Le développement d’une nouvelle filière porcine belge bio

Question écrite de Mme Waroux à M. Collin, ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région

Mme Waroux (cdH)

Depuis plusieurs années, les produits issus de l’agriculture biologique connaissent un succès croissant auprès des consommateurs, ce dont on ne peut que se réjouir. L’enjeu essentiel est aujourd’hui de développer des filières qui permettent d’assurer la valorisation de ces productions et de les proposer aux consommateurs. Aujourd’hui, trop de produits bio sont encore importés d’autres pays afin de répondre à la demande en Belgique, des parts de marché peuvent être gagnées.

Quatre acteurs du monde bio négocient, depuis un an et demi, la mise sur pied d’une filière intégrant tous les maillons de la chaîne de production de viande de porc. L’objectif est de donner une plus grande visibilité à une production différenciée et valoriser la production. Vu la complexité et l’ampleur du dossier, la filière ne devrait pas voir le jour avant un à deux ans. Une fois la filière lancée, les initiateurs espèrent que d’autres magasins se joindront au mouvement.

Monsieur le Ministre a-t-il pu prendre connaissance de ce projet ?

Ses services ont-ils été sollicités par les initiateurs de ce projet, afin d’apporter leur expertise ou les soutenir financièrement ?

Comment les acteurs wallons déjà actifs dans le secteur du porc bio se positionnent-ils par rapport à ce projet ?

La filière porcine wallonne est déjà bien organisée et leur production est valorisée par des coopératives telles que PQA et Coprobio.
Comment cette nouvelle filière pourra-t-elle s’intégrer dans le paysage déjà en place ?

M. Collin, ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région

La filière porcine wallonne se redynamise effectivement ces dernières années après avoir connu un léger recul depuis 2010. La filière bio wallonne comptait 57 éleveurs de porcs bio en mai 2018. Ceci représente environ 2 % de l’ensemble des porcs en Wallonie. Il est vrai que la plupart des filières de commercialisation sont toujours importatrices de porcs bio provenant d’autres États membres de l’Union européenne (Pays-Bas principalement, Allemagne et Luxembourg). Le secteur bio wallon importe en moyenne pour l’ensemble des filières un tiers des porcs abattus. La demande du marché bio est à la hausse et la production actuelle ne permet pas d’y répondre, d’où le recours aux importations.

Le développement de la filière porcine bio est donc un enjeu stratégique important pour la Wallonie et pour le secteur bio. Plusieurs acteurs sont soutenus pour progresser dans cet objectif.

Premièrement, j’ai accordé à l’Union nationale des agrobiologistes belges (UNAB) dès 2016 une double subvention visant, d’une part, à redynamiser la filière du porc bio en Wallonie par le biais de la création d’un Groupement de producteurs et, d’autre part, pour développer ce « Groupement de producteurs (GP) porcs bio » selon quatre axes principaux : la formation, la planification, la commercialisation et la communication. En 2017, le « GP porcs bio » de l’UNAB s’est allié avec la coopérative d’alimentation Bio Färm dans l’objectif de construire une filière de production et de distribution de porc bio wallon équitable. La capacité du « GP porcs bio » est aujourd’hui de 25 à 30 porcs/semaine et ils pourraient atteindre 50 porcs/semaine.

Cependant, il ne faut pas cacher les difficultés que rencontrent les démarches de valorisation aujourd’hui. Suite à la crise VeViBa, tous les ateliers de découpe et de transformation bio de dimension intermédiaire, qui pouvaient travailler avec les volumes adaptés à la filière, sont en exploitation maximale. De plus, compte tenu du contexte lié à la peste porcine africaine, les producteurs ne souhaitent pas se lancer actuellement dans un projet de vente au détail et préfèrent maintenir leur fonctionnement actuel avec la vente de carcasses ou de demi-carcasses. Dans le but de renforcer le secteur, j’ai attribué des moyens supplémentaires à l’Association wallonne de l’élevage (AWE) afin d’engager un conseiller supplémentaire pour assurer un encadrement technique des producteurs de porcs de qualité différenciée, notamment de porcs bio.

D’autre part, outre les coopératives Porc Qualité Ardenne (PQA) et Coprobio qui semblent bien se développer, j’ai bon espoir que des projets de halls relais agricoles impliquant des producteurs de porcs bio soient sélectionnés dans le cadre de l’appel à projet actuellement en cours et puissent se mettre en œuvre en Wallonie.

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