L’impact climatique de l’allongement des heures d’ouvertures des commerces

Question orale de Mme Waroux à M. Crucke, ministre  du Budget, des Finances, de l’Energie, du Climat et des Aéroports

Mme Waroux (cdH)

Monsieur le Ministre, c’est vrai que l’impact climatique de l’ouverture étendue des commerces est un élément. Mais on va vous interroger sur l’impact climatique finalement de toute question de modification.

Comeos, la Fédération belge du commerce et des services a récemment fait savoir que le secteur de la distribution soutenait l’idée de supprimer le jour de fermeture obligatoire des magasins et de mettre en place des heures d’ouverture étendues.

Actuellement, les commerces ne se trouvant pas dans un centre touristique ne peuvent être ouverts que de 5 heures à 20 heures. Les vendredis et les jours ouvrables précédents un jour férié, ils peuvent rester accessibles qu’à 21 heures.

Au Fédéral, la N-VA a annoncé vouloir faire de cette exception la règle. Elle souhaite également supprimer le jour obligatoire de fermeture. Bref toujours plus.

L’UCM, l’Union des Classes Moyennes estime, pour sa part, que cette proposition est une fausse bonne idée. Les petits commerçants y sont très opposés, et continueront à se battre contre une telle mesure, selon le porte-parole de l’UCM. Il est clair que dans les grandes enseignes, le personnel est tournant. Mais les petits commerçants ne peuvent pas se remplacer eux-mêmes, se cloner pour l’instant.

Outre des conséquences sociales, l’allongement des heures d’ouverture du secteur de la distribution aurait sans doute un impact climatique non négligeable.

Je voulais savoir, Monsieur le Ministre, quelle était la position du Gouvernement wallon sur l’allongement des heures d’ouverture du secteur de la distribution et la suppression du jour obligatoire de fermeture ?

Comment évaluez-vous l’impact climatique de cette mesure ?

Il faut bien se rendre compte que ce sera toujours plus d’achats, plus de mobilité, plus d’éclairage, plus de chauffage, bref plus de consommation, et, derrière cela, plus d’impact. Je voulais avoir votre avis sur la question.

M. Crucke, Ministre du Budget, des Finances, de l’Énergie, du Climat et des Aéroports

Madame la Députée, sans préjuger des aspects économiques ou sociaux, l’impact environnemental des prolongations des horaires d’ouverture des commerces et de la suppression potentielle des jours de fermeture pourrait être l’un des critères de décision.

Si nous ne disposons pas encore d’études concrètes sur cet impact climatique, on peut néanmoins présumer une grande complexité. Ainsi, la consommation d’énergie dépend très fortement de la taille et du type de commerce. Par exemple, il est évident qu’une boucherie consommera plus d’énergie qu’un magasin de vente de souvenirs.

En outre, un bilan environnemental doit aussi prendre en compte les émissions liées aux déplacements des clients lors des journées supplémentaires
d’ouverture. Dans la même logique qu’un bilan carbone, une autre comparaison judicieuse consisterait à comparer les commerces de proximité par rapport à l’ecommerce, en plein développement.

Une autre question est de savoir s’il faut distinguer les commerces localisés dans les centres urbains par rapport à la périphérie. Se pose dès lors la question de savoir s’il faudrait lancer une étude scientifique spécifique sur la question qui serait complexe et coûteuse.

Personnellement, je ne suis pas persuadé de la nécessité d’une telle étude. Dans tous les cas, sachez que le Plan wallon Énergie-Climat contient toute une série de mesures, visant à rendre les bâtiments tertiaires plus efficaces sur le plan énergétique et à y déployer les énergies renouvelables.

Mme Waroux (cdH)

Merci, Monsieur le Ministre, d’entendre quand même que l’impact environnemental
peut être un critère de décision rassure.

Vous parlez d’une grande complexité. C’est clair. Je n’ai cité ici que quelques éléments et vous-même aussi en avez parlé. C’est quelque chose d’extrêmement compliqué.

C’est pour cela que je reviens sur le fait que le Sénat ait refusé le rapport d’information sur l’empreinte environnementale et votre parti l’a refusé également. Je trouve que l’on ne s’y trouve pas bien dans ces méthodes de mesures d’empreinte carbone, analyse cycles de vie, et cetera.

C’est le genre d’exercice ici où, si nous avions peu un peu dépatouillé le terrain, si je puis dire, cela pourrait nous aider justement à apporter des réponses plus objectives en matière environnementale.

Donc, je ne désespère pas qu’un jour, on prenne conscience de l’importance de ces modalités méthodologiques d’analyse de bilan environnemental. Puisque l’on peut tout dire et son contraire là-dedans, on peut oublier pas mal de lignes.

Comment garantir la fiabilité de ces études ? Votre réponse me conforte dans ce besoin d’encore objectiver, de s’entourer de comités d’experts indépendants, notamment.

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