Les écocombis

Question du 10 janvier à Monsieur DI ANTONIO Carlo, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Conformément au décret du 25 mai 2016 relatif aux trains de véhicules plus long et plus lourds (VLL ou écocombis) dans le cadre de projets-pilote, le premier projet-pilote a vu le jour en Wallonie, à l’initiative de l’entreprise brassicole AB InBev, le mercredi 20 décembre dernier. Le super camion ou écocombi a inauguré un trajet reliant le site brassicole de Jupille à Ollignies, soit 160 kilomètres, le plus long trajet effectué par un écocombi en Belgique. Les partenaires de ce projet sont Colruyt, AB InBev et le transporteur Ninatrans.

Le super camion mesure 25 mètres de long et peut avoisiner les 60 tonnes. Ce type de transport offre jusqu’à 30% de capacité de chargement supplémentaire. Malgré ses dimensions hors normes, cet écocombi permettrait de réduire les émissions de CO² de 20 % par rapport à un camion classique. C’est ce que révèlent les tests effectués en Flandre depuis le lancement du projet, il y a trois ans.

Un suivi précis de l’impact sur les voiries de la circulation de ces véhicules sera-t-il réalisé ? Monsieur le Ministre dispose-t-il déjà d’informations à ce sujet sur base des expériences en Flandre ou à l’étranger ?

Quelle est la réduction des émissions de CO² attendues ? Des études scientifiques indépendantes ont-elles déjà été réalisées à ce sujet ? Monsieur le Ministre a-t-il pu en prendre connaissance ?

Le charroi constitue une part prépondérante dans les émissions de gaz à effet de serre. De nouvelles technologies sont-elles à l’étude pour réduire les consommations des poids lourds, pour changer de carburant ou de motorisation ?

Réponse de Monsieur DI ANTONIO Carlo, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Un décret pour des expériences pilotes d’écocombis, également appelé véhicules plus longs et plus lourds (VLL) a été adopté le 26 mai 2016 par le Parlement de Wallonie, à une très large majorité puisque les groupes PS, MR et CDH l’ont approuvé.

L’article 4 précise qu’une évaluation annuelle des projets-pilotes sera présentée au Parlement de Wallonie.
L’arrêté ministériel d’exécution précise que le projet-pilote débute le 1er septembre 2017 et prend fin le 30 septembre 2025.

La première évaluation est donc prévue pour début 2019, le temps de finaliser le rapport et compte tenu du fait que les premiers écocombis ont circulé en décembre 2017.

Signalons que de tels véhicules plus longs et plus lourds circulent aux Pays-Bas et une phase de projets-pilotes existe aussi en Flandre. Ce projet-pilote en Flandre rencontre toutefois peu de succès, car il n’y a eu que 2 écocombis en 4 ans. Sans doute était-ce dû à des conditions trop strictes. Le lancement d’un second projet-pilote a été adopté par le Parlement flamand le 7 juillet dernier, mais l’arrêté d’exécution n’est pas encore établi.

Les Pays-Bas sont passés à une phase définitive avec un système d’autorisations et de réseau routier sur lequel ces véhicules plus longs et plus lourds sont acceptés. C’est vers ce système permanent que l’on s’orientera également chez nous, à l’issue de la phase pilote, si elle est bien concluante.

Notons également que la décision du Comité de Ministres de l’Union BENELUX relative à des essais effectués avec des ensembles de camions plus longs et plus lourds rend possible le franchissement d’une frontière intra-Benelux.

Préalablement au projet-pilote organisé en Wallonie, un ensemble de rapports et d’avis ont été rassemblés : Conseil supérieur wallon de la sécurité routière, administration des routes, Centre de recherches routières, SOFICO, rapport d’expérience aux Pays-Bas… Ces rapports comportent des évaluations d’impacts de ce type de véhicules sur l’infrastructure, la sécurité routière, l’environnement, le coût du transport et la circulation. Ils sont globalement favorables, mais il est important de tirer le meilleur des expériences déjà réalisées. À ce sujet, les évaluations faites sur plus de dix ans d’expérience aux Pays-Bas sont intéressantes et rassurantes sur toute une série de points : sécurité routière, risque de transfert modal, impact sur l’infrastructure, expériences des entreprises, impacts environnementaux et économiques.

Les résultats des mesures aux Pays-Bas montrent, par tonne kilomètre transportée, une réduction de la consommation de carburant, d’émission de CO2, de NOx et de particules fines de 10 à 30 %. Le coût du transport par tonne kilomètre transportée est réduit en moyenne de l’ordre de 35 %.

Si l’on part du principe que 2 VLL transportent la même quantité de marchandises que 3 camions traditionnels du type « semi-remorque » à trois essieux tirés par un tracteur à 2 essieux, ce qui est la configuration la plus utilisée dans le trafic routier des marchandises, les VLL sont dans tous les cas, moins agressifs pour la structure de la chaussée. Les mouvements de giration et plus généralement le comportement des écocombis est très similaire à un semi-remorque traditionnel.

À ce jour, il y a 8 autorisations d’écocombis octroyées, chacune pour une période de deux ans avec évaluation annuelle. D’autres autorisations vont suivre.

Les projets pilotes de VLL s’inscrivent clairement dans le développement du pôle de la logistique en Wallonie dans une perspective de complémentarité et de renforcement plutôt que de concurrence entre modes de transport. En cela, les VLL sont concordants avec la politique régionale où le Gouvernement s’est engagé à encourager et faciliter le développement de solutions innovantes pour un transport moins polluant et plus durable des marchandises. Ce type de transport constitue également une lutte contre le dumping social, car il est réservé à des entreprises qui empruntent des itinéraires limités au BENELUX avec, en outre, l’obligation d’une qualification spécifique pour les chauffeurs.

Par ailleurs, le transport par VLL répond à une demande forte et récurrente du secteur de la logistique vu, notamment, les aspects économiques positifs.

 

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