Perturbateurs endocriniens : Véronique Waroux fait voter une résolution au Parlement de Wallonie

Ce mercredi 25 mai, le Parlement de Wallonie a adopté une résolution sur les perturbateurs endocriniens, portée par Véronique Waroux.

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien?
Où en trouve-t-on?
Comment s’en prémunir?
Pourquoi les femmes enceintes et enfants sont-ils des publics « à risque »?
Que fait le monde politique?
Et au niveau wallon?
Autant de questions auxquelles répond la Sénatrice belge et Députée wallonne cdH, Véronique Waroux, dans cette vidéo.

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Les perturbateurs endocriniens sont des substances chimiques, artificiellement produites qui, seules ou mélangées à d’autres substances, peuvent bloquer ou imiter l’action des hormones naturelles dans notre corps ou interférer avec leur fonctionnement. Plus que la dose d’exposition, c’est la période d’exposition, à certains moments clefs du développement de notre organisme, ou la combinaison d’exposition à plusieurs de ces substances en même temps, appelée « effet cocktail », qui auront un impact.

Ils sont à l’origine de plusieurs maladies et troubles hormonaux comme le cancer ou des affections chroniques. L’exposition aux PE pourrait être l’un des facteurs expliquant la puberté précoce, l’obésité, le diabète, les problèmes de fertilité, la faiblesse du quotient intellectuel, l’autisme, etc.

Selon les experts, le coût des perturbateurs endocriniens en termes de soins de santé s’élèverait à 157 milliards d’euros par an, soit 1,23 % du PIB européen

Où se cachent-ils ?

Les perturbateurs endocriniens sont largement répandus dans notre environnement. Ils entrent dans la composition de nombreux produits dont les cosmétiques, les produits de soins (par exemple : des parabens, phtalates, triclosan, filtres UV), les plastiques, les produits d’entretien, les revêtements de sols, les conserves, les tickets de caisse, les CD, les emballages et contenants (par exemple : du bisphénol A), les pesticides, les retardateurs de flamme, etc.

Comment s’en prémunir ?

Quelques « bonnes pratiques » sur le plan individuel :

  • Choisir des produits d’alimentation sains, cultivés sans pesticide, et non-emballés dans du plastique qui peut aussi contaminer le produit. Pensez aux bouteilles en verre…
  • Choisir des produits cosmétiques (crèmes de soin, maquillage, mais aussi savon-shampoing…) sans parabens et sans phtalates. Il existe des applications sur smartphones qui scannent les étiquettes et vous disent rapidement si le produit que vous comptez acheter contient des substances potentiellement problématiques.
  • Aérer tous les jours votre habitacle de voiture, votre lieu de travail et votre logement, et faire le ménage au moins une fois par semaine, avec des produits écologiques ou faits-maison.

Attention: enfants en danger !

En moyenne, chaque enfant né dans nos régions a été exposé à plus de cent perturbateurs endocriniens. Le placenta ne filtre pas les perturbateurs endocriniens, mais les transmet au fœtus de la même manière que la maman y a été exposée. Le fœtus y étant très sensible, des effets importants peuvent donc être observés même avec de faibles quantités. En outre, les scientifiques n’observent pas seulement un lien entre les substances mesurées durant la période qui précède la naissance et les effets sur la santé à la naissance de l’enfant (par exemple, le risque de naissance prématurée et le risque de faible poids à la naissance) ; il y a également des effets sur la santé à des stades ultérieurs de la vie (par exemple, un retard du développement du langage chez les enfants). Le type d’effets constatés dépend du stade de développement du fœtus au moment de son exposition. C’est la preuve que l’exposition fœtale à des perturbateurs endocriniens peut avoir des effets à vie.

Outre la période prénatale, le début de la période postnatale est aussi une période critique de sensibilité accrue. À ce moment aussi, les bébés sont plus sensibles à l’exposition aux perturbateurs endocriniens. Les enfants peuvent être considérés comme un groupe à haut risque en raison, d’une part, de l’absorption relativement élevée de perturbateurs endocriniens en comparaison avec les adultes et, d’autre part, du développement fonctionnel de leurs systèmes nerveux, reproductif et immunitaire.

Enfin, la puberté, avec les nombreuses modifications hormonales qui la caractérisent, est également une période sensible.

Quelles sont les mesures politiques ?

Le monde politique s’empare de la question. Le Sénat belge a travaillé durant un an à l’élaboration d’un rapport d’information très complet sur la question, comportant 72 recommandations. Après avoir entendu beaucoup de spécialistes, des médecins, mais aussi des personnes actives dans d’autres pays de l’UE, nous pouvons constater à la fois que ça bouge, mais aussi le chemin important qu’il reste à parcourir.

Il y a deux facteurs de complication :

  • Il y a encore des incertitudes scientifiques. Nous commençons à entrevoir l’ampleur des effets de ces perturbateurs sur la santé humaine, mais des études complémentaires sont nécessaires pour bien comprendre les modes d’actions. Pour agir politiquement sur ce sujet, nous devons donc nous baser sur le PRINCIPE DE PRECAUTION, qui est remis en cause par les lobbys industriels.
  • Une action efficace doit impliquer plusieurs niveaux de pouvoir. A commencer par le niveau européen, pour la définition de ces perturbateurs, et qui régule notamment la mise sur le marché de ces substances chimiques. Ensuite, en Belgique, certaines compétences en matière de santé environnementale sont du ressort du niveau fédéral, et d’autres des Régions.

Que peut-on faire au niveau de la Wallonie ?

La résolution portée par Véronique Waroux et votée ce mercredi 23 mai par le cdH, le MR, le PS, Ecolo et le PTB, adresse des demandes précises au gouvernement wallon.

Elle demande notamment au Ministre Di Antonio, en charge de l’Environnement-Santé, de mettre en place un programme de biomonitoring humain sur la population wallonne, à l’instar de celui effectué en Région flamande sur 8000 personnes depuis 2001.

Elle demande aussi d’encourager la prévention et de développer l’information et la formation sur les perturbateurs endocriniens auprès des professionnels, et auprès des publics vulnérables.

Ou encore de pousser la recherche d’alternatives et de substitutions aux perturbateurs endocriniens et de garantir l’indépendance des études scientifiques.

Une première victoire a été obtenue puisque le Gouvernement wallon vient d’annoncer l’affectation d’un budget d’1 million d’euros pour la réalisation d’un biomonitoring humain sur la population wallonne !

Présentation de la résolution au Parlement de Wallonie:

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