La situation en Palestine

Question à M. Rudy Demotte, Ministre-Président, sur « la situation en Palestine ». Le vendredi 12 mai, une manifestation, notamment composée de membres de la Ligue des Droits de l’Homme, de l’Association belgo-palestinienne ABP et du CNCD-11.11.11, s’est rassemblée devant le Ministère des Affaires étrangères afin de réclamer une position courageuse de la Belgique quant au sort des prisonniers palestiniens, qui ont entamé une grève de la faim. Ils réclament des conditions de détention dignes pour ces prisonniers, tels que pouvoir voir leur famille deux fois par mois, bénéficier de soins de santé corrects ou arrêter le confinement isolé. Dans un état démocratique, même un détenu a des droits.

En outre, Marwan Barghouti, que nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer dans cette enceinte, fait partie des prisonniers grévistes de la faim. Cet homme représente un espoir pour beaucoup de Palestiniens, et pourrait potentiellement incarner une solution de paix durable, à condition de pouvoir sortir un jour de sa geôle.

Lors de ma dernière question à ce sujet, vous m’aviez assuré ne jamais manquer de rappeler l’importance du respect des normes internationales, dont le droit à un procès équitable, lors de vos échanges avec le Ministre des Affaires étrangères. Avez-vous eu l’occasion d’évoquer récemment la situation des prisonniers politiques palestiniens ? Si oui, quelle a été sa réponse ?
Vous m’assuriez également qu’au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles, une veille avait été mise en place quant à leur situation. Qu’en est-il aujourd’hui ? Quels sont les constats ?

Dans une autre réponse, l’été dernier, vous m’indiquiez que vous alliez sensibiliser à nouveau le Gouvernement fédéral quant à notre résolution de reconnaissance de la Palestine. Cela-a-t-il été fait ? Si oui, pouvez-vous m’informer de sa réponse compte tenu du fait que j’avais déposé, au Sénat, une résolution similaire mais que les partis de la majorité fédérale ont refusé de l’analyser ?

Réponse de M. Rudy Demotte, Ministre-Président.  La Palestine fait partie des pays prioritaires de la coopération de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Wallonie.

L’accord de coopération avec la Palestine, signé le 29 janvier 2001, va faire, sous peu, l’objet d’une procédure d’assentiment au sein des Parlements de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Wallonie puisque cette procédure n’a jamais été réalisée. Par ailleurs, la position du Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles visant à reconnaître formellement l’État de Palestine a été relayée auprès du Gouvernement fédéral.

Néanmoins, les actions de Wallonie-Bruxelles menées en Palestine s’inscrivent dans la ligne politique de la Belgique qui vise, en partenariat avec l’Union européenne, à soutenir une solution politique négociée entre les parties et fondée sur la coexistence de deux États, en plaidant notamment pour l’arrêt de la colonisation, mais aussi pour l’arrêt immédiat des violences de part et d’autre.

La situation des prisonniers politiques palestiniens qui vivent dans des conditions de détention indignes me préoccupe particulièrement.

Après 40 jours, les prisonniers palestiniens ont suspendu leur grève massive de la faim lancée le 17 avril 2017  et suivie par plus de  1000 prisonniers politiques palestiniens dans les prisons et les centres de détention en Israël. 80% des demandes des prisonniers ont été satisfaites après la grève par l’administration pénitentiaire israélienne. C’est une étape importante vers le plein respect des droits des prisonniers palestiniens en conformité avec le droit international. C’est aussi une indication de ce qu’est vraiment l’occupation israélienne qui refuse d’accorder aux prisonniers les droits élémentaires que leur garantit le droit international.

Signalons qu’Israël a été condamné à de nombreuses reprises par le Bureau des Nations Unies des Droits de l’Homme et le Comité des droits de l’homme qui supervise la mise en œuvre de la Convention internationale relative aux droits civils et politiques, qu’Israël a ratifiée.

La Fédération Wallonie-Bruxelles, est bien consciente de cette situation et condamne fermement toutes les mesures restrictives en matière de droit et de limitation des libertés prises par Israël.

Je ne manque jamais de rappeler l’importance du respect des normes internationales, lors de mes échanges régulier avec le Ministre des Affaires étrangères.

La Fédération Wallonie-Bruxelles est aussi bien consciente que toute réaction doit s’inscrire dans un cadre plus large, à savoir à travers les instances internationales telles que  l’Union européenne ou les organes de l’ONU. Des contacts au sein de ces organes seront menés en vue dénoncer ces abus.

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