avec vos homologues dans les autres Régions sur ce sujet ? Peut-on mesurer les impacts de telles zones en termes environnemental, mais aussi social, les utilisateurs devant revoir leur mode de consommation et de déplacement ? Ces zones seraient-elles permanentes ou périodiques ? Enfin, qu’en est-il des nouvelles normes européennes auxquelles les voitures devront répondre pour 2020 ? En quoi cela consistera-t-il ? Qu’est-ce que cela pourra impliquer ?

Réponse de M. Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bien-être animal : Madame la Députée, plus de 200 zones à faible émission sont recensées au travers de 12 pays européens. L’objectif est le même quel que soit le pays : réduire la pollution atmosphérique dans les villes. Intéressé par cette mouvance, j’ai demandé à l’Agence wallonne de l’air et du climat d’étudier l’intérêt de développer des zones basses émissions périodiques dans le cadre de la révision du plan d’action en cas de pics de pollution. En cas d’alerte de pics de pollution, il s’agirait, premièrement, de pouvoir identifier des zones dans lesquelles des mesures spécifiques seraient prises. Deuxièmement, il est question de zones de basses émissions permanentes au sein des grandes villes wallonnes. Le travail est en cours ; il est prématuré, à ce stade, d’en tirer des conclusions définitives sur le potentiel réel de développement chez nous. Il faut savoir que, dans certaines publications, l’effet observé dans de telles zones est très faible, voire très très faible. Si l’impact modélisé sur les émissions de véhicules est toujours significatif, l’effet sur les concentrations de particules fines et de dioxyde d’azote mesurées dans l’air ambiant est souvent plus limité. À Berlin, par exemple, la diminution des émissions de particules fines dans les zones de basses émissions est de l’ordre de 3 %. Afin qu’une zone de basse émission apporte les effets escomptés, elle doit être incluse dans un ensemble de mesures intégrant les différents aspects de la mobilité ainsi que de l’activité dans les centres-villes. J’ai ainsi demandé à l’agence de mener une approche globale pour la mise en place de ces zones. Il faut aussi réfléchir au dimensionnement de la zone, à la cible, à la nature et à l’importance des contrôles, ainsi qu’à la communication pour sensibiliser les citoyens. Il faut, par ailleurs, éviter des exceptions trop nombreuses. Concernant les impacts environnementaux et socio- économiques, il faudra prévoir des indicateurs en cas de mise en place des zones. Le comptage des véhicules concernés en fera partie. Enfin, c’est en 2018 que les nouvelles normes européennes seront d’application. Il reste encore des débats au niveau européen, essentiellement au niveau des procédures d’homologation des véhicules mis sur le marché, l’objectif étant de faire davantage correspondre les émissions réelles et celles obtenues sur les bancs d’essai. C’est clair que quand on lit ce que l’on nous promet en termes de consommation ou d’émission sur les véhicules, et quand, concrètement, on est sur le terrain avec un véhicule, il y a une différence parfois considérable.  Il est clair que cela contribuera à améliorer, globalement, la qualité de l’air, en bonne combinaison avec des mesures en matière de mobilité douce.

Réplique de Mme Waroux : Merci, Monsieur le Ministre, pour ces informations et ces démarches. D’expérience, quand on va dans ces villes où l’on a imposé ce genre de fonctionnement, il y a une qualité de vie que l’on doit aussi reconnaître. Ce sera le cumul de mesures qui nous permettra d’avancer. On compte dès lors sur vous pour intégrer une somme de mesures. Il n’y a pas que le CNG, il y en aura d’autres, comme les véhicules électriques. Il est extrêmement difficile, pour l’instant, de trouver des bornes de recharge. Il faudra additionner les mesures pour améliorer notre qualité de vie.

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