Le saccage du Musée de Mossoul

Question d’actualité de Madame Véronique Waroux à M.Rudy Demotte, ministre-président, intitulée «Saccage du Musée de Mossoul»

Le 26 février dernier, l’État islamique a publié une vidéo sur le saccage du musée de Mossoul, commis avec grande allégresse, semble-t-il, par les djihadistes. Un patrimoine mondial comprenant des statues et des œuvres antiques de grande qualité a ainsi été détruit.

Même si l’authenticité de quelques-unes de ces œuvres est remise en question, ce musée contenait de véritables richesses qui témoignaient aussi de notre histoire. Ces chefs-d’œuvre associaient à la fois le Moyen-Orient et les premiers pas de l’Occident. Ce saccage m’attriste énormément. Cependant, n’oublions pas le massacre dans cette région des Yézidis, des minorités chrétiennes et musulmanes, et les 700000 à 800000 personnes déplacées. Si ce sont là des atteintes physiques, les atteintes culturelles sont aussi très lourdes. C’est toute une histoire que nous avons vu disparaître, toute une identité qui est ainsi amenée à être détruite. Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO, a convoqué une réunion de crise au Conseil de sécurité des Nations unies.

Monsieur le Ministre-Président, avez-vous eu des contacts avec l’UNESCO?Dans quelle mesure notre Fédération peut-elle intervenir? Une expertise ou des moyens financiers pourraient-ils être envisagés?

 

Réponse de M.Rudy Demotte, ministre-président :

Cette destruction d’œuvres d’art dans le musée de Mossoul, ce moment dramatique de l’histoire patrimoniale, s’inscrit dans un continuum qui fut notamment inspiré d’actes antérieurs de même nature. On se souvient de la destruction des Bouddhas de Bamiyan en Afghanistan. Certains se souviendront aussi, notamment grâce à la représentation filmographique Monuments Men, que, durant la Seconde Guerre mondiale, sur notre continent aussi, nous, braves gens d’Occident, avons été capables des pires méfaits. L’armée allemande, sur ordre du troisième Reich, avait fait emporter des œuvres d’art par milliers et avait donné ordre de détruire nombre d’entre elles. À l’époque, une brigade de treize nations différentes et de plus de 350 hommes avait été constituée pour essayer de récupérer ce que la barbarie essayait de détruire. Ces symboles représentent l’humanité; nous ne pouvons pas laisser faire. Notre institution ne dispose pas d’armée ni de force d’interposition directe ,mais nous avons des relais, notamment à l’UNESCO où nous envoyons des détachés. Nous prendrons contact avec Mme Bokova pour que notre délégué auprès de l’ONU reçoive dans ses missions la protection du patrimoine touché par cette barbarie.

Nous sommes très attentifs à cette question. Nous répondons à ce défi avec les instruments dont nous disposons.

 

Réplique de MmeVéronique Waroux (cdH) :

Nous n’avons pas d’armée, c’est clair. J’espère que les relais que vous allez utiliser seront efficaces. Il faudra intervenir fermement pour marquer notre indignation. La Fédération, malgré sa petite taille, doit se faire entendre dans les relations diplomatiques.

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