L’étude du comité d’experts sur la situation à Cortil-Wodon

Question du 10 janvier à Madame GREOLI Alda, Ministre de l’Action sociale, de la Santé, de l’Egalité des chances, de la Fonction publique et de la Simplification administrative

Je reviens sur l’étude que le Gouvernement wallon a confiée à un comité d’experts à propos de la situation à Fernelmont, dans une démarche d’objectivation. Le but de l’étude est en effet d’objectiver l’excès de cancers dans un quartier bien précis de cette commune.

L’étude en cours prévoit de comparer la fréquence de cancers à Cortil-Wodon à la fréquence des cancers dans la population belge et/ou wallonne, utilisée ici comme populations « de référence ».

Il s’agit d’évaluer la fréquence de tous les types de cancers dans un échantillon restreint, et de la comparer aux fréquences observées dans les populations de référence. C’est une approche épidémiologique tout à fait classique.

En ce qui concerne le lien avec les pesticides, Madame la Ministre l’a déjà dit, l’étude menée par les experts ne vise à tester que la fréquence des cas de cancer, mais elle n’envisage aucunement, à ce stade, de lien avec l’exposition environnementale.

Par ailleurs, elle le constate elle-même, il manque à la Région des données objectives sur ces sujets.

Certains affirment que des enquêtes réalisées à l’étranger indiqueraient qu’il existe bien un impact sanitaire pour les populations de zones rurales fortement exposées aux pesticides. Madame la Ministre peut-elle me confirmer cette affirmation à ce stade ? La Wallonie dispose-t-elle de données à ce sujet ?

À propos de l’étude en cours sur Cortil-Wodon, peut-elle me faire part de l’état d’avancement des travaux et des prochaines échéances à venir en ce dossier ? Où en sont les travaux du Comité scientifique interuniversitaire chargé d’approfondir les travaux précédemment réalisés par l’AViQ ? Quand pourrons-nous disposer de ces résultats ?

Réponse de Madame GREOLI Alda, Ministre de l’Action sociale, de la Santé, de l’Egalité des chances, de la Fonction publique et de la Simplification administrative

Les pesticides sont des molécules chimiques ayant pour finalité de détruire des organismes vivants. Ces molécules possèdent intrinsèquement des propriétés toxiques qui sont clairement décrites et codifiées sur l’étiquetage des formulations. En Belgique, les pesticides sont agréés au niveau fédéral pour un usage bien défini. L’agrément tient compte de l’impact sanitaire sur l’applicateur et sur les riverains.

Il existe effectivement certaines études qui pointent une association possible entre certaines maladies et l’expression en milieu rural ou agricole. Toutefois, ces études peuvent souffrir de biais méthodologiques (elles semblent parfois ignorer le délai entre exposition et diagnostic de la maladie). Elles ne sont pas toujours, loin s’en faut, confirmées par d’autres études. Elles reflètent parfois des situations où il est fait un usage inapproprié des pesticides ou elles rapportent des conditions d’emploi qui ne peuvent réglementairement pas être rencontrées en Belgique. Ces études doivent donc être analysées au cas par cas.

Mieux connaître l’exposition de la population en zone rurale et agricole est nécessaire pour appréhender un éventuel risque sanitaire. Mon collègue, le ministre Di Antonio, en charge de l’environnement, a récemment octroyé une subvention à l’Institut Scientifique de Service public pour objectiver l’exposition des populations aux pulvérisations de produits phytopharmaceutiques en Wallonie.

En ce qui concerne le comité d’experts chargé d’objectiver l’existence d’un cluster de cancer à Fernelmont, les experts ont décidé de ne communiquer qu’au lancement et à la fin de l’étude. Je désire respecter leur choix afin de les laisser travailler en toute sérénité.

Le Comité d’experts indépendants a choisi une méthodologie qui lui est propre pour traiter ce dossier complexe. Notre pays peut s’enorgueillir de posséder une législation stricte en matière de protection de la vie privée. Le Comité d’experts indépendants a dû intégrer ces contraintes au vu de la taille très restreinte de l’échantillon examiné, qui se limite à quelques rues.

À ce jour, je peux confirmer que le travail est engagé et que j’espère des résultats dans des délais raisonnables. Courant du mois de février, j’aurai l’occasion de rencontrer les experts afin de m’assurer que rien n’entrave la bonne marche de leur mission.

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