Le projet d’extraction du gaz minier à Anderlues

Question du 8 mai à Monsieur DI ANTONIO Carlo, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Ce jeudi 3 mai, le Gouvernement wallon a octroyé à la S.A. European Gas Benelux un permis d’exploitation industrielle du gaz de mine, appelé grisou, piégé dans le gisement charbonnier d’Anderlues depuis la fermeture des puits. Le but est de transformer cette ressource disponible dans le sous-sol wallon en énergie.

Des exploitations similaires, par la même société plus connue sous le nom de Gazonor, existent déjà dans le Nord-Pas-De-Calais depuis les années nonante.

Le procédé sera-t-il identique ?

Quel rendement peut-on attendre de l’extraction d’Anderlues ?

La commune sera-t-elle associée à l’exploitation, ou s’agit-il d’un projet 100 % privé ?

D’un point de vue économique, ce type de projet est-il rentable ?

En France, il existe un mécanisme de soutien à cette filière.

Est-ce nécessaire ?

Nous savons que ce grisou est chargé en méthane, qui est un gaz à effet de serre 20 fois plus puissant que le CO2. Or, sans mécanisme d’extraction, et vu la montée de la pression dans les tunnels, il s’échappe naturellement dans l’atmosphère.

Avons-nous une estimation des émanations de méthane annuelles libérées dans l’atmosphère par l’ensemble des anciennes mines de charbon en Wallonie ?

L’extraction industrielle aurait-elle un effet significatif de diminution de ces émanations, ou des pertes inhérentes au processus s’appliqueraient-elles ?

Serait-il pertinent de généraliser les extractions ?

Le processus est-il suffisamment maitrisé pour éviter tout risque de percement de la poche et d’explosion ?

Un accompagnement est-il prévu pendant l’ensemble du projet notamment par une université ou des experts en la matière ?

Réponse de Monsieur DI ANTONIO Carlo, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

L’exploitation du gaz de mine à Anderlues présente effectivement des similarités avec les projets développés par Gazonor dans le Nord de la France. Les équipements de valorisation du gaz de mine sont par exemple similaires. En revanche, contrairement à certains projets français, un forage vers le réservoir n’a pas été nécessaire pour Anderlues puisque Fluxys a laissé ses équipements datant de la période de stockage du gaz dans le réservoir.

Concernant les aspects économiques, le projet est privé, mais la commune d’Anderlues recevra une contribution qu’elle a négociée avec l’exploitant. Le rendement de l’installation de valorisation du gaz de mine est estimé à 40-45 %. Le projet wallon est rentable, car il ne nécessite pas de travaux de forage préalable pour l’accès au réservoir. Un mécanisme de soutien n’est donc pas nécessaire dans ce cas de figure.

La quantité de méthane libéré dans l’atmosphère pour les anciens charbonnages de Wallonie est minime, car la plupart de ces mines sont maintenant ennoyées.

Le risque d’explosion au sein du réservoir est très peu probable, car la teneur en oxygène y est faible et que les vides francs y sont peu développés. Le risque d’explosion au niveau des équipements de valorisation du gaz est maîtrisé via les conditions particulières prévues dans le permis unique. L’ensemble du projet est placé sous surveillance pour contrôler les risques de fuite et de mouvement du sol. Les mesures sont à la charge de l’exploitant et suivies par l’administration en collaboration avec l’Institut scientifique de service public. Enfin, les projets urbanistiques sont conditionnés pour garantir l’étanchéité du réservoir.

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