Le gaz de schiste et le gaz de houille en Wallonie

QUESTION ORALE DE MME WAROUX À M. DI ANTONIO, MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE, DE LA MOBILITÉ ET DES TRANSPORTS, DES AÉROPORTS ET DU BIEN-ÊTRE ANIMAL, SUR « LE GAZ DE SCHISTE ET LE GAZ DE HOUILLE EN WALLONIE »

Monsieur le Ministre, par différents recoupements, nous savons qu’il y a du gaz de schiste en Belgique, même si, faute d’études à ce sujet, nous ne connaissons pas la quantité et la qualité de celui-ci. En Wallonie, vu notamment, le fait que notre territoire soit si densément peuplé, certaines poches s’avèrent, en réalité, être difficiles à exploiter.

Dans les faits, il est vrai que le mode d’extraction et la rentabilité économique du gaz de schiste font débat dans de nombreux pays, comme chez nous. On le sait pourtant, les États-Unis se sont lancés, depuis de nombreuses années, dans l’exploitation du gaz de schiste. Récemment, le Gouvernement français disait non à une nouvelle méthode d’exploration, méthode alternative à la fracturation hydraulique. Cette dernière méthode fut interdite en France en raison des dégâts environnementaux associés à cette technique. La nouvelle technologie dont question utiliserait un gaz, le fluoropropane, pour fracturer les couches de roche, afin d’atteindre les poches de gaz naturel. Une injection qui se ferait sans eau, ni additif chimique. Le problème est que ce gaz a un effet de serre important, et risque alors de polluer sous-sol et nappes phréatiques. Avez-vous eu vent de cette méthode ? Quel est votre constat par rapport à cette technologie nouvelle utilisant ce gaz ? Quelles sont les conséquences écologiques et environnementales ? En Wallonie, aucune action réelle en matière de gaz de schiste n’a été menée à bien, si je ne me trompe, jusqu’à présent. Pouvez-vous, aujourd’hui, avancer plus d’informations quant au potentiel wallon en matière de gaz de schiste ? Je profiterais aussi de cette question pour faire le point sur une autre ressource fossile identifiée chez nous, le gaz de houille qui serait, a priori, plus facilement exploitable. Il y a quelques mois, vous avez annoncé réunir une task force rassemblant les universités, les administrations et quelques acteurs majeurs dans ce domaine, afin d’étudier la valorisation de cette ressource naturelle et pour traiter les différents aspects : scientifiques, juridiques et administratifs. Qu’en est-il du travail de cette task force ? Où en est-elle dans ses travaux ? A-t-elle déjà rendu des conclusions ? Si oui, quelles sont-elles ?

Réponse de M. Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bien-être animal : Madame la Députée, concernant le potentiel d’exploitation du gaz de schiste en Wallonie, indéniablement, la Wallonie renferme du méthane sous forme de gaz de schiste. Les géologues privilégient plusieurs sites potentiels de gaz de schiste, en particulier dans les couches de la base du Namurien, dans les provinces de Liège et de Hainaut. La quantité de méthane récupérable dépend de la taille du réservoir, des méthodes d’extraction, ou encore du potentiel d’implantation en surface de nombreux puits de captage. À ce jour, il est toujours vain de vouloir chiffrer les réserves disponibles. En Wallonie, pour le moment, l’intérêt des industriels pour cette ressource est assez faible. Les cours actuels des hydrocarbures sont assez bas, et rendent de tels développements industriels difficiles à équilibrer économiquement. Dans d’autres régions du monde, où le potentiel d’exploitation du gaz de schiste est bien plus élevé que chez nous, ce type d’exploitation est abandonné ou en régression. À titre d’exemple, aux USA, les investissements dans cette technologie sont en net recul depuis la fin de l’année 2014. Des recherches ont été menées par des institutions universitaires belges et étrangères, notamment entre Andenne et Liège, là où le schiste Namurien ciblé apparaît à la surface du sol. Leurs conclusions sont assez mitigées quant à la possibilité d’extraire du gaz de schiste de ces couches. Vous faites référence à la fracturation par fluoropropane. Cette technique par injection gazeuse a été présentée comme alternative à l’injection hydraulique très décriée, mais son coût de fabrication limite son utilisation pour une exploitation rentable du gaz de schiste. Il représente également un impact significatif sur l’environnement, en cas de fuite dans l’atmosphère. Par contre, en ce qui concerne le gaz de houille, le gaz de mine, je ne reviendrais pas sur l’intérêt potentiel d’exploitation du gaz de mine ou du gaz de houille. Nous en avons déjà discuté longuement dans cette commission. Un premier captage de gaz de mine devrait, dans un proche avenir, être mis en production à Anderlues, sur le site de l’ancien réservoir Distrigaz, par un opérateur privé. Ce gaz servira à alimenter un générateur électrique. Le rapport final du Département des permis et autorisations du SPW concernant ce dossier doit être 17 P.W.- C.R.I.C. N° 116 (2014-2015) – Lundi 20 avril 2015 bouclé dans les semaines à venir, et m’être transmis pour décision. À l’heure actuelle, une seule demande de permis d’exploration de gaz de houille a été déposée à l’administration de la Région wallonne. Ces recherches concernent une large zone située au sud de la Faille du Midi, dans la Province de Hainaut. Malheureusement, le dossier évolue peu. C’est le faible coût de l’énergie actuel qui fait que ces projets sont un peu retardés ou ralentis. La task force à laquelle vous faites référence est maintenant constituée. Il s’agit d’une quinzaine de personnes issues du monde de la recherche, de l’administration et de l’industrie. Sa mission est notamment d’évaluer la pertinence de ces projets. Les sommes à y consacrer sont importantes et relèvent de l’initiative d’investisseurs privés. Le rôle de cette task force et de l’administration est de mettre tout en œuvre pour favoriser l’éclosion de ces projets dans un but de développement économique de notre région. Se pose notamment la question des permis, ainsi que des concessions, puisque certains des sites potentiels sont encore couverts par des concessions minières.

Réplique de Mme Waroux : Je remercie M. le Ministre pour cette réponse très complète. Je sais que des universités ont cela sous la dent, en tout cas concernant le gaz de houille. C’est rassurant du côté du gaz de schiste, car il est vrai que l’une ou l’autre méthode ne semble pas favorable à l’environnement, même si c’est une solution énergétique à court terme. En matière de gaz de houille, il y aura d’autres échanges entre nous à partir de discussions avec les universités.

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