Les 20 ans du Comité de coordination de la politique internationale de l’environnement

QUESTION ORALE DE MME WAROUX À M. DI ANTONIO, MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE, DE LA MOBILITÉ ET DES TRANSPORTS, DES AÉROPORTS ET DU BIEN-ÊTRE ANIMAL, SUR « LES 20 ANS DU COMITÉ DE COORDINATION DE LA POLITIQUE INTERNATIONALE DE L’ENVIRONNEMENT (CCPIE) »

Monsieur le Ministre, le 27 avril dernier, le Comité de coordination de la politique internationale de l’environnement, le CCPIE, fêtait son vingtième anniversaire. Ce comité a été créé dans le but de permettre à la Belgique de parler d’une seule voix sur la scène internationale, lors des négociations et des conférences relatives à l’environnement. C’est cette instance également qui veille à coordonner les entités fédérées belges, dans ce domaine.

Dans sa gestion quotidienne, le CCPIE est placé sous la tutelle de la DG Environnement et du SPF Santé publique. Pour l’occasion, les ministres belges de l’Environnement et diverses personnalités européennes se sont réunis. Si les deux dernières décennies ont été marquées par de nombreux succès, les défis restent toutefois nombreux, à commencer par la future conférence de Paris, en décembre prochain. Le Belge Hans Bruyninckx, Directeur de l’Agence européenne pour l’environnement, a comparé l’état de l’environnement d’il y a 20 ans à celui d’aujourd’hui. Il porte un regard positif sur l’expertise belge, notamment en matière de déchets, mais a souligné la faible qualité de l’air dans nos villes, comparée à celle d’autres pays. Il rappelle notamment l’importance d’agir sur les moyens de transport doux, prenant Copenhague en référence où 82 % des trajets sont effectués en vélo, en marchant ou en transport en commun et où les embouteillages n’existent pas. Le rêve ! Il rappelle aussi que la qualité des eaux belges s’est améliorée, mais qu’elle est encore loin d’atteindre les standards européens. Nous le voyons, en matière d’environnement, certains objectifs sont encore loin d’être atteints. Le précédent Commissaire européen à l’environnement, Janez Potocznic, a quant à lui parlé des politiques à mettre en œuvre pour préserver climat, biodiversité et ressources naturelles. Quel regard portez-vous sur ces propos ? De manière générale, quelle évaluation faites-vous de ce CCPIE ? Pouvez-vous nous indiquer ce qu’il est ressorti de cette rencontre pour le vingtième anniversaire du comité ? Outre la Conférence de Paris, quels grands thèmes et enjeux sont les plus urgents à traiter ? Quelles réponses notre Région et notre pays entendent-ils proposer sur la scène internationale et européenne ? Des interactions existent-elles entre ce comité et les fédérations professionnelles et ONG ?

Réponse de M. Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bien-être animal : Madame la Députée, je tiens à préciser que, retenus par les travaux budgétaires du Gouvernement, nous n’avons pas pu, mon collègue, M. le Ministre Furlan et moi-même, participer à cet événement directement, mais nous étions représentés. Ma collaboratrice était présente et elle a pris la parole au nom des deux ministres wallons. Le CCPIE est un lieu de rencontre et de coordination efficace entre les entités fédérale et fédérées. C’est également un lieu de rencontre avec les parties prenantes que sont les fédérations professionnelles, les ONG environnementales et les syndicats. Les grandes priorités partagées par les intervenants étaient l’économie circulaire, la lutte contre le réchauffement climatique et les objectifs belges à la Conférence de Paris, les économies d’énergie, la qualité de l’air et la protection de la biodiversité. Le fil conducteur était la relation gagnant-gagnant entre ces priorités et un développement économique durable. Ma représentante a soutenu ce constat tout en soulignant les réalisations wallonnes qui portent déjà leurs fruits, comme celles lancées en matière de déchets et d’économie circulaire. Les interventions de MM. Potoznic et Bruyninckx ont été perçues comme un encouragement à continuer sur cette lancée, comme le rappel de l’importance de traiter, dès maintenant, les problèmes environnementaux actuels et à venir. Ma collaboratrice a souligné le rôle important que la Wallonie jouera en tant que porte-parole au sein des réunions du Conseil des ministres européens de l’Environnement qui fixeront les positions que la Commission défendra, au nom de l’Union européenne, pendant ces négociations. Les participants ont reconnu la nécessité de s’accorder le plus rapidement possible, en intrabelge, sur nos positions en matière de climat, afin de pouvoir demander d’une seule voix un accord juste, équitable et ambitieux. À mon sens, le CCPIE est un outil utile pour s’assurer de la bonne prise en compte des objectifs environnementaux par les autres secteurs tels l’économie, le transport, l’agriculture et l’énergie. Je pense également que, à l’avenir, le CCPIE devra plus et mieux intégrer la répartition des compétences entre le Fédéral et les Régions et renforcer sa transversalité grâce à des concertations croisées avec les autres filières de coordination. Il pourrait, de ce fait, contribuer encore davantage à l’intégration et à la cohérence des politiques environnementales et autres, tant au niveau belge qu’au niveau européen. Il faut bien admettre que les choses restent un peu trop compartimentées, alors que l’environnement, le développement durable sont des notions tout à fait transversales qui concernent de nombreuses compétences.

Réplique de Mme Waroux : Merci d’avoir confirmé que ce lieu de rencontres est un lieu efficace et utile. Il est rassurant de l’entendre. Les remarques émises par ces spécialistes ou ces constats, vous les prenez pour des encouragements. Il est vrai qu’il y a eu quelques rappels sur nos obligations et nos retards. Vous signalez aussi l’importance de s’accorder en intrabelge, c’est vrai, et de travailler en toute transversalité. Il s’agira effectivement d’être au point par rapport à nos voisins français, fin de l’année. Il serait du plus mauvais goût et du plus mauvais effet que de ne pas pouvoir s’accorder, d’ici fin de l’année, sur des questions essentielles en matière de climat.

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