La nouvelle route d’accès à Pairi Daiza

Question à M. Maxime PREVOT, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine, sur « La nouvelle route d’accès à Pairi Daiza ». Le nombre de visiteurs, sans cesse croissant, du parc animalier Pairi Daiza, situé dans la commune rurale de Brugelette, a un impact significatif sur la quiétude des riverains.

En avril, une nouvelle route était inaugurée pour soulager le village de Cambron, dont les voiries pavées étroites et sinueuses avaient bien du mal à supporter tout le charroi venu de la N56, et singulièrement de la sortie Nimy de l’E19. Coût pour la Wallonie : 5,5 millions d’euros.

Désormais, une solution est à l’étude pour épargner les habitants de Gages, soumis au passage estival des visiteurs venant de l’A8. Je dis « une solution », mais je devrais plutôt parler d’une pléthore de pistes de solutions. En effet, alors que l’option du « contournement ouest » semblait avalisée en janvier par Monsieur le Ministre, le directeur du parc et les communes concernées, le débat revient au-devant de l’actualité.

Les « fuites » foisonnent, les réunions se multiplient et les inquiétudes et oppositions se démultiplient.

A chaque nouvelle version de trait de crayon sur un plan, coupant à travers champs et jardins particuliers, de nouveaux habitants craignent de voir leur quiétude mise à mal et leur cadre de vie défiguré. Les tensions, parfois même entre comités de riverains, sont à craindre. On voudrait appliquer l’adage « diviser pour mieux régner » qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Tout cela donne le sentiment d’une absence d’étude approfondie d’impact mobilité des différents scénarii. Or, la DGO2, Direction générale opérationnelle de la mobilité (et des voies hydrauliques), compte dans ses équipes d’excellents experts en mobilité.

Monsieur le Ministre peut-il nous renseigner sur les collaborations entre la DGO1, sous sa tutelle, et la DGO2 ? Travaillent-elles main dans la main ? Dans la négative, pourquoi nous passons-nous des compétences de cette administration ? Enfin, peut-il nous renseigner sur l’état d’avancement du dossier ? L’option du « contournement ouest » est-elle remise en question ? D’autres tracés sont-ils envisagés ?

Par ailleurs, confirme-t-il que cet investissement, annoncé à hauteur de 10 millions d’euros, sera principalement financé par la Wallonie ?

Et, enfin, qu’en est-il du renforcement des liaisons ferroviaires ? Brugelette a la chance de compter trois gares sur son « territoire », dont une à Cambron. Malheureusement, celles-ci se situent sur la ligne Ath-Mons, lente et mal desservie. Il a été question d’améliorer cette option, et même d’un arrêt de TGV. Monsieur le Ministre a-t-il des contacts avec le Fédéral à ce sujet ?

Cette option me semble en tout état de cause celle à privilégier en priorité, car les nouvelles routes – si elles soulagent les petites voiries et leurs riverains – ne permettent pas pour autant de désengorger le trafic. Certains jours de l’été dernier, de très longues files, parfois à l’arrêt, étaient formées de l’entrée du parc à la sortie de l’E19 – E42 à Nimy, soit sur 16 km à travers les communes de Lens et de Jurbise. Cette « expérience » caniculaire n’est agréable ni pour les riverains qui ne savent plus sortir de chez eux, ni pour les visiteurs du parc.

Réponse de M. Maxime PREVOT,  Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine. Tout d’abord, il y a environ un an, j’ai été informé d’une volonté d’un développement complémentaire et important du parc. Je salue bien entendu cet investissement particulièrement intéressant pour l’activité touristique et économique, ainsi que les impacts très positifs en termes d’emploi dans une région qui en a bien besoin.

Ces développements risquent toutefois d’accentuer divers problèmes de circulation qui sont déjà actuellement présents. Comme nous en avions déjà parlé en cette commission, une étude de comptage précise a dès lors été commandée, en faisant appel à ce que l’on appelle les big data, à savoir les données provenant d’un opérateur de téléphonie mobile. Sur base de données origine-destination, cette étude a permis de démontrer que, après les améliorations déjà apportées pour l’accès au parc par le sud, il fallait améliorer la situation pour l’accès par le nord, lequel concerne environ 50 % des visiteurs du parc.

En effet, parmi les villages concernés par la fréquentation du parc en saison touristique, ceux de Gages et de Gibecq, situés au nord, sont indéniablement les plus directement impactés. C’est pourquoi j’ai chargé mes services d’étudier la faisabilité des contournements de Gages et de Gibecq et j’ai mis sur pied, dans cette optique, une task force regroupant les représentants des autorités communales de Brugelette, Ath, Silly, l’administration wallonne, les comités de riverains, le parc et les cabinets de MM. les Ministres Di Antonio et Collin, respectivement concernés par les aspects de Mobilité et de Tourisme, en sus du mien, bien entendu. Cette task force s’est déjà réunie trois fois depuis le début de cette année 2017.

Lors de la réunion du 16 mars dernier, un premier accord de principe sur le tracé sud a été obtenu avec les différents acteurs locaux. Ensuite, le 16 mai a été décidé, toujours en task force et après de nombreux débats relatifs aux aspects très précis du tracé, d’arrêter un contournement de Gages par l’ouest. L’ensemble de la concertation globale et des prises de décision se font en task force. Celle-ci a d’ailleurs également vocation initialement à concentrer et canaliser la sortie d’informations.

Je prends acte ces derniers temps que des intervenants ont décidé de communiquer unilatéralement par voie de presse, en ce compris des positions qui ne semblent pas toujours être celles présentées en task force. Ce dossier fait donc bien l’objet d’une large concertation. Je voudrais cependant souligner qu’il est évidemment impossible d’associer à tous les stades techniques de la conception d’un projet routier toutes les personnes concernées de près ou de loin. En outre, les autorités communales ont aussi un rôle de courroie de transmission à jouer à cet égard, en représentant les différents comités de riverains, représentants de quartiers, et cetera, tant ceux-ci sont nombreux.

Actuellement et suite aux décisions progressives de la task force, le Service public de Wallonie étudie essentiellement cette partie sud du tracé de la liaison entre le parc et l’autoroute A8, retenue à ce stade par la task force, à savoir le tronçon situé entre le parc et la nationale 525, chemin de Ghislenghien, sur l’entité de Brugelette. Mes services ont d’ailleurs pris part à diverses initiatives citoyennes locales, afin de clarifier la situation, ainsi que d’expliquer les choix effectués. Plusieurs réunions techniques ont donc eu lieu pour les différents volets du dossier.

La partie nord de la liaison, c’est-à-dire au-delà de la nationale 525 jusqu’à l’autoroute A8, qui impacte plus particulièrement Ghislenghien, fait l’objet d’une étude comparative en vue de déterminer la meilleure proposition de tracé de liaison vers l’A8, et ce, en tenant compte des impératifs généraux inhérents à ce type de dossiers. Je pense singulièrement à la question de la mobilité, de la sécurité, mais aussi des habitats, des expropriations éventuelles, et cetera. Cette partie nord constituera une deuxième phase du projet, la priorité étant donnée à la zone sud, parce qu’un accord a déjà été décidé entre intervenants.

À ce stade de la réflexion, la demande de permis n’a pas encore été déposée. En outre, c’est ultérieurement, au stade de l’enquête publique qui s’ensuivra, que les services de secours seront consultés et qu’une enquête publique sera organisée. Le calendrier initial envisageait d’introduire la demande de permis d’urbanisme courant de cet été et de mettre le dossier en adjudication fin 2017 afin d’envisager le début des travaux de la zone sud, jugée prioritaire en 2018. Il me revient cependant que certaines communes proposeraient finalement et depuis peu une autre proposition de contournement de Gages, par l’est cette fois, solution au départ non retenue par la task force, car plus coûteuse et longeant une zone d’intérêt naturel, à savoir le bois de la Provision.

Nous essayons de trouver un consensus sur un tracé, avant d’envisager un éventuel changement de ligne directrice, au niveau de l’étude de projet, qui en serait inévitablement retardé. L’intérêt général prône une collaboration de chacun pour trouver une solution qui réunira le maximum d’avantages et le minimum d’inconvénients, un tracé de ce type ne pouvant par définition satisfaire à 100 % les exigences de tout le monde.

Je rappelle, au vu du futur développement prévu par le groupe Pairi Daiza, que la situation la pire qui soit serait qu’aucune nouvelle route de contournement ne soit créée, ce qui finirait inévitablement par provoquer l’asphyxie des villages de Gages et de Gibecq ainsi que des fuites de nombreux véhicules dans les secteurs adjacents. Ce point figurera à l’ordre du jour de la prochaine réunion de la task force, prévue mi-juillet, et je maintiens ma volonté absolue d’une très large concertation dans ce dossier.

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