L’impact des décisions fédérale et américaine pour la qualité de l’air et le développement durable

Question du 12 juin à Monsieur DI ANTONIO Carlo, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Monsieur le Ministre, la décision de sortie des États-Unis de l’Accord de Paris sur le Climat par le Président américain Trump n’est rien d’autre qu’une décision d’une irresponsabilité historique envers nos générations et les générations futures. Le mépris pour l’avenir de la planète tel qu’affiché doit nous pousser, Européens, à faire bloc
derrière cet Accord de Paris que nous avons salué et pour lequel notre Région a donné son assentiment.
Comme pour en rajouter, il y a quelques jours, c’était au tour de Mme Marghem de s’exprimer.

Elle souhaitait à cette heure-là assouplir les ambitions climatiques belges, fixées à une diminution de 35 % des
émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et comptait le négocier à l’échelon européen. Vu l’urgence climatique, on ne peut accepter une telle attitude. Au contraire, la Belgique doit accélérer le travail sur le climat, la qualité de l’air et le développement durable pour un environnement plus sain. Nous le rappelions encore, il y a peu de temps,
dans les discussions relatives à une politique ambitieuse en termes de qualité de l’air en Wallonie.
Monsieur le Ministre, quelle est votre réaction face à ce retrait américain et à ces déclarations plus ou moins
rectifiées de la ministre fédérale de l’Énergie ? La Wallonie va-t-elle intensifier sa politique en faveur du
climat et de la qualité de l’air, cette décision américaine et fédérale – pour ce qu’il en reste – ne devant
qu’encourager notre Région à adopter des mesures urgentes et efficaces dans la lutte contre le changement
climatique et le respect des objectifs de développement durable ? Avez-vous eu des contacts avec vos homologues des
autres Régions pour intensifier les mesures pour parvenir à atteindre les objectifs climatiques et durables ?

Réponse de Monsieur DI ANTONIO Carlo, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Madame la Députée, suite au retrait annoncé des États-Unis de l’Accord, je ne peux qu’exprimer ma profonde
indignation face à l’annonce faite par le Président des États-Unis. L’origine anthropique des changements climatiques fait l’objet d’un très large consensus dans le monde scientifique. En septembre 2015, l’ensemble des chefs d’États et de Gouvernement des Nations unies, y compris les États-Unis, ont adopté 17 objectifs de
développement durable dont un vise à prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements
climatiques et leurs répercussions.
Qui plus est, en décembre 2015, l’Accord de Paris a fait l’objet d’une immense adhésion de la part de toutes
les nations de manière à construire un nouvel instrument universel. La réussite de l’adoption de l’accord vient de
l’idée que c’est la somme des contributions déterminées des différentes parties qui permettra d’atteindre l’objectif
ultime de la convention-cadre. C’est par ailleurs la mécanique du renforcement périodique des différentes
contributions qui doit permettre d’atteindre cet objectif. De ce fait, les États-Unis avaient volontairement décidé
de leur première contribution. Le retrait des États-Unis est donc une décision purement égoïste avec une vision à très court terme.
Néanmoins, ce retrait a relancé une réelle dynamique internationale en Europe, également dans les grandes
nations comme la Chine ou l’Inde. Cela a aussi entraîné une réaction forte de toute une série d’acteurs américains
comme certains États, des villes et des entreprises. Il est important que la Wallonie s’inscrive pleinement dans cette nouvelle dynamique. C’est la raison pour laquelle nous travaillons avec détermination sur la rédaction d’un nouveau plan Air-Climat-Énergie qui visera à identifier des mesures fortes pour rencontrer les objectifs climatiques et de qualité de l’air à l’horizon 2030. Ce projet ambitieux élaboré suivant une démarche participative sera soumis à une enquête publique au cours du deuxième semestre 2018. En ce qui concerne « l’erreur de communication » de
la ministre fédérale ou à défaut, peut-être, son coup de sonde, si elle a démenti les informations parues dans la
presse, je ne peux que m’étonner de lire de tels propos. À l’heure où nous cherchons à nous unir pour faire face
à ce défi et au retrait des États-Unis, il est plus que malheureux d’introduire une nouvelle confusion. Nous
savons tous qu’il faudra faire des efforts très importants pour rester en dessous d’une élévation de la température
de deux degrés. Ces efforts sont indispensables pour garantir un futur viable aux générations à venir. Il n’est
donc pas question de remettre en cause nos engagements auxquels toutes les parties belges devront
concourir, à savoir tant les trois Régions que l’État fédéral.
Concernant les questions liées aux contacts avec les homologues des autres Régions, je rappelle que j’ai bien
la compétence du développement durable, mais pas la compétence relative aux changements climatiques.

Réplique de Véronique Waroux

Je voulais partager mon indignation – le mot est juste – par rapport à l’attitude de M. Trump.
Effectivement, je vous entends bien par rapport à cette volonté de poursuivre et je signalerai notamment
que l’on peut prendre des mesures extrêmement intéressantes comme la consommation écoresponsable pour y parvenir.

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