Le mazout, une énergie réellement propre ?

Question écrite à M. Carlo DI ANTONIO, Ministre de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire, de la Mobilité et des Transports, des Aéroports et du Bien-être animal, sur « la promotion du mazout comme énergie propre, dans la campagne publicitaire Kamazoutra ». Dans le contexte global du changement climatique dont nous sommes bien conscients et alors que chacun d’entre nous doit faire des efforts afin d’assurer une transition énergétique par l’utilisation des énergies renouvelables, je suis interpellée et choquée de toute la promotion faite autour du mazout particulièrement.

Nous connaissons l’impact environnemental néfaste du mazout, en termes notamment d’émission de gaz à effet de serre et de pollution de l’air. Depuis 2003 d’ailleurs, afin de réduire les risques pour l’environnement, une législation a été mise en place concernant les citernes à mazout.

Nous voyons et entendons chaque jour de multiples campagnes de publicités relatives au mazout : radio, télévision, sites Internet. Récemment encore, je découvrais le site « kamazoutra.be » et m’étonnais fortement de lire son contenu et cette incitation à la consommation de mazout.

Monsieur le Ministre peut-il nous faire un état des lieux de la question de l’utilisation et de la promotion du mazout en Wallonie ? Existe-t-il des campagnes de sensibilisation relatives à l’impact environnemental du mazout afin de conscientiser le public ? Par rapport aux conséquences environnementales, pouvons-nous aujourd’hui dire dans quelle mesure exactement le mazout impacte l’air ? Des études sont-elles menées à ce sujet ?

Réponse de M. Carlo DI ANTONIO. Le dernier bilan énergétique de Wallonie datant de 2012 montre que près de 685.000 logements wallons utilisent le combustible mazout à titre de chauffage principal, soit 55 % des logements. En ce qui concerne son impact sur les gaz à effet de serre, la composition chimique des combustibles est telle que le rapport carbone/hydrogène est plus élevé pour le mazout comparativement au gaz naturel. Pour une quantité d’énergie équivalente, les émissions de CO2 du mazout de chauffage sont alors plus importantes que pour le gaz naturel de l’ordre de 40 %.

Pour les principaux polluants atmosphériques, les derniers chiffres du secteur résidentiel issus des inventaires montrent que le mazout de chauffage contribue pour :

  • 49 % des émissions de NOx,
  • 1 % des particules fines
  • 71 % de SO2.

Le pourcentage relativement élevé de SO2 s’explique par le fait que le gaz naturel présente une teneur en soufre bien plus faible que dans le cas du mazout de chauffage. Néanmoins ces émissions vont être amenées à se réduire de façon conséquente. En effet, depuis le 1er janvier 2016, la teneur maximale en soufre du mazout de chauffage mis sur le marché belge est passée de 1000 ppm à 50 ppm.

Il faut également souligner que la technologie des générateurs mazout a fortement évolué ces dernières années, permettant d’en réduire leur impact environnemental (chaudières à condensation, brûleurs « low NOx », brûleur à gazéification, brûleurs premix, brûleurs modulants, etc.).

Au niveau de la législation wallonne, il est important de rappeler que les critères de bon fonctionnement des chaudières existantes (construites avant le 1er janvier 1998) seront renforcés à partir du 29 mai 2017. Après cette date, les générateurs de chaleur alimentés en combustibles liquides devront présenter un rendement supérieur ou égal à 90 %, et un indice de noircissement des fumées inférieur ou égal à 1. En outre, le règlement européen « Eco-design » impose des critères de fonctionnement plus contraignants en vue de la mise sur le marché.

En terme d’études, l’Agence wallonne de l’Air et du Climat (AWAC) m’a récemment transmis, ainsi qu’au Ministre Furlan, les résultats d’une étude visant à minimiser les impacts environnementaux et énergétiques des installations de chauffage. Elle préconise pour l’essentiel, une adaptation des dispositions réglementaires wallonnes existantes. Nos collaborateurs se concertent actuellement sur le suivi.

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