Le pacte sur l’eau

Question à M. Carlo Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bien-être animal, sur « Le Pacte sur l’eau ». Monsieur le Ministre, la Conférence de Paris sur le climat consacre une partie de ses travaux sur le thème de l’eau et de son adaptation aux changements climatiques. Ce fut l’occasion de présenter et de proclamer ce que l’on appelle le « Pacte de Paris sur l’eau et l’adaptation au changement climatique dans les bassins des fleuves, des lacs et des aquifères ».

Les signataires de ce pacte peuvent être des gouvernements, organisations internationales, autorités locales, entreprises ou associations. Ils s’engagent, entre autres, à renforcer les capacités et les connaissances, à adapter la planification et la gestion par bassin au changement climatique ou à assurer un financement adéquat. En Belgique, la Compagnie intercommunale liégeoise des eaux a signé ce pacte. Pouvez-vous nous dire ce qu’il en est des autres compagnies, autorités locales, entreprises ou associations, de notre Région ? Une campagne d’information et de sensibilisation est-elle prévue afin que d’autres organismes et entités signent également ?

Les réserves d’eau en Wallonie ne sont pas réparties équitablement géologiquement. Cet été 2015 l’a démontré avec la mise en place de périodes de restriction de la consommation d’eau pendant les canicules dans certaines zones. Si nous sommes loin de craindre des scénarios catastrophiques comme en connaîtront les pays du sud, pouvons-nous évaluer les impacts qu’auront chez nous ces changements climatiques annoncés ? Y a-t-il des études existantes à ce sujet et déjà des adaptations et des planifications annoncées ?

Réponse de Carlo Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bien-être animal. Madame la Députée, l’eau est un enjeu majeur au sein des négociations sur le climat, mais est également reconnue comme un des 17 objectifs de développement durable pour l’agenda 2015-2030 adopté par les Nations unies à New York en septembre dernier.

Ce Pacte sur l’eau s’inscrit dans ce contexte et est une initiative du Réseau international des organismes de bassins afin de mobiliser les acteurs désireux à s’engager à la COP21. Sur ma proposition, le Gouvernement a approuvé le 19 novembre dernier le contenu de ce pacte de Paris sur l’eau et il m’a chargé, avec le ministre-président, de le ratifier. Aquawal et la SPGE l’ont également signé. Quant aux conséquences du changement climatique en matière d’eau, et même si nous ne serons pas les plus touchés, elles se feront et se font déjà sentir en termes de sécheresse et d’inondation, et pour les régions côtières de hausse du niveau des mers. Cela nécessite d’adapter notre gestion des ressources en eau.

Ainsi, le réchauffement climatique est pris en compte dans les plans de gestion par districts hydrographiques, les PGDH, et dans les plans de gestion des risques d’inondation, les PGRI, actuellement soumis à enquête publique. Cette prise en compte constitue une obligation européenne. En particulier, dans le cadre du schéma régional des ressources en eau, afin de pallier des périodes de sécheresse, des travaux d’interconnexion des réseaux sont entrepris. La première phase de ceux-ci représente un budget de 250 millions d’euros pour environ 300 kilomètres de conduites et la sécurisation de 787 000 raccordements d’ici 2023.

Par ailleurs, sur base d’une actualisation des périodes de retour des pluies, les méthodes de calcul relatif au dimensionnement des ouvrages induisent des augmentations de taille des canalisations d’eaux pluviales et d’assainissement, des déversoirs d’orage, des bassins d’orage, des zones de rétention temporaire, avec des conséquences financières parfois importantes à la clé. À ce propos, une importante étude, menée par Aquawal et la SPGE, est en cours sur la gestion des ouvrages d’assainissement par temps de pluie.

Réplique de Véronique Waroux. Merci pour ces informations. Vous nous avez bien informés de choses que j’ignorais. Le fait que la société intercommunale liégeoise, Aquawal-SPGE, ait signé le pacte montre que l’on pourrait aussi inciter d’autres acteurs du milieu à être sensibilisés. De plus, votre approche déjà climatique, puisque c’est une dimension qu’il faudra intégrer dans toute une série de paramètres, nous voyons à travers cette révision et cette étude des ouvrages des différentes mesures à prendre en matière de protection des eaux. Je découvre que cela avance bien. Cette fameuse dimension climatique, nous y reviendrons certainement sur différents autres aspects.

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