L’HUMUSATION DES CORPS

QUESTION ORALE DE MME WAROUX À M. DI ANTONIO, MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT, DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE, DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE, DES TRAVAUX PUBLICS, DE LA MOBILITÉ, DES TRANSPORTS, DU BIEN-ÊTRE ANIMAL ET DES ZONINGS, SUR « L’HUMUSATION DES CORPS »

Mme Waroux (cdH) Monsieur le Ministre, depuis 2014, les gestionnaires d’espace public sont dans un processus visant à atteindre le zéro phyto et doivent repenser leurs aménagements en accentuant le recours à la végétalisation. Les cimetières sont un bel exemple d’opportunité de ce genre de changement.

Un nouvel appel à candidatures pour labelliser des cimetières au titre de « Cimetière Nature » aura lieu en 2019, a récemment annoncé le ministre cdH wallon de la Nature, M. Collin. Au total, 165 d’entre eux, situés au sud du pays, ont déjà été récompensés de cette distinction depuis 2015 en raison de la place qu’ils accordent à la biodiversité. Le label est décerné chaque année aux environs de la Toussaint.

Certains vont même plus loin et mettent en avant une autre forme de valorisation des défunts sans traitement via l’humusation, qui permettrait de transformer le corps humain en humus. L’idée est que le défunt repose dans un monument funéraire végétal et soit transformé en humus au bout d’un an : bref, un bel exemple de recyclage et d’économie circulaire. C’est vrai, cette proposition avait été soumise à certains parlementaires en début de législature. Certains en souriaient, certains l’avaient rejetée directement avec écœurement, mais je pense que vous avez eu raison de considérer cette proposition avec sérieux.

Il y a peu, la Région wallonne a accordé un subside à l’UCL pour développer un programme de recherche sur cette pratique funéraire, en testant son application sur des animaux.

Quelle est votre position sur l’humusation ?

Qu’en est-il des risques de dispersion de molécules cancéreuses dans le sol ou porteuses d’autres maladies ?

À quel horizon pourrait-on imaginer l’humusation d’êtres humains ?

Je vous remercie d’avance.

M. Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings. Madame la Députée, à l’heure actuelle, au moment du décès, seuls deux choix sont possibles en matière de funérailles : l’incinération et l’inhumation, deux pratiques qui ont un impact environnemental sur le sol, l’eau et l’air.

Face à ce constat, l’humusation, ou compostage des dépouilles humaines, est présentée par beaucoup comme une solution plus respectueuse de l’environnement. Elle apporte également une réponse aux citoyens soucieux d’allier mort et écologie.

En Wallonie, ce modèle n’a pas encore été étudié scientifiquement en vue de son éventuelle mise en œuvre. C’est pourquoi une subvention a été octroyée à l’Université catholique de Louvain pour couvrir les dépenses liées à une étude sur ce processus.

Des chercheurs de l’Université catholique de Louvain ont entamé un programme de recherche basé sur un modèle animal. Les objectifs de cette étude sont de valider techniquement et scientifiquement la faisabilité du processus dans les conditions de la Wallonie, l’impact sur l’environnement ainsi que l’identification des éventuels désagréments causés par le processus seront également étudiés.

Je tiens à souligner qu’il s’agit avant tout d’une étude scientifique sur la faisabilité technique de l’humusation en Wallonie. En fonction des résultats présentés, la question de son opportunité devra alors être étudiée, notamment avec la ministre en charge des Cultes.

Mme Waroux (cdH) Merci, Monsieur le Ministre, pour cette prise au sérieux de la proposition. Je sais que la personne qui porte le projet a véritablement combattu pour se faire entendre. Je suis tout à fait satisfaite de votre approche d’ouverture, accompagnée d’une étude
scientifique.
Nous verrons pour la suite. J’espère que vos successeurs, ou vous-même, si vous pouvez rester dans le temps à cette fonction, pourrez concrétiser cette
proposition.

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