Le passage à deux bandes de la chaussée de Bruxelles à Tournai

QUESTION ORALE DE MME WAROUX À M. PRÉVOT, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS, DE LA SANTÉ, DE L’ACTION SOCIALE ET DU PATRIMOINE, SUR « LE PASSAGE À DEUX BANDES DE LA CHAUSSÉE DE BRUXELLES À TOURNAI »

Question de Madame Véronique Waroux:

Monsieur le Ministre, je vous confirme bien que le nouveau marquage au sol sur l’un des axes d’entrée principaux de Tournai pose d’importants embarras de circulation. Effectif depuis la mi-août, le passage de quatre à deux bandes, une dans chaque sens de roulage, de la chaussée de Bruxelles se révèle encore plus problématique depuis la rentrée scolaire. Je peux témoigner de son encombrement, les embouteillages se forment en heure de pointe depuis la sortie d’autoroute sur près de 2,5 kilomètres. Le temps de parcours, jusqu’à une demi-heure, je l’ai testé, est totalement déraisonnable pour une ville de la taille de Tournai, loin d’être comparable à Bruxelles. La grogne, tant des automobilistes que des riverains, se manifeste notamment sur les réseaux sociaux, où une page dénommée « Contre le rétrécissement de la chaussée de Bruxelles à Tournai » compte déjà plus de 1 600 adhérents. L’argumentation du SPW en faveur de ce rétrécissement est sécuritaire : une vitesse modérée, des passages pour piétons et des pistes cyclables sécurisées. Or, il semblerait que les moyens mis en oeuvre ne rencontrent pas ces objectifs, certes très louables. Les automobilistes, excédés par l’encombrement, adoptent un comportement dangereux en franchissant, par exemple, la ligne continue, en dépassant par la droite, sur la piste cyclable. De plus, les cyclistes, par ailleurs, très peu nombreux dans cette zone faiblement peuplée, traversent la bretelle d’accès des automobilistes vers l’autoroute et se mettent réellement en danger. En tout état de cause, la mesure semble disproportionnée. Le citoyen a le sentiment qu’il s’agit d’un plan conçu dans des bureaux par des personnes éloignées de la réalité du terrain, dont l’effet pervers est de créer de nouveaux problèmes. Il a conscience de la nécessité de réduction de la vitesse, de sécurisation des passages pour piétons et de la promotion de la mobilité douce, mais dénonce cette mesure drastique prise au détriment de navetteurs non responsables des dérives de certains fous du volant. De plus, cette mesure réduit l’attractivité de Tournai, en augmentant significativement le temps d’entrée dans la ville. La mesure a été annoncée comme provisoire, en test, pour une durée de six mois. Il me semble, Monsieur le Ministre, qu’elle mériterait d’être corrigée rapidement. Il conviendrait que les experts en voiries de la DGO1 réfléchissent au plus vite à une solution qui n’opposerait pas sécurité et mobilité. Des corrections sont-elles à l’étude ?

 

Réponse de M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine:

Mesdames les députées, merci. Soyez rassurée, Madame Durenne, à chaque fois que nous avons l’occasion de nous réunir ce fut toujours très constructif. Les aménagements que vous évoquez toutes les deux visent à mettre en oeuvre le fameux Plan communal de mobilité de la Ville de Tournai. Ce PCM est une initiative communale qui réunit différents acteurs locaux et régionaux de la mobilité, dont évidemment la DGO1 du SPW fait partie. Ce n’est donc pas une initiative de ma seule administration, soyons clairs. Il y a des interrogations, le cas échéant, à retourner vers les choix portés par la ville. Les objectifs de ce plan sont entre autres d’organiser les déplacements en termes de hiérarchisation, de mise en réseau, d’interconnexion, de réglementation, de promouvoir la mobilité de proximité – pensons à la marche et au vélo – et de faciliter la mobilité des personnes à mobilité réduite, et limiter la pression automobile. Ce sont les trois grands objectifs de ce projet de PCM qui ont été validés tant par les autorités locales que régionales dans un bon partenariat. Les aménagements sur la chaussée de Bruxelles sont une étape dans la mise œuvre de ce PCM. Beaucoup d’aménagements complémentaires restent évidemment encore à faire, tant dans le chef du gestionnaire de voirie – qu’il s’agisse de la commune ou bien du SPW – que des TEC, par exemple, tout l’enjeu des bus. J’entends bien qu’il y aurait actuellement des difficultés sur la chaussée de Bruxelles, je souhaite néanmoins laisser un peu de temps au temps avant de statuer de manière définitive sur l’opportunité d’adapter ou non l’aménagement en une bande de circulation. Si vous m’autorisez une petite digression, dans une ville qui m’est chère, j’ai connu un débat similaire pour la chaussée de Louvain qui est une voirie régionale pénétrante dont les bandes ont également été réduites – ce qui n’a pas toujours été compris, au départ, par les concitoyens – qui génère d’ailleurs encore quelques grincements de dents, mais qui, en termes de mobilité, avait été conçue pour favoriser un report de charges pénétrantes dans la ville sur une autre voirie, la chaussée de Hannut, en l’occurrence, avenue Albert Ier, que vous êtes peut-être nombreux à emprunter, lorsque vous gagnez le Parlement. C’est vrai que c’est toujours une contrainte qui n’est pas toujours comprise, si l’on n’a pas une vue hélicoptère. Je postule que c’est dans le même cadre de réflexion que cette mesure a été envisagée. La situation de la chaussée, on le sait, est complexe. Avec notamment la présence d’un passage pour piétons pour accéder à une école, qui oblige à passer par un compromis entre mobilité et sécurité des élèves et du corps enseignant. J’ai eu l’occasion de parcourir l’un ou l’autre article de presse, il y a quelques semaines, dernier jour même, qui semblaient démontrer que la circulation, finalement, ne posait pas de problème outrancier. On garde bel et bien la situation à l’oeil. On verra dans les faits et dans le temps, si oui ou non l’aménagement d’une bande de circulation s’avère judicieux, à confirmer ! On ne pourra le savoir, que si l’on se donne un minimum de temps et que l’on ne statue pas juste après quelques semaines seulement.

Réplique de Mme Waroux :

J’entends bien M. le Ministre et je le remercie pour ses réponses. On est effectivement dans une initiative communale, mais établie avec la DGO1. Or, on sait quand même que des experts sont supposés être présents à la DGO1. Le report, la valorisation de la marche et du vélo, d’accord, mais il n’y a pas vraiment de zones d’habitat concernées, vous le verrez aisément avec Google Earth. Vous dites : « laisser du temps au temps », je vous assure que lorsque l’on est en voiture, là, on l’apprécie le temps. En matière de formation, en matière de mobilité, vous parlez de la vue hélicoptère, c’est vraiment le terme utilisé et fondamental en matière de mobilité ; l’autre élément important, c’est la fluidité. Or, ici, on ne la rencontre absolument pas. La comparaison avec Namur est judicieuse, puisque ici, on a effectivement un report de charges sur la chaussée de Renaix. La présence de l’école, passant régulièrement là, il faudra la repréciser parce que l’on ne voit pas énormément d’écoliers dans cette zone, et l’aménagement précédent incluait déjà des pistes cyclables. Voilà une série d’éléments qui peuvent de nouveau entrer dans la discussion.

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