L’élevage de chiens dressés au mordant en Wallonie

Question du 30 janvier à Monsieur DI ANTONIO Carlo, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

J’aimerais revenir sur un thème important que nous avions abordé précédemment. Il y a peu l’émission 7 à la Une diffusait un reportage sur la détention de chiens dangereux qui ont attaqué des personnes et généré des blessures graves. Cela relance le débat des chiens considérés comme dangereux et certains dressés au mordant par leurs propriétaires.

Monsieur le Ministre annonçait il y a quelques mois qu’« À mon sens, il est donc pertinent de mener une réflexion sur les conditions d’élevage et de socialisation au sein de ces élevages. Ainsi, je pense que la première étape pour la gestion des chiens mordeurs est une analyse comportementale du chien, compte tenu des circonstances environnantes. L’entretien individualisé avec un vétérinaire comportementaliste permettra d’établir s’il s’agit d’une morsure de nature réactionnelle ou relationnelle et donc due au contexte ou s’il s’agit d’une morsure de prédation ou d’une morsure pathologique liée à un état de stress. Ce n’est que sur base d’une telle analyse qu’une mesure individuelle devrait pouvoir être imposée. »
Où en est-on à ce sujet ?

Des analyses individuelles ont-elles été mises en place au cours des derniers mois ?

Monsieur le Ministre tient-il toujours la même position face à ce problème ?

Peut-il me dire si la Wallonie dispose de chiffres précis et de données statistiques récentes relativement aux cas de morsures de chiens dont auraient été victimes les Wallons ces dernières années ?

Comment ces chiffres ont-ils évolué au cours de ces dernières années ?

J’avais soumis l’idée il y a quelques mois à Monsieur le Ministre d’encadrer de manière législative le dressage de chiens au mordant.

Qu’en est-il de cette idée ?

Pense-t-il que cela pourra voir le jour ?

Sera-t-il possible un jour d’interdire les dressages destinés à faire des chiens, de véritables armes ?

Les citoyens ne se sentent pas toujours en sécurité en présence de chiens dits « dangereux », est-il acceptable d’instaurer une certaine peur dans les lieux publics à cause de ces chiens ?

Réponse de  Monsieur DI ANTONIO Carlo, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

En ce qui concerne les chiens dits « dangereux », il faut rappeler qu’aucune étude n’a permis, à ce jour, de démontrer que les blessures causées par les morsures canines mettent en cause la dangerosité d’une race particulière. La responsabilité première de ce que fait un animal incombe avant tout à son maître. Quelle que soit la race du chien concerné, le maître reste le garant de l’éducation et du comportement de son animal.

Cela étant dit, le sujet sera visé par le Code wallon du bien-être animal. Le Gouvernement wallon y sera habilité à fixer des règles relatives aux compétences et capacités des personnes qui ont la garde d’un animal.

Des réflexions et débats seront donc poursuivis à ce sujet, mais il n’est pas pertinent de prévoir des régimes discriminatoires en fonction de la race des chiens. La solution se trouve, comme mentionnée précédemment, au niveau de l’élevage et de l’éducation du chien, ainsi qu’au niveau de la responsabilisation de son maître.

La Wallonie ne dispose pas de chiffre précis concernant les cas de morsures de chiens. Cela est dû, d’une part, au fait qu’il n’y a pas d’obligation de rapporter ces faits et, d’autre part, au fait que certains cas se produisent au sein du cercle privé familial.

Concernant l’encadrement du dressage de chiens au mordant, il n’y a pas de données objectives et scientifiques pour affirmer que l’entraînement au mordant conduit à une agressivité croissante des chiens. Certaines personnes affirment, au contraire, que l’entraînement au mordant apprend aux chiens à obéir parfaitement à son maître.

À ce sujet, le Code wallon du bien-être animal interdit expressément d’exciter la férocité d’un animal sauf les cas que le Gouvernement détermine et réglemente. Par le biais de cette disposition, le Gouvernement pourra soumettre les activités de dressage de chiens au mordant à certaines conditions afin de les encadrer strictement.

Le dressage de chiens au mordant reste nécessaire dans certains cas, notamment en ce qui concerne les chiens de surveillance et les chiens affectés aux services de police.

En matière de sécurité publique, ce sont les communes qui sont compétentes. Elles disposent d’une réglementation en la matière. Par exemple, l’obligation de laisse ou de la muselière, l’interdiction de certaines races de chiens ou encore la limitation d’accès à certains endroits. Afin d’apporter une certaine harmonisation dans ce domaine, le Code wallon du bien-être animal apportera les habilitations nécessaires.

 

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