La Route Pairi Daiza

Question orale de Mme Waroux à M. Di Antonio, ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Mme Waroux (cdH)

Monsieur le Ministre, après des échanges assez vifs dans la région par rapport à ces sujets et notamment avec la télévision locale qui n’avait
pas, je trouve, relayé objectivement ce qui se passait sur le terrain, j’ai eu la satisfaction de voir le rapport d’InterEnvironnement Wallonie qui a remis un avis négatif dans le cadre de l’enquête publique sur la route Pairi Daiza.

La Fédération des associations environnementales dénonce l’inopportunité du projet de tronçon routier au regard de son impact néfaste majeur tant au niveau local que global, son inadéquation avec l’enjeu climatique et l’indispensable modification en profondeur du système de mobilité actuel qui est pointée.

Le caractère lacunaire de la notice d’évaluation des incidences est dénoncé. Cela fait bien longtemps que l’on dit que les documents d’évaluation des incidences sont incomplets et largement insuffisants, car la concrétisation du projet induira, selon InterEnvironnement Wallonie, des incidences locales dommageables sur les activités agricoles et sylvicoles, les émissions de gaz à effet de serre, que ce soit lors de la création du projet que lors de l’utilisation du tracé.

IEW déplore l’absence d’études de mobilité globale dans la région – on répète cela depuis des années – et adresse une série de recommandations pour décourager autrement la traversée des villages et encourager les moyens de transport alternatifs. Je rejoins mon collègue. Inter-Environnement Wallonie souligne qu’il existe un biais potentiel dans le soutien au projet routier par le parc lui-même, sachant que celui-ci trouve un intérêt
économique à soutenir l’accessibilité routière bénéficiant d’une rentrée financière de 7 euros par place de parking, qui devrait normalement passer à 8 euros, parking qui serait lui-même passablement élargi. À l’inverse, l’accessibilité ferroviaire ne permet pas au parc d’accroître ses ressources financières. Je reprends les termes d’Inter-Environnement Wallonie.

Enfin, l’utilisation de deniers publics au service du développement d’une entreprise privée pose question en
matière de bonne gouvernance.

Monsieur le Ministre, vos services ont-ils pris connaissance de l’avis de IEW ? En sera-t-il tenu compte ? Dans quelle mesure ? Partagez-vous certaines de leurs observations ? Une étude d’impact environnemental globale avec un volet mobilité sera-t-elle demandée à l’entreprise
privée ? Où en est ce dossier et quelles sont les prochaines
étapes ?

M. Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Madame la Députée, l’utilité d’une liaison par le nord du parc, parallèlement à une amélioration des accès par transports en commun, a été démontrée par une étude visant à mesurer et à analyser les flux de trafic autour du parc grâce aux données mobiles anonymisées des visiteurs.

En effet, ce sont 50 % des visiteurs du parc en provenance du nord qui, en l’absence de liaisons fortes, continueront à engorger le village de Gage,
principalement en période d’affluence touristique, et ce, malgré les diverses autres formules de mobilité en transports en commun, notamment.

Le dossier est actuellement en instruction de permis d’urbanisme par le fonctionnaire délégué. C’est donc assez difficile de vous en donner les détails, puisqu’il y a toujours des possibilités de recours ensuite par rapport à cela.

Mes services ont reçu copie du courrier que l’IEW a transmis dans le cadre de l’enquête publique aux trois communes de Lens, Brugelette et Ath et qui doit faire l’objet d’un examen dans le cadre de l’instruction de la demande de permis.

Je m’étonne quelque peu de la démarche sachant qu’Inter-Environnement Wallonie a été associé au dossier en amont de la demande de permis et qu’une réunion a notamment eu lieu en ses locaux le 25 juin 2018 dans les locaux d’IEW, en présence de tous les acteurs du projet.

La nouvelle voirie sera dotée de pistes cyclables sur le tronçon jouxtant la sortie du parc entre les deux premiers giratoires. Pour le reste, l’accent est mis sur l’utilisation des voiries et chemins locaux à faible trafic via un balisage s’appuyant sur le réseau de points nœuds Wapi mis en place. Il n’apparaît en effet pas opportun d’instaurer une cohabitation sur l’axe principal alors que des solutions locales plus conviviales existent. Mais, de nouveau, c’est le permis délivré, le cas échéant au travers des conditions, qui déterminera le projet précis qui sera mis en œuvre.

Je précise aussi que le parc est mis à contribution et prend en charge l’acquisition des terrains nécessaires. Il y avait une question sur une future extension du parc : il n’y a pas de dossier en recours pour l’instant sur cela.

Sur le permis tel qu’il doit être délivré, il y a effectivement trois phases dans la demande. Ce que je préconise, et on verra ce qu’en pense le fonctionnaire délégué, c’est que nous puissions réaliser une phase 1 et constater qu’elle serait sans doute suffisante. Tout le monde sera très heureux de constater que cette phase 1, le cas échéant, serait suffisante et, entre-temps, que le parc se soit réellement engagé à développer une alternative train et mobilité douce de manière à réduire l’usage de la voiture.

Le potentiel de la gare toute proche est clairement sous-utilisé. Je pense que, après la phase 1 et la mise en œuvre d’alternative en matière de mobilité, on pourra faire le point sur la manière dont se comportent les automobilistes.

Mme Waroux (cdH)

Je voulais remercier M. le Ministre. Il dit qu’Inter-Environnement était associé à certaines étapes de la discussion. J’avais eu des échanges avec des DGO2 qui a été associée ponctuellement, mais qui regrettait aussi que ce soit plutôt – maintenant tout le monde est marié – la Direction des routes qui prenne toujours les choses en main et pas assez avec cette notion de mobilité, comme on a toujours appris chez les conseillers en mobilité la
notion d’hélicoptère, c’est-à-dire de vue générale.

Vous dites que le parc prend en charge une partie des routes, l’acquisition n’est effectivement pas la partie la plus coûteuse de la phase. En plus, le problème est que cela crée un différentiel de coût des terrains agricoles qui pose problème localement.

Je suis entièrement d’accord avec vous – puisque j’ai fait le parcours à pied depuis la gare jusqu’au parc –, on a vraiment ce potentiel, comme vous le dites, qui est sous-utilisé. Cela ne va pas du tout. On a cette chance d’avoir à peine un kilomètre entre les deux ; en plus, avec des moyens de liaison qui pourraient réellement être facilités et même ludiques.

Je vous entends dire que la phase 1 pourrait-être suffisante et qu’elle comprendrait des pistes cyclables. Ce n’est pas ce que l’on nous avait expliqué sur le terrain lors d’une visite, mais je préfère vous croire.

Les phases 2 et 3 pourraient finalement se reporter sur la route régionale existante qu’il faut aménager. Je reprends les termes de mon collègue qui dit qu’il faut « exercer une influence positive ». Je ne comprends pas la suite de sa phrase, mais cela me paraît très important vis-à-vis des responsables du parc qui sont manageurs de l’année, qui sont toujours pris en exemple.

Pour qu’ils soient réellement manageurs de l’année, mais surtout manageurs de l’avenir, il s’agirait quand même de prendre une série de mesure qu’on leur recommande, mais qu’ils n’entendent pas forcément.

Je me suis permis des déclarations aujourd’hui vis-à-vis de collaboration avec le parc, on verra la suite. En tout cas, on y compte, il faut les impliquer davantage. On compte sur vous et sur vos successeurs. Serez-vous encore là pour les secouer et les influencer positivement ?

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