La sensibilisation du grand public à la provenance des vêtements contenant de la fourrure et aux conditions d’élevage

QUESTION ORALE DE MME WAROUX À M. DI ANTONIO, MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE, DE LA MOBILITÉ ET DES TRANSPORTS, DES AÉROPORTS ET DU BIEN-ÊTRE ANIMAL, SUR « LA SENSIBILISATION DU GRAND PUBLIC À LA PROVENANCE DES VÊTEMENTS CONTENANT DE LA FOURRURE ET AUX CONDITIONS D’ÉLEVAGE DANS LE CADRE DU RESPECT DU BIEN-ÊTRE ANIMAL »

Monsieur le Ministre, durant l’hiver dernier, nous avons vu malheureusement apparaître, dans les vitrines et boutiques de toutes gammes, ainsi que sur les marchés, une multitude de vêtements composés de fourrure, en tout ou en partie comme les encolures, les manches, les doublures.

L’idée reçue selon laquelle la vraie fourrure est hors de prix est erronée et on retrouve ainsi actuellement une majorité de marques qui présentent des pièces avec fourrure dont les productions sont principalement issues de pays lointains. Peaux de renard, de vison, de chinchilla, de raton laveur, de castor, de lapin, plumes de dindon ou autres : les consommateurs connaissent-ils la provenance de ces fourrures et plumages et les normes de bien-être auxquelles ces animaux sont soumis ? Rien n’est moins sûr. Même si l’étiquetage relève de la compétence fédérale, il est légitime que nous nous interrogions, en Wallonie où nous avons justement depuis peu voté l’interdiction d’élevage d’animaux pour leur fourrure, sur ces provenances et sur les conditions d’élevage et d’abattage. Outre la question de l’aspect éthique de ces pratiques, l’impact de la production de fourrure sur l’environnement serait également très important. Nous en avons déjà parlé lors de séances parlementaires précédentes. Entre les discours contradictoires émanant de groupes ayant un intérêt direct à influencer le destinataire dans un sens ou dans l’autre, le consommateur est réellement perdu, pensant tantôt que la fourrure est fausse, tantôt qu’elle est issue d’animaux élevés pour leur viande. Au vu des souffrances potentiellement endurées par ces animaux, ne conviendrait-il pas de pouvoir mieux informer le consommateur sur ses achats afin de lui donner enfin les moyens d’adapter son comportement en toute connaissance de cause ? À défaut de pouvoir régler cette question d’étiquetage sur notre territoire régional, pourrions-nous envisager, à tout le moins pour l’hiver prochain, l’organisation d’une campagne d’information et de sensibilisation dynamique vis-à-vis de nos consommateurs ? Nous gardons tous en mémoire, et vous sans doute aussi – certains plus que d’autres – les célèbres campagnes de sensibilisation contre la fourrure dans le prêt-à-porter, portée par des mannequins qui défilaient nues pour protester. Les fausses fourrures s’étaient alors multipliées dans les boutiques. Depuis, les mannequins ont renfilé les peaux de bêtes, les consommateurs et consommatrices aussi. Pouvez-vous nous transmettre les informations dont vous disposez à ce sujet ainsi que sur les mesures qui permettraient de limiter la consommation de fourrure ?

Réponse de M. Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bien-être animal : Madame la Députée, l’étiquetage des produits de fourrure et l’information sur ces produits relèvent, comme pour tous les autres produits mis sur le marché, du Service public fédéral Économie. La question de la commercialisation de produits de fourrure doit être abordée au niveau européen et dans une approche normative et contraignante. Je suis ainsi prêt à soutenir toute initiative européenne qui irait dans le sens d’une interdiction des élevages d’animaux principalement pour la fourrure en Europe, comme nous l’avons fait en Wallonie. Je suis aussi disposé à soutenir toute initiative européenne qui empêcherait que rentrent sur le territoire européen des produits issus d’élevage qui ne respecteraient pas des normes minimales garantissant le bien-être animal. Cependant, s’agissant d’une compétence fédérale, je n’ai malheureusement aucun pouvoir d’initiative à cet égard. Mener une campagne de sensibilisation dynamique pour inciter les consommateurs à ne plus utiliser des produits à base de fourrures d’animaux est opportun. Toutefois, il s’agit là d’une activité qui se comprend lorsqu’elle est organisée par les associations de défense des animaux, mais elle dépasse le rôle du Gouvernement wallon. La balle est plus du côté associatif. Tout ce qui concerne les normes de produits, informations et étiquetages est de compétence fédérale. On s’y heurte souvent dans ce domaine comme dans d’autres. Dans le domaine de l’alimentation, on a le même souci. On a des envies en matière d’étiquetage que l’on parvient difficilement à mettre en œuvre vu que la compétence est restée fédérale.

Réplique de Mme Waroux : Je savais bien et j’ai eu assez de mal pour poser cette question, l’étiquetage relevant de l’État fédéral, néanmoins pour la sensibilisation j’espère que d’ici l’hiver prochain vous pourriez peut-être reconsidérer la question de la sensibilisation. Les sociétés de défense des animaux peuvent certes prendre ces initiatives, mais si vous saviez les soutenir, merci.

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