L’avenir de l’élevage

Question écrite de Mme Véronique Waroux à M. René Collin, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme et du Patrimoine

Mme Waroux (cdH)

Dernièrement, le Forum économique mondial (WEF) a indiqué que renoncer au bœuf au profit d’autres
sources de protéines pourrait sauver des millions de vies et réduire spectaculairement le volume des gaz à
effet de serre.
L’étude réalisée pour le WEF par l’Oxford Martin School, une unité de la célèbre université britannique, a
démontré que 2,4 % des morts causées dans le monde par l’alimentation, et même 5 % dans les pays riches
friands de viande bovine, pourraient être évitées en réduisant la consommation de viande en général, et de
bœuf en particulier.
Par ailleurs, il semble également difficile de nier l’émergence de tendances lourdes comme le végétarisme
ou d’initiatives comme l’appel à un « Lundi vert sans viande ni poisson » signé récemment par plusieurs
centaines de personnalités chez nos voisins français.
Dans ce contexte, comment Monsieur le Ministre envisage-t-il l’avenir pour le monde de l’élevage ?
Quelles orientations lui donner pour aborder le virage inéluctable vers une réduction de la consommation, et
donc de la production, de viande, bovine notamment ?
Les études démontrent la plus-value environnementale d’une viande produite localement par rapport à une
production à grande distance : quelles actions vont être mises en œuvre afin de sensibiliser le public à cette
plus-value et ainsi l’inciter à consommer plus local ?
Comment éduquer la population à consommer moins de viande, mais de meilleure qualité et produite
localement : actions concrètes, sensibilisation dans les écoles… ?
Comment, au travers des politiques européennes, réduire les importations de viande produites dans d’autres
régions du monde et selon des standards très éloignés des nôtres ?
Question écrite
À la faveur notamment de la réflexion sur les enjeux climatiques, le débat sur l’avenir de nos élevages
reflète des amalgames injustes et détourne aujourd’hui notre attention de la réalité et des spécificités de notre
élevage wallon. Le focus mis sur la question de la viande ne reflète pas de façon proportionnelle les causes

M. Collin, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme et du Patrimoine

Sans vouloir remettre en cause la rigueur scientifique mise en œuvre par l’Université d’Oxford, ces
amalgames et généralisations sont indéniablement portés en germe par l’étude « Meat: the Future series –
Alternative proteins » réalisé pour le WEF (World Economic Forum) par l’Oxford Martin School. Il y est
question de la possibilité de remplacer les aliments d’origine animale par d’autres sources alternatives de
protéines. Nous y constatons des simplifications et généralisations qui ne reflètent pas les spécificités du
territoire wallon. Cette étude ne prend par exemple pas en compte la valorisation des prairies comme puits
de carbone et source de biodiversité. Et effectivement, dans une perspective wallonne, il serait plus cohérent
d’organiser une initiative « Lundi vert avec produits locaux » que « Lundi vert sans viande ».
On ne peut nier que le secteur de l’élevage connait des difficultés économiques. J’ai donc demandé au
Collège des Producteurs de travailler sur des plans de développement au bénéfice de l’élevage. J’ai déjà
approuvé un plan pour l’aviculture dans lequel nous visons un développement basé sur 90 % de modèles de
productions alternatifs. Un plan est actuellement en finalisation pour la viande bovine. Il sera suivi par un
plan relatif à l’élevage porcin.
L’élevage réalise déjà plusieurs efforts visant améliorer sa durabilité : développement des circuits courts,
augmentation de l’autonomie fourragère, utilisation de coproduits d’autres filières et substitution aux
aliments importés tels que le soja par le lin et le colza.
En matière de sensibilisation à la consommation locale, l’Agence wallonne de Promotion d’une Agriculture
de Qualité (APAQ-W) mène et développera ses actions pour encourager une alimentation locale et durable
basée sur des produits frais et de saison. Elles tourneront autour de plusieurs axes de communication :
approvisionnement en circuit court, repas faits maison, produits artisanaux, réduction du gaspillage
alimentaire, assiette équilibrée, etc. Des actions telles que « Viande de chez nous » et le hashtag
« #jecuisinelocal » mettront en valeur la viande wallonne. Parallèlement, les cellules d’information du
Collège des producteurs poursuivent leur travail d’information sur les questions polémiques afin de
recontextualiser celles-ci auprès du grand public.
En matière d’importations, la commercialisation des viandes, indigènes ou importées, doit être réalisée sur
base d’un étiquetage transparent qui mentionne clairement l’origine des produits. L’objectif est de renforcer
la part de viandes wallonnes dans la grande distribution, dans la restauration collective et dans l’Horeca,
mais aussi de sensibiliser le public à consommer local.

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