L’impact environnemental des routes à base de plastique recyclé

Question à M. Carlo DI ANTONIO, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal, sur l’impact environnemental des routes à base de plastique recyclé. Les Pays-Bas mènent actuellement un projet pilote d’un nouveau revêtement de routes, à base de plastique recyclé. Cette expérience est menée par la société VolkerWessels, en partenariat avec Total. Le premier prototype est annoncé pour fin 2017. Le Ministre wallon des Travaux publics a annoncé être favorable à ce type de nouvelle technique, en particulier si elles offrent des potentialités en matière d’économies d’investissement et d’entretien, des avantages en terme de confort d’utilisation et un intérêt sur le plan environnemental. Il a demandé à son administration de suivre de près cette expérimentation chez nos voisins.

Monsieur le Ministre est-il associé à cette réflexion, au niveau de l’impact environnemental ?

S’agirait-il d’un débouché intéressant pour le recyclage de nos plastiques ?

Par ailleurs, n’y a-t-il pas de risques de détachement de particules volatiles de plastique, qui pourraient être inhalées par les citoyens ?

À l’heure où la qualité de notre air est préoccupante, et où nous commençons à peine à entrevoir l’ampleur des perturbateurs endocriniens, la plus grande prudence doit être observée sur ces nouvelles applications de notre ami « le plastique », qui envahit tous les aspects de nos vies modernes.

Réponse de M. Carlo DI ANTONIO, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports et du Bien-être animal. La Wallonie a été pionnière dans l’utilisation de plastiques recyclés pour la réalisation d’infrastructures. En effet, la valorisation de «stabiloblocs» réalisés à partir de bouteilles vides en plastique, soudées entre elles par chauffage, avait été autorisée en remplacement de blocs en polystyrène pour la réalisation de remblais légers lors de la construction de la ligne TGV vers Paris. Une fois ce chantier terminé, l’entreprise pionnière est tombée en faillite, faute d’autres chantiers disponibles.

Actuellement, le prix du pétrole reste bas et le plastique qui en dérive reste concurrentiel par rapport au plastique recyclé. De futures routes en plastiques pourraient donc – en théorie économique – être réalisées sans apport de déchets, ce qui serait un non-sens dans la perspective de la mise en œuvre d’une économie circulaire en Europe et, a fortiori, en Wallonie.

Cependant, le plastique, recyclé ou non, reste cher par rapport au prix des matériaux de base de la construction : la pierre, le béton, voire même les revêtements bitumineux, dérivés aussi du pétrole.

Même si les aspects techniques étaient rencontrés, le grand basculement pour une utilisation intensive sur nos routes n’interviendra éventuellement que lorsque le plastique sera moins cher que ces matériaux.

En ce qui concerne le détachement possible de particules fines de plastique, comme pour toute substance soumise à un frottement, des particules pourront probablement se détacher.

La DGO3, qui collabore régulièrement avec le CRR (Centre de Recherche routière) et la DGO1, restera attentive aux résultats des études ainsi qu’aux demandes de valorisation de plastiques qui pourraient être introduites dans le cadre de l’économie circulaire. Pour les aspects techniques, les ingénieurs du CRR de la DGO1 et de la DGO3 seront les premiers à pouvoir évaluer les résultats de cette recherche. Il faudra aussi se poser la question de la recyclabilité du plastique en fin de vie par rapport à la recyclabilité des matériaux actuels.

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