L’investissement de 2 millions € par la SPGE pour la protection des ressources en eau

Question d’actualité de Mme Waroux à M. Di Antonio, ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du Territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Mme Waroux (cdH)

Monsieur le Ministre, en 2017, lors des Assises de l’eau, vous appeliez différents acteurs à penser autrement et notamment le secteur agricole à changer ses pratiques.

Le 18 octobre dernier, le Gouvernement a approuvé votre avant-projet de protection des eaux : eaux souterraines, eaux de surface, avec dans cet avant-projet de décret un objectif-phare, c’est-à-dire d’agir en amont le plus possible et éviter les frais de dépollution des eaux.

Une mesure-phare dans ce projet est notamment l’aménagement de bandes tampons végétalisées. Elles peuvent être enherbées ou arborées. Elles seraient maintenues en permanence le long des cours d’eau.

En fait, actuellement, en Wallonie, on ne peut pas pulvériser à moins de six mètres des eaux de surface, mais le contrôle est difficile. Or, avec une bande tampon permanente, cela permettrait évidemment d’éviter ces pulvérisations, mais aussi d’assurer des corridors écologiques et la protection des berges. On parle ici de la protection des eaux de surface, mais en matière de protection des eaux souterraines, vous prévoyez un programme wallon de protection de ces eaux.

Dans ce contexte, la SPGE a lancé le 1er novembre un appel à projets pour mettre en place des solutions innovantes en matière de protection des eaux
souterraines. Je voulais savoir si vous pouviez préciser les objectifs de cet appel à projets. Ce sont quand même 2 millions d’euros par an – c’est significatif –, savoir à quels acteurs cela s’adressait, savoir si notamment justement le secteur agricole pouvait être amené aussi à avoir des méthodes plus écologiques et essayer d’avoir une brève synthèse du contenu du programme wallon de protection des eaux souterraines.

M. Di Antonio, Ministre de l’Environnement, de la Transition écologique, de l’Aménagement du territoire, des Travaux publics, de la Mobilité, des Transports, du Bien-être animal et des Zonings

Madame la Députée, effectivement nous avons, et cela est possible depuis des dispositions décret et arrêtés qui datent d’un an, la ferme
volonté d’essayer d’intervenir en amont lorsqu’il y a des risques de pollution de nos réserves en eau, tant les eaux de surface que les eaux souterraines.

La facture d’eau le permet aujourd’hui puisqu’il y a une ligne qui s’intitule « protection des captages » que nous voulons utiliser plus largement à la protection de la ressource en eau à travers la Wallonie. Cette ligne rapporte 27 millions d’euros à travers les factures que nous payons tout au long de l’année en ce qui concerne la distribution de l’eau.

La moitié de ces montants est utilisée par la SPGE pour faire son travail en ce qui concerne les collecteurs et les stations d’épuration. Nous voulons consacrer la seconde partie – un peu plus de 13 millions d’euros – à des actions sur les polluants émergents, sur les risques que courent nos réserves en eau, de manière parfois plus structurelle, de travailler bien plus en amont.

Vous avez cité quelques premières mesures évoquées. Il y a effectivement la protection des cours d’eau, avec des dispositions renforcées par rapport aux six mètres de bandes tampons qui existent aujourd’hui. Ce qui existe aujourd’hui, c’est l’interdiction de pulvériser. Nous la transformons en une obligation d’y mettre un autre type de culture : une bande enherbée.

Il y a effectivement aussi un appel à projets pour tout ce qui peut être innovant. L’appel est fait au secteur de la distribution, aux universités, aux associations, sur des pratiques qui permettraient de mieux protéger notre ressource en eau.

Nous avons les données sur ce que nous pouvons retrouver, il y a une série d’études qui montrent bien quelles molécules on retrouve aujourd’hui à l’état de traces, de manière un peu plus inquiétante pour certaines molécules, dans nos réserves en eau. L’idée est vraiment de partir sur des pratiques qui éviteraient de polluer ces réserves.

C’est assez vaste, c’est large comme appel, ce sont 2 millions d’euros et ce sont des possibilités multiples offertes aux différents opérateurs de venir avec des projets novateurs dans ces domaines de protection de la ressource en eau.

Mme Waroux (cdH)

Merci, Monsieur le Ministre, pour ces réponses aussi complètes. Il est clair que cette nouvelle mesure pour les bandes enherbées sera fort efficace. J’ai eu l’occasion de rencontrer des agriculteurs qui n’hésitaient pas à se vanter de pulvérisations denses jusqu’au bord de l’eau. Ici, il y a aura effectivement cette mesure forcée, mais vraiment intéressante sur le plan écologique.

Par ailleurs, par rapport aux nouveaux polluants, je continue à insister sur la prise en compte des perturbateurs endocriniens, la vaste gamme de
pesticides et nous comptons sur vous pour poursuivre cette approche extrêmement rigoureuse en matière de protection environnementale.

0 réponses

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *