L’aide humanitaire face à l’épidémie du virus Ebola

Question de Mme Véronique Waroux à M. Rudy Demotte, ministre-président, intitulée « Aide humanitaire face à l’épidémie du virus Ebola »

Mme Véronique Waroux : Le virus Ebola fait dramatiquement parler de lui depuis plusieurs mois, par l’ampleur de l’épidémie en Afrique de l’Ouest. Qu’en est-il de l’aide humanitaire d’urgence aux pays les plus atteints par le virus, à savoir le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée ?

En août dernier, la Communauté germanophone a débloqué 10 000 euros pour soutenir Mé- decins sans frontières dans sa lutte contre l’épidé- mie. En septembre, la Flandre a suivi le mouvement en versant 250 000 euros pour l’intervention de MSF au Liberia, ce qui a permis de distribuer 50 000 kits de protection et de désinfection, de soutenir les victimes, leurs familles et le personnel médical qui travaille dans des circonstances pénibles au péril de sa vie. Les entités fédérées ne sont pas compétentes en matière d’aide humanitaire, mais bien le fédéral et son ministre de la Coopération au développement. Je constate qu’aucun crédit n’est inscrit au budget, mais nous ne pouvons rester indifférents à la souffrance humaine. Tout comme les désastres causés par les catastrophes naturelles et prompts à susciter des élans de générosité, l’expansion de ce  virus meurtrier requiert une aide humanitaire d’urgence. S’impliquer comme nos collègues flamands et germanophones ne permettrait-il pas à la Fédération Wallonie-Bruxelles d’être présente sur la scène internationale ?

Réponse de M. Rudy Demotte, ministre-président : Madame Waroux, à l’heure où je réponds à votre question, le nombre de morts est déjà assez pré- occupant puisque quelque cinq mille décès ont été constatés pour environ vingt mille personnes affectées par le virus Ebola. Cette épidémie est une catastrophe pour les populations touchées. Elle constitue également une menace pour les systèmes de santé et pas seulement à l’échelon du continent africain. J’ajouterai que c’est également un risque pour l’humanité dans la mesure où plus le réservoir viral est large, plus le virus peut trouver des voies d’accès, de multiplications ou de recombinaisons. L’ancien ministre de la Santé que je suis est évidemment extrêmement attentif à cette épidémie. La région touchée et menacée comprend essentiellement la Guinée, la Guinée-Bissau, le Libéria, la Sierra Leone, le Sénégal, le Nigeria, le Mali et la Côte d’Ivoire, soit près de deux cent cinquante millions de personnes. Le seul point positif à ce stade est que, selon l’Organisation mondiale de la Santé, le virus aurait été éradiqué au Sénégal ainsi qu’au Nigeria. Comme vous l’indiquez dans votre question, les entités fédérées ne sont pas compétentes en matière d’aide humanitaire. Nous n’intervenons que sur des aspects plutôt secondaires. Les Régions ont néanmoins quelques lignes budgétaires qui leur permettent d’intervenir en faveur de causes humanitaires. La Wallonie a ainsi dégagé, un budget de 195 000 euros pour Médecins sans frontières dans le cadre de la crise Ebola. Le gouvernement de la Fédération WallonieBruxelles suit avec attention l’évolution de la propagation du virus Ebola. Cette vigilance est bien entendue accrue dans les pays où nous avons du personnel. Nous suivons avec la plus grande attention les instructions émises par les ambassades de Belgique et les recommandations générales de l’Organisation mondiale de la Santé. Aucune réunion de crise n’a été convoquée jusqu’ici pour les pays avec lesquels nous menons une coopération étroite. Mais il est vrai que les rares cas détectés se situent dans des zones éloignées des lieux de travail et de ré- sidence de notre personnel. En République démocratique du Congo, des cas ont certes été répertoriés en province d’Équateur et un seul au Sénégal à Dakar, qui a d’ailleurs été soigné voici plusieurs semaines et n’a donné lieu à aucune contagion. Nous suivons cette question avec beaucoup d’intérêt et d’inquiétude en tant que citoyens du monde et membres de gouvernement.

Réplique de Mme Véronique Waroux : Nous sommes touchés par cette question. Le ministreprésident wallon a aussi été interrogé à ce sujet. On a peur de voir cette maladie débarquer chez nous. Mais c’est aussi une question de solidarité. Nous avons donc intérêt à intervenir sur place. L’intervention, même modeste, de la Communauté germanophone pourrait être une source d’inspiration pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Monsieur le ministre-président, je ne doute pas que vous répondrez à toute sollicitation de Médecins sans frontières ou d’une autre organisation nongouvernementale.

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