La mauvaise isolation des habitations wallonnes

Question à M. Paul FURLAN, Ministre des Pouvoirs locaux, de la Ville, du Logement et de l’Energie, sur « la mauvaise isolation des habitations wallonnes ». La presse faisait récemment état du « très mauvais bulletin de santé des habitations wallonnes ». Un tiers de nos maisons et appartements seraient des gouffres énergétiques, faute d’isolation adéquate. Les résultats obtenus par les certificats PEB (dont est déjà équipé environ un quart de nos habitations) sont alarmants : un tiers obtient la pire note. Ces logements mal isolés sont évidemment extrêmement énergivores, ce qui a un impact lourd sur l’environnement et le budget des ménages. Monsieur le Ministre confirme-t-il ces chiffres ?

A quel délai fixe-t-il un redressement de la situation ? Comment y parvenir dans la mesure où les primes wallonnes ont été rabotées ces derniers mois ? Un système de tiers investisseur, comme pour le photovoltaïque, est-il imaginable pour l’isolation ? Les bénéfices sont-ils suffisamment quantifiables pour y parvenir ?

Que Monsieur le Ministre sache également que j’interrogerai le ministre Prevot sur la corrélation entre précarité énergétique et enjeux médicaux. Au Royaume-Uni, une étude a démontré que le mauvais état des bâtiments était responsable de 20.000 morts supplémentaires par an. Monsieur le Ministre travaille-t-il déjà de manière concertée sur cet enjeu primordial pour nos concitoyens ?

Réponse de M. Paul FURLAN, Ministre des Pouvoirs locaux, de la Ville, du Logement et de l’Energie. Actuellement environ 30 % du parc de logements possède un certificat énergétique. Les données issues de l’ensemble de ces certificats démontrent que la consommation spécifique moyenne en énergie primaire est 3,7 fois supérieure à l’exigence réglementaire minimale actuelle. 32 % des logements certifiés obtiennent un label G. Le certificat, établi lors de la vente ou de la location acte l’état du bien avant rénovation et fournit des informations importantes sur son potentiel améliorable.

Notre base de données nous indique cependant que depuis la première réglementation thermique en 1985, et successivement aux différents sauts d’exigence, le parc de bâtiments se renouvèle peu à peu de plus en plus qualitativement. Le taux de rénovation du parc de bâtiments en Wallonie est aujourd’hui estimé à 1 % par an.

L’administration wallonne travaille actuellement à l’élaboration d’une stratégie de rénovation à long terme, répondant aux impositions de la Directive européenne 2012/27/EU relative à l’efficacité énergétique, dans le but de mobiliser les investissements dans la rénovation du parc de bâtiments et ainsi augmenter le taux actuel de rénovation. Une concertation avec le secteur de la construction et les différents acteurs concernés sera menée en 2016 afin d’établir une feuille de route et de définir les objectifs chiffrés à atteindre à l’horizon 2030 et 2050 en matière de rénovation. Les primes constituent un incitant à la rénovation, mais elles ne sont pas les seules.

D’autres produits comme le réno pack, l’access pack ou l’éco pack sont autant d’aides disponibles pour aider le particulier à réaliser des travaux de rénovation énergétique. Les réductions fiscales et les différentes mesures de sensibilisation diffusées auprès du grand public vont également dans ce sens.

Concernant la question du tiers investisseur, les études menées jusqu’à présent démontrent que ce système est difficilement applicable pour l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments résidentiels en raison des temps de retour relativement longs sur les investissements. En outre si les bénéfices des travaux d’isolation et d’amélioration de la performance énergétique sont quantifiables, les économies d’énergies attendues sont tributaires du comportement des occupants et l’économie financière des fluctuations du prix de l’énergie.

Enfin, sur le point de la précarité énergétique, l’ensemble du Gouvernement travaille actuellement à l’élaboration d’un plan de lutte contre la pauvreté qui inclut la précarité énergétique et met l’accent sur la qualité des logements tant d’un point de vue énergie, confort et santé.

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