Le financement de la formation apicole

Question écrite du 09/03/2015 à M. René COLLIN, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Infrastructures sportives, délégué à la Représentation à la Grande Région

Les fédérations apicoles de Wallonie sont inquiètes de l’évolution des budgets consacrés à la formation apicole. Selon les informations qui me parviennent, l’administration wallonne annonce que les budgets ne permettront pas d’honorer les demandes de paiement introduites auprès de la DGO6 pour les années 2013-2014 et suivantes.

Le Plan Maya, initié par les prédécesseurs de Monsieur le Ministre, Benoît Lutgen et Carlo Di Antonio, a donné un formidable élan à l’apiculture et a été à l’origine d’une véritable prise de conscience du grand public qui a pris fait et cause pour l’abeille et pour la biodiversité en général. Cet engouement du public s’est traduit par une augmentation substantielle des demandes de formation en apiculture. Ainsi, le nombre d’élèves inscrits chaque année, pour la seule Fédération apicole du Hainaut, est passé d’environ 150 en 2007 à plus de 270 en 2014.

Malgré la création, en Hainaut toujours, de deux ruchers-écoles (l’un en 2010, l’autre en 2013), chaque année beaucoup de candidats doivent être refusés faute de place.

Cette situation est largement comparable dans toutes les Provinces wallonnes.

La rémunération des conférenciers est, plus qu’une source de revenus, un moteur vital pour les ruchers-écoles qui fonctionnent également avec beaucoup de bénévolat. L’apiculteur wallon, grâce au dynamisme des ruchers-écoles, est parmi les mieux formés d’Europe. Avec la diminution des subventions, le nombre d’élèves acceptés devra être revu à la baisse. Or, ne pas répondre à la demande actuelle de formation en apiculture risque de pousser plusieurs nouveaux apiculteurs à détenir des colonies d’abeilles sans qu’ils disposent des connaissances leur permettant de s’en occuper correctement. Cette situation risque de provoquer des problèmes sanitaires supplémentaires au sein des ruchers et une recrudescence des problèmes de mortalité déjà très importants en Wallonie.

Les ruchers-écoles forment des apiculteurs dans toute la Wallonie et permettent de ce fait à l’entièreté du territoire wallon de bénéficier de la pollinisation cruciale pour le maintien de la biodiversité. La réduction des subventionnements risque de provoquer la fermeture de ruchers-écoles situés dans des zones moins peuplées de Wallonie, mais où le besoin de pollinisation est peut-être le plus important !

Je rappelle à Monsieur le Ministre que la valeur de la pollinisation des cultures par les insectes est estimée à près de 10 % de la valeur économique de l’ensemble de la production alimentaire mondiale. La valeur économique de la pollinisation des espèces sauvages est, elle, inestimable. En soutenant l’apiculture, c’est l’agriculture et la biodiversité qu’il soutient.

Dès lors, Monsieur le Ministre peut-il rassurer les apiculteurs quant à sa volonté de continuer à soutenir leur action en leur donnant les moyens financiers nécessaires ? Quelle est l’évolution du budget consacré à la formation dans les ruchers-écoles ?

Réponse du 31/03/2015 de M. René COLLIN, Ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme et des Infrastructures sportives, délégué à la Représentation à la Grande Région

L’encadrement et la formation des apiculteurs sont essentiels.
Dès mon entrée en fonction, j’ai veillé à dégager les budgets nécessaires au bon déroulement de la formation agricole dont la formation apicole fait partie. Ces budgets ont permis de respecter les engagements pris par l’administration face aux centres de formation agréés. C’est ainsi que toutes les demandes de paiement pour les formations agréées dispensées ont été honorées, malgré le nombre important de demandes parvenues à l’administration ces quatre dernières années.

Concernant la part dédiée à la formation apicole au sein des budgets annuels globaux consacrés à la formation en agriculture, elle représente 24,35 % en 2011-2012, 20,30 % en 2012-2013 et 30,86 % en 2013-2014.

La réforme de la PAC et les nouvelles règles relatives au financement nous imposent des modifications concernant la formation professionnelle en agriculture et un nouvel arrêté relatif à celle-ci est en préparation.

Je souhaite, comme l’honorable membre, souligner le bilan et la dynamique des actions en faveur des insectes pollinisateurs et donc assurer la pérennité de notre agriculture et redéployer notre biodiversité. Citons par exemple les initiatives dans le cadre du Plan Maya que cite l’honorable membre, mais aussi celles mises en place dans le cadre du réseau Wallonie nature qui permettent d’augmenter les milieux favorables, comme, par exemple, l’opération fauchage tardif du bord des routes.

Ma volonté est d’utiliser différents leviers afin de soutenir les apiculteurs.

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