Les innovations dans l’entretien des voiries

QUESTION ORALE DE MME WAROUX À M. PRÉVOT, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS, DE LA SANTÉ, DE L’ACTION SOCIALE ET DU PATRIMOINE, SUR « LES INNOVATIONS DANS L’ENTRETIEN DES VOIRIES »

Monsieur le Ministre, je rejoins mon collègue, M. Tzanetatos. Effectivement, l’état des voiries en Wallonie constitue un éternel sujet de débat au sein de notre assemblée et aussi bien au-delà de celle-ci. Les efforts déployés depuis cinq ans par la Wallonie au travers du plan Routes ont déjà permis une amélioration notable du réseau régional et le futur plan Infrastructures permettra de poursuivre cet effort.

Il n’en demeure pas moins que les moyens ne sont pas extensibles et qu’il demeurera toujours des points noirs. On sait que les chantiers sont tributaires de la météo et des moyens humains disponibles. Il est dès lors essentiel de demeurer attentifs à toutes les innovations technologiques dans le domaine. J’ai également eu l’attention attirée par la découverte de ce produit, déclaré révolutionnaire, le BT ASC.

Au delà des qualités, déjà citées par M. Tzanetatos, il apparaîtrait aussi que le coût serait trois fois moins élevé que le procédé actuel. À cela s’ajoutent bien entendu les bénéfices connexes, c’est-à-dire la diminution du nombre d’accidents causés par l’état des voiries, la diminution des frais d’assurances à charge de la Wallonie et du nombre de plaintes à traiter par l’administration. Monsieur le Ministre, le SPW a-t-il pu prendre connaissance de ce nouveau produit ? Envisagez-vous de le tester sur nos voiries ? S’il devait s’avérer efficace, son utilisation pourrait-elle se systématiser ?

Réponse de M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine : Madame et Monsieur les députés, tout comme vous, j’ai pris connaissance de cette solution innovante présentée par les trois étudiants. Je voudrais déjà les féliciter pour leur travail. On ne cesse de célébrer les vertus de l’innovation que pour mettre un coup de projecteur dessus quand l’occasion se présente. Pour votre information, ce produit de réparation, constitué de mousse de polyuréthane, a été testé jusqu’à présent de manière empirique et hors conditions réelles. La mousse est enrichie d’adjuvants durcissants et doit juste être placée dans le nid-de-poule et être égalisée.

Même si mon administration n’a pas été contactée par les étudiants ou leur école dans le cadre de leurs recherches, cette innovation n’a pas manqué de retenir l’attention de la Direction générale opérationnelle des routes et des bâtiments. Ces étudiants ont d’ailleurs présenté leur projet aux communes de Tournai et de Mouscron, qui semblent s’être montrées intéressées. Ce projet pouvant se montrer prometteur, mes services contacteront, très prochainement ces étudiants, en vue de mieux connaître le procédé qu’ils ont mis au point. Une analyse documentaire et des essais en laboratoire seront alors réalisés. En fonction de résultats obtenus, des expériences pilotes de réparation pourraient être accomplies, et ce, en vraie grandeur et sur voirie circulée, bref dans les conditions du réel.

D’autre part, il n’existe pas de statistiques spécifiques fiables capables de mettre en évidence le lien entre les nids-de-poule et les accidents. Néanmoins, je rappelle que les chantiers d’entretien des revêtements du réseau routier wallon, qui se poursuivent tout au cours de cette année 2015, contribueront à réduire les nids-de-poule survenus suite à l’hiver dernier. Enfin, la DGO1 met sur pied un groupe de travail chargé de comparer les meilleures pratiques en matière de réparation des dégradations routières, ce qui permettra de sélectionner, dans le cahier des charges type Qualiroutes, les techniques à préconiser. Mon administration et moi-même sommes évidemment ouverts à tout nouveau procédé et n’hésiterons pas à améliorer les prescriptions et les pratiques si l’occasion se présentait et si à l’expérience, il s’avérait que ces expérimentations se révèlent concluantes.

Réplique de Mme Waroux : Je dirais la même chose. Vraiment merci, Monsieur le Ministre, pour l’intérêt que vous avez porté à cette question et à ce sujet. Merci de soutenir l’innovation, merci de soutenir ces jeunes ingénieurs. J’espère que cela va en inspirer d’autres. Il est fondamental de passer par les essais grandeur nature pour voir si l’on est au-delà du miracle et bien dans une solution durable.

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