L’abattage du bétail dans le pré, une alternative souhaitable ?

Question à M. Carlo Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal, sur « L’abattage du bétail dans le pré ». Dans un article récent, un éleveur wallon anonyme témoigne avoir pratiqué, illégalement chez nous, un « tir au pré », pour une de ses vaches. Il affirme avoir procédé à cette expérience par souci de « bien-être animal », et en arrive à la conclusion qu’il s’agit d’une pratique moins stressante pour les animaux. Ceux-ci éviteraient en effet le transport jusqu’à l’abattoir, ainsi que le stress inhérent à ce lieu. Dans le même article, Monsieur le Ministre se dit favorable à cette technique.

À l’heure où nous discutons beaucoup de mode de mise à mort dans les abattoirs, justement par souci de bien-être animal, la question mérite d’être étudiée. Toutefois, je suis curieuse de connaître l’opinion des associations œuvrant au bien-être animal à ce sujet…

Si, dans l’article en question, l’éleveur affirme avoir pris toutes les précautions, le fait de légaliser une telle pratique n’encourrait-il pas le risque d’abattages sauvages ou anarchiques ?

Pour éviter cela, quelles seraient alors les mesures de contrôle à mettre en place ?

Dans quelles conditions l’opération pourrait-elle avoir lieu ?

Par ailleurs, même s’il s’agit là d’un aspect différent de la problématique, qui n’est pas de la compétence de Monsieur le Ministre, comment contrôler l’aspect sanitaire ?

Un dialogue interministériel est-il initié sur ces questions ?

Réponse de M. Carlo Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal. Les avis convergent pour dire que la mise à mort des bovins par la technique du tir au pré augmente le bien-être des animaux abattus par rapport à l’abattage classique au sein d’un abattoir, car cela évite le transport de l’animal qui un gros facteur de stress, de même que le fait de quitter un endroit connu de l’animal.

Il existe cependant des freins à la pratique immédiate de ce type d’abattage, à savoir :

  • La législation européenne pour le bien-être des animaux ne prévoit pas d’utiliser cette technique pour les bovins bien qu’elle ouvre des possibilités au niveau national sur le sujet. Ainsi, l’Allemagne a déjà prévu la possibilité dans son arsenal législatif de déroger à l’obligation d’abattage des bovins dans un abattoir et pratique la mise à mort par le tir au pré ;
  • Les normes sanitaires fédérales qui imposent certaines contraintes dans le but de garantir la sécurité des consommateurs. Il s’agit de :
    • l’indispensable présence d’un vétérinaire qui assure l’expertise ante-mortem ;
    • la prise en charge du bovin tué dans des conditions sanitaires irréprochables pour la viande
    • une attention particulière pour la gestion des déchets tels que le sang.

Il existe donc deux possibilités :

  • Soit la carcasse est transportée vers un abattoir fixe ce qui demande une réelle coordination avec l’abattoir ;
  • Soit elle est prise en charge par une unité d’abattage mobile agréé par l’AFSCA se trouvant à proximité, ce qui n’existe pas encore en Wallonie.

Au vu de ces éléments, la possibilité d’utiliser cette technique pour les éleveurs wallons de bovins sera insérée dans le futur code wallon du bien-être animal, ce qui lèvera le premier écueil. Une concertation pourra ensuite se mettre en place entre le secteur et l’AFSCA pour envisager les possibilités de développer ce type d’abattage en Wallonie tout en garantissant l’aspect sanitaire et de traçabilité qu’est en droit d’attendre le consommateur.

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